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Religions : passé-présent - Le culte de Mithra

Le culte et les mystères de Mithra parviennent à Rome au début de notre ère.

ActualitéSociété Publié le ,

Il se trouve qu’à la même époque, les premiers chrétiens arrivent dans la Ville Sainte, pour évangéliser. La religion de Mithra qui se maintient jusqu’au Ve siècle, culte de combat viril et sévère qui attire les couches les plus diverses de la société, réussit, dès la fi n du IIIe siècle, à absorber et à résumer le paganisme du dernier âge, jusqu’à concurrencer le christianisme. « Le monde eut été mithraïste, écrit Renan, si le christianisme avait été arrêté dans sa croissance pour une raison quelconque ».

Des origines complexes

Le culte de Mithra vient d’Orient, probablement introduit par des soldats ayant combattu là-bas. Les quelques monuments qu’il reste, permettent de découvrir des infl uences iraniennes et chaldéennes. Le taureau immolé par Mithra, image constante que l’on retrouve au centre des édifi ces, est un taureau de légende. Les signes du zodiaque qui ornent le cintre des monuments manifestent une religion qui en appelle aux astres, aux corps célestes. C’est le drame de l’orage, la lutte de la lumière et des ténèbres, du Dieu rayonnant et du Serpent de la nuée, la lutte du génie du bien et du génie du mal.
Ormuzd est le Seigneur ; le ciel, son vêtement. Il a créé le monde par son verbe qui insuffl e la vie, et s’est donné nombre d’assesseurs : le feu, l’air, le vent, l’eau. Le dieu sauveur, le soleil, en la personne de Mithra, lui permet de surveiller la création. Mithra fait le bien par son regard, et par le jour qu’il apporte, il sauve le monde de la soif en égorgeant le taureau dont le sang va vivifier la terre. Il a détourné sur lui la piété des fidèles. De génie de la lumière, il est devenu le foyer lumineux qui anime la nature.
Sous l’Empereur Aurélien, dans les années 270 de notre ère, ce culte acquiert une immense popularité, si bien que ce dernier lui consacre l’empire.

De nombreux symboles

Les mystères de Mithra avaient pour objet d’expliquer aux initiés le sens de la vie, et de les rassurer face à la mort, ceci à travers plusieurs symboles. La grotte est la voûte du ciel avec les étoiles et les planètes. Le soleil est la porte par laquelle montent les âmes, la lune celle par laquelle elles descendent. Mithra siège entre les deux équinoxes, il est le médiateur porté par le taureau, le Dieu par qui la vie s’entretient ici bas, qui préside au cheminement des âmes entrant dans la vie, et se dirigeant inlassablement vers la mort.
La représentation la plus commune de Mithra est celle où il égorge le taureau, empruntant ainsi l’attitude de la victoire, mais il est aussi figuré debout les pieds sur l’animal, ou sur le bûcher. Le plus souvent, il apparaît sous la figure du tauroctone*.
Les iconographies, retrouvées dans les cryptes, représentent Mithra envoyé vers nous pour nous sauver, pour nous abreuver à la fontaine de l’esprit.
Le paganisme a trouvé le monothéisme dans le culte de Mithra, ordre fermé dont pratiquement rien des cérémonies ne s’est répandu. Le mithraïsme a fusionné les autres religions au profit du dieu solaire. Celui-ci peut prêter son puissant appui à tous ceux qui s’engagent dans l’armée. Cette assistance sur le champ de bataille est un facteur important de la propagation du culte de Mithra, qui est porté jusqu’aux limites extrêmes de l’empire.

*Tauroctone qualifie Mithra dans l’ancien culte du sacrifice du taureau.

Bruno Lépine



On trouve des traces de ce culte dans la vallée du Rhône. A La-Batie-Montsaléon (Hautes-Alpes) on exhume en 1804, un groupe mutilé de Mithra tauroctone. A Valence, une petite stèle funéraire est retrouvée dans une cave en 1904, ainsi qu’un bas relief et deux autels portant les attributs des dadaphores, personnages entourant Mithra. Ces découvertes prouvent l’existence d’un sanctuaire dont le décor sculpté était d’un art grossier et populaire. A Vienne, un mithreum, petit édifi ce souterrain et voûté, est mis au jour en 1835. Il existait à Lyon, dans le quartier Saint-Just, un spélaum, grotte ou crypte souterraine, dans lequel fut retrouvée au XVIe siècle, une lame de cuivre consacrée à Mithra. Un mithreum de grandes dimensions a été reconnu à Nyon, sur les bords du lac Léman. Souvent, les Chrétiens ont édifié leurs églises sur les ruines d’un sanctuaire païen. Ainsi à Genève, une crypte mithriaque, datée de l’année 201, a-t-elle été retrouvée sous les fondations de la cathédrale. Les deux sanctuaires les plus connus de la région sont ceux de Vieu-en-Valromey (Ain), où l’église est en partie construite avec des matériaux de la crypte païenne, et de Bourg-Saint-Andéol (Ardèche), qui est pour une part découpé dans un rocher, au dessus d’une esplanade, entre deux ruisseaux. On peut voir l’image de Mithra sculptée dans le roc.

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