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Ravier, une maison qui ne se laisse pas abattre

Ravier, une maison qui ne se laisse pas abattre

EconomieEntreprise de la semaine Publié le ,

Pour trouver les Etablissements Ravier, dans la zone industrielle d’Heyrieux (Nord-Isère), il faut s’armer de patience, déceler le moindre indice. Un camion frigorifique ouvre la voie sur un bâtiment banal où l’on cherche en vain une plaque. Pour bien vivre, vivons cachés ! Cette formule, bien lyonnaise, illustre parfaitement la culture de cette entreprise centenaire, l’un des derniers tripiers de la Métropole.


L’épopée commence en 1915, rue Saint-Michel où Victor Ravier ouvre une triperie qui, avec dix magasins de vente au détail et une centaine de salariés, dont 60 à la fabrication, va rayonner au-delà du quartier de la Guillotière à Lyon. En 1983, un dépôt de bilan abat l’entreprise que redressent René Ravier et Didier Tracol, 50 ans, aujourd’hui aux commandes de la société. « A deux, nous avons relancé Ravier dans un local de 200 m2 à Heyrieux, accessible, proche de Lyon et des abattoirs de Corbas », souligne ce dernier.


Lentement, les deux beaux-frères remontent la pente autour de quatre produits : les andouillettes (40 %), les salades de museau (40 %), les tripes (15 %) et les pieds de veau (5 %). Huit salariés réalisent 1,7 M€ d’un chiffre d’affaires en croissance régulière de 5 à 7 % par an. Ravier fait partie du tiercé de tête des tripiers généralistes sur un marché à dominante régionale où les abats reprennent du poil de la bête. Surtout après l’épisode de la crise de la vache folle en 1997. « Nous avions réalisé un gros investissement en août de cette année-là. L’interdiction de la vente de fraise de veau est tombée comme un couperet, trois mois plus tard. Nous l’avons payé très cher, avec un recul de 30 % de notre chiffre d’affaires », rappelle Didier Tracol qui a commencé sa carrière dans l’entreprise il y 30 ans, à l’issue de son service militaire.


Dans l’adversité, pour maintenir la tradition lyonnaise, Ravier va réagir en fabricant ses andouillettes avec du porc. La délivrance arrive en juin 2015 avec le retour de la fraise de veau sur les étals que le porc ne déserte pas. « L’andouillette de porc (deux fois moins chère qu’avec du veau) est née à Lyon grâce, ou à cause, de la vache folle ». La société, qui s’adresse aux grossistes, vend 60 % de sa production dans la région lyonnaise. La vente en ligne ? « Nous réfléchissons, reconnaît le dirigeant, mais nous sommes confrontés à la problématique du transport des produits frais ». Didier Tracol n’a pas l’intention de se laisser abattre.

Didier Tracol
« L’avenir passe par l’élaboration de nouveaux produits »

Comment évolue votre marché ?

Dans un contexte où le hamburger a détrôné le jambon-beurre et où le consommateur traditionnel vieillit, nous n’attendons pas de croissance exponentielle. Mais les bases nous permettrons de résister. L’andouillette se vend bien dans le quart sud-est de la France, notamment entre mai et septembre dans le sud où elle alimente les barbecue, un peu dans la région Grand Est, mais pas du tout dans le sud-ouest. Il reste de grandes marges de progression pour nos produits.

Quelle est votre stratégie pour l’avenir ?

L’avenir passe par l’élaboration de nouveaux produits, comme la terrine de ris de veau ou de nouvelle recettes de salades de museau de boeuf, le développement de nouvelles sauces. Elle passe aussi par la conquête de nouveaux marchés, particulièrement les GMS.

Comment se traduit-elle dans les faits ?

L’an dernier, nous avons investi 1 M€ dans l’agrandissement de notre site, qui s’étend aujourd’hui sur un millier de m2, et l’achat de nouvelles machines pour faire face à la demande. Et si nous devions grandir, ce serait ailleurs ou avec un second site. Par ailleurs nous avons embauché un commercial pour diversifier notre portefeuille de grossistes.

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