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Théâtre / Rage au féminin de Louise Vignaud

La directrice du théâtre des Clochards Célestes s'empare d'un récit de l'écrivaine Goliarda Sapienza. Après une Phèdre remarquée à la Comédie-Française, Louise Vignaud se coltine un texte résolument contemporain, dans la petite salle du TNP.
Théâtre / Rage au féminin de Louise Vignaud
Michel Cavalca - Rebibbia, mise en scène de Louise Vignaud

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Il faut une bonne dose de courage pour adapter L'universitéde Rebibbia, un roman de 240 pages, au théâtre. La langue de Goliarda Sapienza ne se laisse pas si facilement apprivoiser, il faut donc souligner la formidable adaptation qu'en ont fait Alison Cosson et Louise Vignaud, Rebibbia, un texte qui semble écrit pour le théâtre.

Il s'agit donc d'un texte de l'écrivaine italienne Goliarda Sapienza, ignorée de son vivant et sacrée grand écrivain après sa mort et la publication, en allemand puis en français de son roman fleuve L'Art de la joie, qui raconte le bref passage qu'elle effectue dans la plus grande prison pour femmes de Rome, Rebibbia ou plutôt Rebibbia beach comme la surnomme l'un des personnages de la pièce. Louise Vignaud prend le texte à bras le corps et brosse ainsi une truculente galerie de personnages féminins qui peuplent cette prison.

Des putes, des droguées, des voleuses (dont Goliarda), des terroristes et des Rouges, composent ce monde interlope qui finalement accueille plus facilement l'intellectuelle féministe que son milieu d'origine. Dans un décor d'échafaudages et de lavabos collectifs à l'ancienne, de tissus coulissant permettant les apparitions et disparitions des protagonistes les cinq comédiennes, incarnent chacune trois personnages, à l'exception de Prune Beuchat, qui tient le rôle de Goliarda, faisant vivre ce monde en vase clos, modèle réduit de celui du dehors.

Claquements métalliques, bruits de clés et de portes qui se ferment, flashes des projecteurs qui assaillent les détenues et lumières rasantes et blanches sont autant d'allusions au milieu carcéral, oppressantes mais soulignant par contraste l'humanité de ces femmes, vivantes en diable. En effet, il faut souligner le talent des comédiennes à faire vivre toutes ces femmes, les unes après les autres, toutes différentes mais aussi semblables par leurs fragilité et leurs forces. Une création (presque) audacieuse et (vraiment) engagée !

TNP, jusqu'au 30 novembre, www.tnp-villeurbanne.com

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