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Qui va là ?

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Qui va là ?

Pas une semaine.

Pas un jour. Pis encore, pas une heure sans que les vagues migratoires ne viennent heurter avec fracas l’actualité de notre vieille Europe et ses côtes, mires mordantes et tranchantes, et pourtant si convoitées par ceux qui abandonnent tout de l’autre côté de la Méditerranée en quête d’un improbable Eldorado. Sur cette thématique sociale, voire humaniste, brûlante, les derniers remous médiatiques ont été provoqués par le pouvoir conservateur hongrois qui vient de suspendre ex abrupto le règlement dit « Dublin III », qui fixe et régit, à travers ses prolégomènes et ses divers articles, l’examen des demandes d’asile en Europe. Ce texte stipule qu’une demande d’asile doit être examinée par le premier pays européen sur le sol duquel la personne est arrivée. La posture magyare a provoqué de vives tensions avec le voisin autrichien qui n’entend pas tolérer de telles pratiques, à en croire le ministre des Affaires étrangères, Sebastian Kurz.

Ce dernier et ses homologues de l’UE ont, cette semaine, décrété une mission navale de lutte contre le trafic de migrants en Méditerranée. La cible ? Les passeurs. L’objectif avoué est d’assurer une surveillance accrue des réseaux de passeurs par le truchement de navires, de sous-marins, d’avions patrouilleurs et même de drones déployés progressivement. Une mesure obvie à l’aune des chiffres avancés par les institutions européennes et l’un des organismes corrélés, le Frontex (ndlr : Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des Etats membres de l’Union européenne). Pour le patron du Frontex, Fabrice Leggeri, « la hausse des franchissements irréguliers de la frontière extérieure pour janvier-février 2015 en comparaison à la même période de l’année précédente s’élève à 250 % ».

Nécessité fait loi. Il n’empêche, la migration des êtres, les déplacements, qu’ils soient domestiques ou de nature plus internationale, qu’ils soient à titre professionnel, privé ou à caractère vital, demeurent un phénomène immarcescible. Et ce ne sont pas les dernières publications de l’Insee qui apporteront une contradiction. Où l’on apprend, par exemple, qu’un tiers des habitants de Rhône-Alpes ne sont pas nés dans la région. Ce pouvoir d’attraction place notre région à un niveau médian, à l’instar de l’Auvergne, également hôte d’un tiers de personnes nées hors de son périmètre. Aucune fatuité n’est de mise cependant, puisque Rhône-Alpes, nonobstant des atouts indéniables, est reléguée à quelques encablures du trio composé du Languedoc-Roussillon, de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de l’Ile-de-France, qui arguent respectivement de conditions météorologiques et d’un climat des affaires plus favorables.

La dernière étude de l’Insee, datée du 25 juin et générée par les ultimes résultats disponibles du recensement de la population, est fort instructive. Même révélatrice. Tenez, saviez-vous qu’un Rhônalpin sur trois est diplômé du supérieur. C’est-à-dire titulaire d’un précieux sésame de l’enseignement supérieur ou encore sur les bancs afin de le décrocher. Fait marquant : 45 % de ces diplômés ne sont pas nés en terre rhônalpine, soit 700 000 individus. 520 000 sont natifs d’une autre région française, le solde étant lié aux flux migratoires avec l’étranger.

Les migrations interrégionales évoluent selon les cycles de vie. Trois principaux : le temps des études, celui de la vie professionnelle et enfin, la retraite. Pour cette dernière, la recherche d’un cadre de vie doucereux pour une existence quiète favorise avant tout les territoires méridionaux. En revanche, Rhône-Alpes peut mettre en exergue sa palette d’établissements universitaires et d’écoles pour séduire les 20-25 ans, attirés par ce potentiel rehaussé par un tissu économique diversifié et axé autour des métiers d’avenir (web, nouvelles technologies, biotechs).

Mobilité, adaptabilité, souplesse, flexibilité. Un quatuor exigé sur le marché du travail. Il n’empêche, Rhône-Alpes parvient à endiguer la fuite de ses « cerveaux », retenant deux tiers de ses diplômés. L’herbe n’est donc pas forcément plus verte ailleurs…


L.O




GiB
Journaliste

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