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Recherche : vers la création d'un centre Inria Lyon indépendant

Publié le - - Sciences

Recherche : vers la création d'un centre Inria Lyon indépendant
© C. Morel - Frédéric Desprez

Depuis le 1er octobre, Frédéric Desprez a pris la tête du centre Inria de Grenoble Rhône-Alpes. Il évoque notamment l'ouverture d'un centre autonome à Lyon et le débat autour des applications Stop Covid et Tous anti-Covid sur lesquels l'inria a travaillé.

Un centre Inria Lyon doit être créé en 2021, pour quelles raisons ne peut-il pas continuer à être rattaché au centre grenoblois ?

"Aujourd'hui, le centre Inria Grenoble que je dirige comprend les sites lyonnais. Actuellement, le Rhône représente un tiers des 700 personnes de l'effectif du centre. Il est surtout orienté vers des recherches autour de la santé et de la biologie, même si nous avons aussi des équipes "santé" à Grenoble. Lyon atteint une taille significative. De plus, il existe deux écosystèmes vraiment distincts, avec d'un côté l'Université Claude-Bernard, l'ENS, l'Insa… et l'UGA, l'INPG ou encore l'Ensimag à Grenoble.

On ne peut plus considérer Lyon comme une antenne de Grenoble. A partir du moment où on a les moyens de financer un centre à part entière, pourquoi ne pas le faire ? Le centre de Lyon sera dès le début plus gros que certains autres centres Inria ailleurs en France."

Existe-t-il un risque de concurrence entre les deux territoires ? Lyon peut-il absorber Grenoble ?

"Même si on ne peut pas prédire l'avenir, je ne pense pas. Aujourd'hui il y a 12 équipes à Lyon et 24 à Grenoble. On ne connait pas les financements de la recherche dans l'avenir mais aujourd'hui il n'y a pas de plan dans ce sens, et il serait même contreproductif d'inverser les tendances pour refusionner. L'objectif est plutôt d'essaimer. De même, aucun objet de recherche ne sera confisqué à Grenoble au bénéfice de Lyon.

Dans les deux villes, nous sommes l'Inria, et nous avons des équipes de recherche communes. En revanche, il y aura un directeur à Lyon, qui aura ses propres priorités scientifiques, et qui voudra développer certains sujets plutôt que d'autres. Mais sans schisme. Il y a des demandes de financements pour de nouveaux locaux à Lyon. Mais tout ne sera pas regroupé en un seul site. Les différents locaux resteront."

L'échec de Stop-Covid, une histoire de défiance ?

L'Inria a piloté les équipes qui ont travaillé sur l'application Stop-Covid, et sur la seconde version Tous Anti Covid. Comment analysez-vous l'échec de la première application par rapport aux autres propositions, notamment européennes ? En quoi la seconde version se dit plus attractive et efficace ?

"L'Inria a piloté ce projet monté par différents acteurs, et une équipe de Grenoble a participé aux recherches pour veiller à ce que l'application respecte bien la vie privée. L'Inria était moteur sur les aspects de conception générale du logiciel. L'échec de Stop-Covid, à mon avis tient à deux choses. D'abord la défiance des personnes face aux gouvernements, avec la peur que l'on traque nos données. Ensuite, le fait que la première version de l'application ne proposait rien d'autre que l'affichage d'un contact avec un cas de Covid.

Rien ne s'affichait si on n'avait pas croisé le virus, ce qui manquait d'intérêt pour les utilisateurs. Dans la nouvelle application, on donne plus d'informations : évolution du risque, saturation des hôpitaux… Quant aux personnes qui ont peur d'être traquées… il ne faut pas s'en plaindre sur Facebook ou sur Tweeter, qui sont des lieux où l'on sait que les données sont transmises à des entreprises américaines régies par le Patriot Act. Dans Stop-Covid, il n'y avait pas de tracking des données GPS, ou des données de santé. L'appli a d'ailleurs été validée par la Commission nationale de l'informatique et des libertés(CNIL)."

Colonne

Historiquement Frédéric Desprez est le premier chercheur de l'Inria de Lyon, un établissement qu'il a intégré « en 1995, avant d'être nommé directeur de recherche en 2002. De 2001 à 2006, j'ai occupé les fonctions de directeur adjoint du laboratoire LIP à l'ENS Lyon, avant d'en être nommé directeur de 2006 à 2009. Après avoir créé une start-up en 2010, dans le domaine du calcul distribué, j'ai été adjoint du directeur scientifique en charge des calculs haute performance, systèmes distribués, réseau et génie logiciel ». Depuis le 1er octobre, il est le directeur du centre de recherche Grenoble-Rhône-Alpes avec pour ambition de « développer les recherches autour des systèmes d'exploitation mais aussi les relations avec les industriels du bassin grenoblois. « Les industries sont les actrices de la commercialisation de nos résultats de recherche. J'ai à cœur de continuer à développer cela. Une des raisons pour lesquelles je suis venu à Grenoble, c'est l'écosystème industriel riche dans nos domaines de recherche », souligne le chercheur. Il aura également pour mission de mener à bien la scission entre l'établissement grenoblois et la future unité lyonnaise. Le budget de l'Inria à Grenoble est composé d'environ 75 % de subventions publiques et 25 % de ressources propres.




Caroline THERMOZ-LIAUDY
Journaliste

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