AccueilVie juridiqueDroitProcès Barbie : 28 ans après, l’émotion reste vive…

Procès Barbie : 28 ans après, l’émotion reste vive…

C’est dans une salle bondée que, vingt-huit années après le procès et pour la première fois depuis, les époux Klarsfeld sont revenus dans cette Cour d’assises, pour une conférence en forme de souvenir, s’appuyant sur leur ouvrage « mémoires », qui témoigne d’une infatigable action, guidée par la quête intense de la justice.

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L’émotion a été présente tout au long de cette soirée aussi bien pour les deux intervenants que pour l’association des « Fils et des filles des déportés juifs de France militants de la mémoire », mais également pour Bruno Pireyre et Sylvie Moisson, respectivement Premier président et procureure générale de la Cour d’appel de Lyon, sous la présidence desquels a été placée cette conférence intitulée « Autour du procès Barbie ». Dans ses propos liminaires, Bruno Pireyre, avec la dignité qui sied à cette manifestation, a retracé l’aspect judiciaire du procès et son déroulement, du 11 mai au 4 juillet 1987, ponctué de 36 jours d’audience répartis sur quelques sept semaines et demie. « Nous avons voulu que ce moment intense serve d’impulsion à cette rencontre axée autour du procès Barbie, lieutenant SS de la gestapo affecté à Lyon et tristement surnommé ‘‘Le boucher de Lyon’’ ». Et le haut magistrat d’ajouter : « Ce procès lourd de sens sonnait comme le dénouement d’une dramaturgie si fortement ancrée dans l’histoire judiciaire et dans ce qui participe désormais à l’histoire de notre pays ».

En 2002, l’actuelle procureure générale, Sylvie Moisson, était le nouveau chef du casier judiciaire national. C’est à ce moment qu’elle découvre, enfermée dans le coffre-fort de son bureau, la fiche de condamnation avec tous les termes juridiques recouvrant les atrocités commises par Barbie à Lyon de février 1943 à l’automne 1944, pour ne citer que l’application d’un plan concerté visant à déporter et à exterminer une partie de la population civile pour des motifs politiques, raciaux ou religieux. « Le jugement de Klaus Barbie est un élément juridique majeur. Pour la première fois, en France, un homme est jugé devant une Cour d’assises pour répondre de crimes contre l’humanité. Un nouveau type d’infraction désormais prévu et défini par le tribunal militaire international institué à Nuremberg ». Notons qu’au regard de la loi, les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles. Et la représentante du Ministère public d’ajouter au moment même où la Cour pénale internationale fêtait la journée mondiale de la justice pénale internationale (17 juillet) pour le refus de l’impunité : « Soyons collectivement fier de cette capacité de mener à bien des poursuites dans le domaine des crimes les plus atroces ». Et de conclure : « Pour que toujours, la mémoire douloureuse de la société puisse éclairer le chemin des générations présentes ou futures ».

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Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5162 du 18 juillet 2015

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