AccueilActualitéRéfugiée à Lyon, une Ukrainienne salariée d'une entreprise lyonnaise raconte comment elle a choisi de résister

Réfugiée à Lyon, une Ukrainienne salariée d'une entreprise lyonnaise raconte comment elle a choisi de résister

Salariée d'une entreprise lyonnaise en Ukraine, Valeria Sapega raconte comment et pourquoi elle a fui Kyiv pour rallier Lyon. Avec des amis, elle a lancé le site Standforukraine.com. Et malgré la peur, décidé de repartir demain pour aider son pays.
Réfugiée à Lyon, une Ukrainienne salariée d'une entreprise lyonnaise raconte comment elle a choisi de résister
© Julien Verchère / Photo d'illustration - A Lyon, la solidarité pour l'Ukraine s'est déjà manifestée à de nombreuses reprises et sous des formes diverses.

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Tout quitter en quelques minutes. Réfugiée à Lyon depuis quelques jours, Valeria Sapega - qui préfère qu'on l'appelle Valérie - raconte l'histoire bouleversante vécue par des centaines de milliers d'Ukrainiens. Celle d'hommes, de femmes et d'enfants jetés sur les routes du jour au lendemain, incrédules face à l'attaque russe.

Valérie est née à Odessa, grande cité russophone au bord de la Mer noire et "plus belle ville d'Ukraine" glisse cette trentenaire. Elle s'est installée ensuite à Kyiv, la capitale, où elle travaille pour une entreprise lyonnaise spécialisée dans les logiciels et les services informatiques.

"Jamais je n'aurais imaginé cela possible en Ukraine"

"Toute ma vie j'ai parlé russe, mais je me considère comme Ukrainienne. Ce qui s'est passé depuis jeudi est horrible... Je n'aurais jamais imaginé cela possible, et surtout pas que ça puisse basculer aussi vite et aussi fort. A l'est de l'Ukraine, on savait que Poutine pouvait essayer d'élargir les territoires occupés, mais de là à attaquer des civils dans tout le pays, jamais...", délivre Valérie, qui a quitté la capitale sous le bruit des premières bombes.

"Ma mère est retournée à Odessa pour rester auprès de ma grand-mère. Avec mon mari et mon chat, nous sommes partis en voiture chez ses parents, pour une nuit, dans un petit village du centre de l'Ukraine." Un lieu alors encore épargné par les frappes russes, où les anciens se serraient les coudes et préparaient la résistance en fabriquant des cocktail Molotov dans l'attente de l'ennemi.

Son mari est resté à la frontière avec la Slovaquie

Le périple s'est poursuivi jusqu'à la frontière avec la Slovaquie, à quelques kilomètres de laquelle elle a du se séparer de son mari, resté de l'autre côté de cette ligne de fuite en raison des obligations militaires.

"On pense que c'est la partie la plus sécurisée du pays pour le moment", se rassure Valérie, qui a ensuite traversé toute l'Europe centrale jusqu'à Lyon, où elle a pu trouver au bout de quatre jours de demi-errance soutien et réconfort auprès de ses collègues français. Sans pouvoir tout à fait se départir d'une forme de culpabilité.

"Rester à Kiev, dans les abris souterains, n'aurait servi à rien."

"La solidarité est vraiment importante. Je trouve beaucoup de réconfort chaque jour avec mes collègues. Tout le monde veut m'aider. Car c'est vraiment difficile d'être loin de chez moi, à Lyon, alors que je sais que mes parents ne sont pas en sécurité, que des gens se font tuer chaque jour. Je n'arrive pas à dormir... Mais rester à Kiev, dans les abris souterains, n'aurait servi à rien. Ici, je peux témoigner, expliquer ce qui se passe en Ukraine. C'est ainsi que je me sens le plus utile pour mon pays", glisse-t-elle.

Demain, retour en Ukraine avec le plein de matériel

Après la fuite initiale, pointe désormais l'imminence du retour. Pour aider à sa mesure, à travers un soutien logistique concret. "Je repars demainen Ukraine (Ndlr jeudi 3 mars) et j'emmène beaucoup de choses", déclare Valérie.

Avec certains de ses collègues, elle a acheté à Lyon du matériel para-militaire "par destination", vêtements, sacs de couchages, lampes frontales, kits médicaux, fournitures de bases, médicaments...De quoi protéger des volontaires ayant pris les armes, mais aussi des civils.

Avec Standforukraine.com, elle crée un site internet pour faire des dons

Ce n'est pas la seule initiative prise par Valérie depuis le début du conflit. "Je suis manager IT, il n'y a pas grand chose que je peux faire sur le terrain, mais avec des amis on a créé un site internet".

Sur Standforukraine.com, sont répertoriées les associations et institutions officielles auprès desquelles la population française et européenne peut effectuer des dons de façon sécurisée. Au coeur d'une guerre également informationnelle, la plateforme propose aussi des bulletins d'information.

"Comment cela peut-il se produire au 21e siècle dans un pays qui partage un idéal démocratique ?"

Si son départ de Lyon est décidé, Valérie avoue ne pas trop savoir de quoi seront faits les prochains jours. "Je n'ai pas la vision car tout ce qui s'est passé depuis une semaine est absolument fou ! Il y a une personne en Russie qui peut faire tout ce qu'il veut... Comment cela peut-il se produire au 21e siècle dans un pays qui partage un idéal démocratique ?", interpelle la jeune femme, qui veut faire passer un dernier message aux Français.

"C'est important de continuer à nous aider, car on va combattre. Personne en Ukraine ne veut quitter ce pays. Nous allons résister !"

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