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Religions : passé-présent - Les Vaudois

« Si tu veux être parfait, vends ce que tu as, donnele aux pauvres et suis-moi ».

ActualitéSociété Publié le ,

Ces paroles du Christ, que l’on peut lire dans l’évangile, furent appliquées à la lettre par Pierre Valdo. Ce riche personnage, très probablement marchand, décide un jour d’abandonner sa vie mondaine, et de marcher sur les pas du Christ. Dès lors, avec quelques compagnons qu’il a convaincus, il change de vie. Ainsi commence l’aventure des Pauvres de Lyon.

Pauvreté, prédication et Evangile

La secte, ou hérésie, des Vaudois, ou Pauvres de Lyon, qui prêche dans les rues et sur les places publiques, nait vers l’an 1170. C’est à l’écoute de la parole de Dieu que Valdo décide de changer de comportement, pour vivre dans la pauvreté, en annonçant la Bonne Nouvelle, ceci est impératif pour lui. Il se trouve qu’à l’époque, seuls les clercs peuvent prêcher, car ils ont reçu une formation et une mission pour cela. Or Valdo et ses amis sont des laïcs, et veulent le rester. L’archevêque de Lyon leur interdit alors de poursuivre, mais ils refusent d’obtempérer, car « il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ». Ils se déclarent les imitateurs et les successeurs des apôtres, auxquels Dieu a ordonné de prêcher l’Evangile. Ils méprisent prélats et clercs, car ceux-ci possèdent d’abondantes richesses. Dès les premières années, l’attitude de Valdo et de ses compagnons fait tâche d’huile. Bientôt apparaissent d’autres groupes de prédication, menant une vie pauvre et errante, invitant la population à faire pénitence. Valdo et ses amis refusent toute propriété personnelle. Ils estiment d’ailleurs que le prédicateur assidu n’a pas le temps de s’occuper de sa propre subsistance. L’Eglise se trouve donc obligée de temporiser avec eux, appréciés du peuple, et plus ou moins par la hiérarchie, car ce qu’ils disent est tout de même conforme à la doctrine de l’Eglise.

La prédication contre toute épreuve

A l’époque du concile de Latran III, une petite délégation de Vaudois part pour Rome, afin de présenter une requête aux instances suprêmes de l’Eglise. Le pape Alexandre III, ému par Valdo, homme épris de sainteté, et hanté par la mission qu’il s’est donné, lui accorde oralement l’autorisation de prêcher. L’année suivante, dans sa Profession de foi, Valdo s’engage à mener une vie pauvre, errante et communautaire, sans se préoccuper du lendemain. Mais rapidement, les difficultés se multiplient. Les curés leur mettent des bâtons dans les roues, estimant que la prédication leur revient, d’autant que des femmes ont commencé à annoncer la bonne parole, ce qui est absolument prohibé. L’archevêque leur interdit alors toute prédication, mais Valdo, fort de l’accord pontifical, refuse d’obtempérer, parce qu’il se voit investi d’une mission divine, car l’écriture dit que chacun est responsable du salut de ses frères pécheurs.

Appel à la conversion

Dès son origine, le mouvement vaudois a montré sa foi ardente et son sens des responsabilités pour le salut du prochain. Pierre Valdo ne peut renoncer à sa mission. Refusant d’obéir, Valdo et ses amis sont condamnés, et chassés de Lyon. Ils partent alors prêcher ailleurs. Mais comble de malheur, en 1184, le pape Lucius III, nouvellement élu, revient sur la décision de son prédécesseur, et les excommunie pour avoir usurpé le ministère de la prédication, sans mission. Cela ne les empêche pas de continuer à prêcher, et à appeler à la conversion. Le peuple et bon nombre de clercs les considèrent comme de bons et pieux catholiques. Dans un premier temps, ceci évite que les relations avec l’Eglise s’enveniment. Ils prêchent la nécessité des bonnes oeuvres pour le salut. Dans un but pastoral de souci des âmes, ils insistent sur le sacrement de pénitence et sur l’eucharistie. C’est ce que l’on appelle le valdéisme authentique qui va se poursuivre au-delà de Pierre Valdo, mort vers 1206.
Cette Eglise a eu une audience profonde jusqu’au XVe siècle. Elle subsiste jusqu’à la Réforme protestante, qu’elle adopte en 1532, pour se fondre dans le protestantisme.

Bruno Lépine



Progressivement marginalisés, les Pauvres de Lyon, considérés comme hérétiques, sont excommuniés définitivement par le concile de Latran IV, en 1215. Ils se séparent alors de Rome, pour devenir une minorité dissidente, persécutée et dispersée. Bien qu’il soit toujours en contact avec de nombreux chrétiens et clercs, la destinée du mouvement change complètement ; les Pauvres de Lyon doivent agir plus clandestinement. Ainsi, au début du XIIIe, les retrouve-t-on dans la région de Montauban, puis poursuivis, ils partent pour Castres et Narbonne, avant d’émigrer en Bourgogne, en Franche-Comté et en Champagne, puis de franchir la frontière pour aller en Suisse et en Italie.

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