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Dossier / Quand l'art entre en entreprise

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Dossier / Quand l'art entre en entreprise
DR - Le Conseil de l'Ordre des avocats de Lyon dispose de nombreuses oeuvres dont celle (cicontre) réalisée par Jérôme Mesnager en collaboration avec l'Observatoire international des prisons

Au fil des réunions ou des rendez-vous médicaux c'est toujours la même vision : le tableau, la photographie ou le poster, tous aussi insipides les uns que les autres, qui ornent depuis des lustres les murs des divers cabinets et autres entreprises. Heureusement, le soin apporté à l'aménagement intérieur en milieu professionnel compte de plus en plus, au même titre que pour son chez soi. Une démarche qui s'inscrit dans une stratégie globale de marque employeur dans laquelle l'image de l'entreprise reste un levier marketing fort ; au bénéfice également du bien-être du collaborateur. Qu'il s'agisse d'achat-revente, de location, simplement de constitution de collections pour assouvir une passion et donner une valeur ajoutée à des bureaux, voire d'intégration dans les programmes immobiliers, l'art fait une entrée de plus en plus marquée en milieu professionnel. Ces tendances, alimentées par des dirigeants souvent férus d'art, peuvent aussi conduire à des modèles économiques vertueux dans lesquels s'intègrent pleinement les artistes qui bénéficient ainsi d'une vitrine inédite, hors des circuits traditionnels.

Pascal Cuccaro : « L'œuvre en entreprise, à défaut de plaire, doit être remarquée

Pascal Cuccaro fait entrer l'art en entreprise

Pascal Cuccaro a lancé sa société de location d'art il y a près de 10 ans, baptisée Art4us. Installé à Marseille mais rayonnant sur la France entière et particulièrement sur Lyon, où les opportunités sont vivaces, cet ancien éditeur de logiciels propose aux entreprises une sélection fine d'œuvres réalisés par des artistes talentueux, et à portée de bourse.

Quelle a été le déclic pour vous lancer dans l'aventure de la location d'art ?

Je suis un collectionneur depuis 30 ans déjà et souhaitais faire partager ma passion pour l'art aux entreprises que je côtoyais alors que j'étais éditeur de logiciels juridiques et médicaux. Mon idée aussi était de remplacer d'affreuses croûtes qui ornaient, et toujour encore, les murs des cabinets et des entreprises !

Comment fonctionne la location d'art ?

Je précise que je suis un expert agréé en art et que je sais discerner « le beau et peu puissant » d'une œuvre « profonde et signifiante ». L'idée globale étant que les clients autant que les artistes à qui j'achète les œuvres, s'inscrivent dans une démarche gagnante-gagnante. C'est à dire que tout le monde s'y retrouve financièrement. Je sais où acheter de belles toiles par exemple. Il est possible de louer une œuvre pour 50 euros par mois. Et selon le talent et la cote d'un artiste, les mensualités peuvent être plus élevées.

De combien d'œuvres disposez-vous ?

Je possède environ 400 tableaux. J'achète généralement plusieurs œuvres à un même artiste. Pour ce qui est des sculptures, je fonctionne plutôt à la demande et donc achète au coup-par-coup. Parallèlement je constitue ma propre collection dans une démarche d'achat-revente. Dans ce cadre les œuvres coûtent significativement plus cher.

Qui sont vos clients ?

Des avocats, des experts-comptables, des industriels… Tous ne sont pas des passionnés d'art mais mon objectif est de les intéresser et de leur donner un éclairage sur un domaine qu'ils maîtrisent mal.

Pourquoi la location d'art est-elle un business qui fonctionne ?

Je crois que la vie en entreprise s'est transformée. Les collaborateurs souhaitent travailler dans de bonnes conditions, notamment dans un environnement agréable. Je pense que l'art apporte une touche de bien-être. Et puis, il permet aussi au dirigeant d'apporter une bonne image et donc une valeur ajoutée face à ses clients qui le visitent. L'important est que l'œuvre en entreprise, à défaut de plaire, puisse être remarquée.

Vinci Immobilier engagé dans « 1 immeuble, 1 œuvre »

Le constructeur a signé, au niveau national, le programme « 1 immeuble, 1 œuvre » lancé par le ministère de la Culture fin février 2015. Son engagement en faveur de l'art se traduit, en Auvergne-Rhône-Alpes, par l'installation systématique d'une œuvre dans la vingtaine d'opérations immobilières menée chaque année par le promoteur.

