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Résonances de lumière, à Vourles

110 toiles, en majorité des grands formats où le figuratif se dissout dans l'abstraction comme prise sous un voile arachnéen, composent la rétrospective Patrick Marquès. Eblouissant.
Résonances de lumière, à Vourles
D.R. - Patrick Marquès devant deux de ses oeuvres

CultureExposition Publié le ,

« La vérité des choses n’est pas leur apparence, mais ce qu’elles révèlent. La beauté n’est pas la forme, mais le rayonnement de la forme », explique Patrick Marquès dont l’atelier se niche à Brignais. L’artiste, né en 1951 à Clermont-Ferrand, tombe à 9 ans dans la peinture. Alors qu’il fait du vélo au cœur de la ville noire, il est fasciné par les toiles d’un peintre chez un galeriste. L’enfant n’a de cesse de rencontrer l’inconnu de la vitrine.

Jusqu’au jour où il est conduit chez Christian Sandrin. Rencontre lumineuse.Le petit garçon sait qu’il sera peintre. Tout à l’écoute du maître, il en suivra les conseils éclairés et critiques, peignant à 10 ans sur le motif. La notion de travail, c’est à Sandrin (dont il signe en hommage un portrait visible à Vourles) qu’il la doit. « J’ai appris qu’un tableau ça ne sort pas d’un chapeau, qu’il faut en appréhender l’âme au-delà du paraître ». La production picturale de Patrick Marquès enfant étonne. Pour preuve, le visage du Hollandais Franz Hals, célèbre peintre de l’âge d’or, croqué à 9 ans par Marquès.

Les regards font la force des visages de Marquès. Le Cri de l’homme - dans l’entrée -passe par la bouche comme chez Munch. La paix, il la rencontre dansle visage nimbé de bleu de la femme exposée non loin. Regards intenses et secrets. Le peintre pétrit dans une matière picturale ocre brun, jaune lumineux, la femme sublimée. Il la baptise : Tendresse, Consolatrice, Promesse... Il la dessine aussi en Êve sensuelle.

La peinture de l’artiste se fait prière pour la paix, traduite par le Drame du 11 septembre et Le Mémorial de la Shoa. Ce dernier, diptyque monumental, s’accompagne des dessins préparatoires du Chemin de croix pour l’église de Brignais. Atmosphère lourde rythmée par la Symphonie N°3 de Gorecki. Mais la Petite fille Espérance en lumière jaillit du ciel.

Quant à L’Angelus d’après Millet, immense dyptique présenté à l’Exposition universelle de Shangaï, en 2010, Patrick Marquès confesse : « L’Angelus sonne… Le clocher promet-il l’instant suprême du rassemblement de toutes les prières du monde ? L’union de deux éléments du diptyque, propre à chacun des deux personnages- de part et d’autre de l’œuvre - symbolise cette prière universelle espérée ».

Jusqu’au 20 mars, tous les jours de 14 h à 18 h à la Maison forte de Vourles, entrée libre et gratuite, catalogue : 15 €

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