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Puccini à la japonaise

Le chef d'orchestre Mikko Franck et la soprano Ermonela Jaho sauvent Madame Butterfly des clichés de la mise en scène de Nadine Duffaut.
Puccini à la japonaise
© gromelle - Des images inspirées par les estampes japmonaises

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Madame Butterfly de Puccini inaugurait les Chorégies d’Orange dans un théâtre antique qui peinait à faire le plein. Faut-il l’imputer à l’ouvrage, un classique des lieux, ou aux bisbilles entre le politique et l’artistique, entre la mairie qui a voulu prendre le contrôle du conseil d’administration et Raymond Duffaut le directeur qui a fini par jeter l’éponge, après 34 ans de bons et loyaux services au cours desquels il nous a offert quelques grands moments comme cet inoubliable Don Carlos de Verdi, en 1984. Respect !
Devant le mur d’Auguste, rien de nouveau sous les projecteurs, sinon le sur-titrage, plutôt réussi, expérimenté cette année par le nouveau patron des lieux Jean-Louis Grinda. La mise en scène de Nadine Duffaut joue sur un registre classique, jardin japonais, avec passerelles de bois sur l’eau, du plus bel effet, lanternes flottantes et pétales de fleurs volant dans la nuit. Aux abonnés absents, la direction d’acteurs laisse la bride sur le cou aux interprètes, jeu sobre pour certains, postures franchement ridicules pour d’autres, comme la Butterfly d’Ermonela Jaho dans une caricature de jeune jouvencelle. Mais quelle voix !
Avec ses aigus aériens, son legato et des graves incroyables, la soprano albanaise surclasse ses partenaires. Et particulièrement Bryan Hymel, bien fade dans le rôle de Pinkerton. Bonne surprise en revanche du côté des seconds rôles à commencer par l’immense Suzuki de Marie-Nicole Lemieux et le poignant Sharepless de Marc Barrard. Ermonela Jaho a du partager la vedette avec l’un des chouchous des Chorégies, le chef d’orchestre Mikko Franck qui, à la tête de l’Orchestre national de France, très inspiré, a fait vibrer la fibre romantique de Madame Butterfly sans donner dans le mélo. Prochain grand rendez-vous Traviata opéra de Verdi, interprété par Diana Damrau, Francesco Meli et un certain Placido Domingo sous la direction du fougueux Daniele Rustioni, le futur chef permanent de l'orchestre de l'Opéra de Lyon (3 et 6 août).

Jusqu'au 6 août
choregies.com

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