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Rentrée économique : les entreprises bientôt à court d'énergie

C’est sur fond de crise géopolitique, de relocalisation industrielle, de disponibilité de matières premières et de matériaux, que se sont imposés aux dirigeants et organisations.
La question des économies d'énergie dans le tertiaire apparait comme une priorité.
© Pxhere / photo d'illustration - La question des économies d'énergie dans le tertiaire apparait comme une priorité.

Economie Publié le ,

La rentrée des entreprises s'effectue sur fond d'incertitudes liées à la situation géopolitique, entre crise de l'énergie, relocalisation industrielle, tensions sur les matières premières... Plus encore, ces enjeux se sont transformés en problématiques vivaces, exacerbées par les déclarations sinon alarmistes, du moins graves car empreintes d’inquiétudes, de certains membres de la classe politique.

On retiendra d’abord le discours prononcé par la Première ministre Elisabeth Borne à l’occasion de la REF 2022, ex-Universités d’été, organisée par le Medef à Paris les 29 et 30 août, qui a réclamé "une mobilisation générale" de la part des entreprises
"pour passer l’hiver".

Concrètement, cette dernière leur demande de réduire leurs dépenses énergétiques, utilisant même le terme de « rationnement » si ces efforts n’étaient pas suffisants. La locataire de Matignon recoupant ainsi la déclaration présidentielle autour de « la fin de l’abondance » tonnée quelques jours auparavant par Emmanuel Macron.

Economies d'énergie : l'appel solennel d'Elisabeth Borne

Dans un discours très sobre, et pas forcément du goût de son auditoire dans la posture condescendante que lui collent certains chefs d’entreprise dans les travées de la REF 2022, la Première ministre a lancé un appel solennel à la mobilisation, décrivant le scénario du pire dans lequel la Russie stopperait la vente de son gaz, la nation de Vladimir Poutine ayant déjà drastiquement
baissé ses ventes à la France et à l’Europe.

"Nous avons augmenté la capacité de production de nos méthaniers et de nos capacités stockages (à 95 %, Ndlr) et nous sommes en négociations avec nos partenaires européens pour la mise en place d’une plateforme collective de ressources au niveau de l’Union Européenne", a précisé Elisabeth Borne qui a vivement engagé les entreprises à organiser "ensemble" cette baisse de la consommation pour éviter les coupures forcées, si besoin était.

"La première urgence est d’arrêter les consommations d’énergies qui ne sont pas indispensables et tendre vers des économies choisies plutôt que des coupures subies", a-t-elle expliqué, ajoutant que le Gouvernement a déjà pris des mesures de sobriété
avec un objectif de réduction de 10 % dans les prochaines années.

Des plans de sobriété pour les entreprises

Ce mouvement collectif se traduit dans ses termes par la mise en place d’un plan de sobriété qu’elle demande aux entreprises à
partir de septembre. Autrement dit, que celles-ci listent les postes énergivores pour conduire à des économies, la Première ministre évoquant un objectif de -10 %.

L’idée de nommer un ambassadeur de la sobriété dans chaque entreprise a émergé dans son discours pour guider ces choix énergétiques. Dans le même temps, Elisabeth Borne demande aux patrons d’améliorer le pouvoir d’achat des Français par le biais d’augmentations de salaires, brandissant même la menace d’une taxe sur les superprofits - pour les grandes entreprises - si celles-ci ne répondaient pas présentes. La réponse du patronat n’aura pas tardé.

© Julien Thibert / Geoffroy Roux de Bézieux en ouverture de la REF 2022

"On n’a pas attendu ces injonctions et ce plan de sobriété pour réagir. Car, par construction, la sobriété équivaut à faire
des économies, et les entrepreneurs qui ont vu gonfler leur note d’énergie depuis le début d’année se sont déjà mobilisés. La situation des entreprises, sur ce point, reste très variable mais les augmentations sont d’une brutalité inouïe, multipliées jusqu’à
cinq pour certaines. Cela représente par exemple pour la grande distribution un tiers de la marge", explique Geoffroy
Roux de Bézieux, président du Medef.

© DR

19°C dans les bureaux cet hiver ?

Il décrit aussi ainsi une situation complexe, selon les domaines d’activité : "Le décret de 1974 sur la température dans le tertiaire, sur lequel personne ne s’était penché jusqu’alors, impose par exemple une température maximum de 19°C avec
un plafond de climatisation à 26°C. Mais nous n’avons pas de tableau de bord national qui nous donnerait un état des lieux pour situer chaque entreprise du secteur". (...) La suite de cet article est réservée à nos abonnés.

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