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Relance économique : l'Ordre des experts-comptables Rhône-Alpes fait des propositions

Aux premières loges pour constater les difficultés des entreprises, le conseil régional de l'Ordre des experts-comptables souhaite de nouvelles mesures fortes pour soutenir l'activité. Le point avec son vice-président Damien Dreux.
Relance économique : l'Ordre des experts-comptables Rhône-Alpes fait des propositions
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L'Ordre des Experts-Comptables Rhône-Alpes délivre un message d'optimisme en soulignant que la situation économique régionale est un peu meilleure qu'au niveau national.

Damien Dreux incite pourtant à la vigilance et parle des deux arbres qui cachent la forêt : le chômage partiel et le prêt garanti par l'Etat (PGE). "Selon les statistiques de l'Urssaf, les effectifs salariés baissent (-2,5 %) au deuxième trimestre, mais la perte d'emploi est encore limitée avec le recours au chômage partiel. C'est le même phénomène avec les défaillances d'entreprises. Nous craignons qu'en fin d'année et surtout en 2021, les difficultés soient plus marquées et visibles. D'autant plus que le PGE a aussi joué un rôle d'amortisseur", analyse-t-il.

Si les entreprises de l'événementiel, de l'aéronautique et les hôtels-cafés-restaurants sont les plus touchés, l'expert souligne également les difficultés dans l'industrie qui enregistre une perte d'activité de 30 %.

"Un manque de visibilité à moyen terme"

Face à cette crise, l'Ordre émet clairement des critiques sur certaines mesures gouvernementales. "Les aides mises en place sont complexes et il y a un manque de visibilité à moyen terme. L'exonération des charges sociales sur la période février-mai n'aura qu'un impact limité car beaucoup de salariés étaient en chômage partiel. De plus, le délai fixé au 15 octobre était trop court", affirme Damien Dreux.

Autre constat : pérenniser le chômage partiel n'est pas la solution. "Il faut inciter les entreprises à relancer la machine avec une mesure d'exonération des charges sociales dédiées aux entreprises qui sortent du chômage partiel. Ce mécanisme pourrait être activé sur six mois", préconise-t-il.

Les limites des prêts garantis par l'Etat

Le dispositif de PGE montre aussi des limites. "Les entreprises vont très vite devoir se positionner sur un remboursement anticipé ou un étalement jusqu'à cinq ans. Mais ces options ne sont pas satisfaisantes pour certains de nos clients", explique Damien Dreux. Les experts-comptables souhaitent plus de flexibilité avec une durée de remboursement jusqu'à 10 ans.

Une mesure qui pourrait faire la différence pour nombre d'entreprises, notamment les PME industrielles qui ne bénéficiaient pas toutes d'un excédent de trésorerie avant la crise sanitaire.

Jouer la carte des territoires

L'Ordre regrette aussi l'absence de mesure incitative pour favoriser les entreprises du territoire. "Pendant le confinement, la grande distribution a su se tourner vers les entreprises locales ; aujourd'hui elle fait de nouveau appel à ses fournisseurs traditionnels. Cette question de favoritisme est complexe, mais il faudrait une pression gouvernementale en jouant par exemple sur le taux de TVA", propose Damien Dreux, qui conclut en exprimant les inquiétudes des experts-comptables pour l'activité économique des prochains mois.

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