Résidence Jardin Inattendu à Saint-Priest VINCI
Immobilier, M. Da Costa et D. Sagnard, Alphabet
Céleste, 2018 (© HÉLOÏSE PEYRE)

Acheter une œuvre d'art à un artiste ou en commander une qui correspond aux critères architecturaux d'un nouveau programme immobilier représentent la déclinaison en Auvergne-Rhône-Alpes de la charte « 1 immeuble,
1 œuvre » pour le promoteur Vinci Immobilier. « L'œuvre doit être au contact du plus grand nombre. Elle est donc installée dans les parties communes et, si possible, doit également être visible des personnes extérieures à la copropriété », explique Stéphane Reymond, directeur régional de Vinci Immobilier. Le promoteur favorise les artistes locaux et l'art contemporain dans ses choix. Photos, sculptures, installations sont ainsi privilégiées. Les matériaux bruts comme le bois, la pâte de verre, l'inox, le bronze…, autant de matière rappelant l'activité du BTP, sont également le plus souvent utilisées comme base des œuvres d'art choisies par Vinci Immobilier.

Le promoteur collabore avec Belugart, à Lyon, pour dénicher les artistes régionaux émergents ou des productions intéressantes et trouver l'œuvre qui correspondra au programme immobilier. Chaque œuvre d'art est achetée par Vinci Immobilier et portée à l'actif de la copropriété qui en devient à son tour propriétaire. « Cette démarche vise à nous positionner comme un acteur qui s'inscrit dans l'écosystème global de la cité. A la fois en favorisant l'art pour tous, en aidant des artistes locaux et en permettant aux habitants d'un quartier de discuter autour d'une œuvre. Dans beaucoup d'endroits, elle est devenue un point de rassemblement et de dialogue », assure Stéphane Reymond.

Belugart, trait d'union entre artistes et promoteurs

Depuis 2015, l'agence implantée à Lyon accompagne les promoteurs immobiliers dans l'acquisition et la gestion d'œuvres d'art dans les immeubles tertiaires et de logements.

Résidence Albert,
rue Emile Decorps
Villeurbanne, MichL,
Chorégraphie végétale,
2016

Jusque dans les années 30, l'art ornementait fréquemment les plus prestigieux immeubles. « L'après-guerre a privilégié la construction rapide et efficace, en laissant moins de place à l'art », analyse Claire Dufer, fondatrice de Belugart. Depuis 2015, l'entreprise accompagne les promoteurs qui reviennent de plus en plus à cette sensibilité artistique. « Mais ce n'est pas leur métier. Nous intervenons alors pour gérer l'ingénierie de projet : la recherche d'une œuvre qui s'inscrit dans un programme immobilier précis, la détermination d'un projet, au côté de l'artiste, afin qu'il soit pérenne et sécurisé tout comme bâtiment qui l'accueille et qui doit respecter la décennale, la pose de l'œuvre, la gestion des droits… », explique Claire Dufer qui affirme qu'une telle démarche de la part des professionnels de la construction amène à « sortir de l'utile pour remettre de la poésie dans nos espaces rationnels, ce qui est aussi de plus en plus marqué dans les politiques publiques d'urbanisme ».

Résidence Organza,
Villeurbanne la Soie,
P. Orssaud, pn et Jakè,
Miscellanées

Du point de vue des artistes, « aucun n'a refusé un projet, même les plus côtés », affirme Claire Dufer. « Au contraire, un artiste est toujours ravi à l'idée que son œuvre profite au plus grand nombre. » Belugart compte trois collaborateurs : un graphiste pour déterminer les contours du projet artistique avec le promoteur et l'artiste, un technicien qui s'occupe de la pose des œuvres en relation avec les architectes et les bureaux d'études des promoteurs et une « chasseuse » d'artistes…

© Artwall & Co

© Ibride

Le barreau de Lyon sur tous les tableaux

Accueil, espace de consultations, zone de coworking, salle du Conseil… L'art est partout à l'Ordre des avocats de Lyon. La raison ? Une commission culture créée en 1990 sous l'ère du bâtonnier Jean-Louis Denard et toujours présidée depuis par Me Henri Parado, associé au cabinet SCP Hamel et Parado, qui au fil des ans, a constitué une véritable collection d'œuvres, soit près d'une centaine.

Henri Parado avec en
arrière plan le Mao
Rouge de Yan Peïming

« Nous organisons régulièrement des vernissages et des expositions en accès libre dans nos locaux pour faire connaître les artistes et les œuvres que nous achetons. C'est une manière de promouvoir l'art auprès des 3 600 avocats au sein de notre barreau. Certains confrères d'ailleurs été ont été conquis », témoigne Me Parado, féru d'art depuis tout jeune. Sa connaissance des artistes internationaux et locaux lui a permis de cibler les achats du barreau et de proposer des œuvres diversifiées et de qualité. « Mes pérégrinations en France et à l'étranger ont été aussi l'occasion de belles découvertes et rencontres, je pense à Marc Riboud (photographe professionnel originaire de Saint-Genis-Laval) à Philippe Favier (Artiste-peintre stéphanois) ou encore Patrick Giorda dont les photos du procès Barbie ornent les murs de la salle du Conseil de l'Ordre.

La puissance de l'art a même pénétré le milieu carcéral lorsqu'en 1993, la commission culture a invité des artistes en prison à la rencontre des condamnés pour la réalisation d'œuvres communes.




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