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Première station bio pour « 38 tonnes » verts

Première station bio pour « 38 tonnes » verts
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Art de vivreAutomobile Publié le ,

Particules fines, dioxyde d’azote (NOx), pollution sonore, CO2 : autant de nuages qui plombent l’horizon du transport de marchandises assuré à près de 100 % par le moteur diesel. Si l’électricité a fait une percée dans l’automobile, le poids lourd au long cours résiste compte tenu des masses à déplacer : 19 tonnes pour le « porteur », de 38 à 44 pour le tracteur et sa remorque. Alors ? L’horizon ne se présente pourtant pas opaque puisqu’une autre énergie verte fait ses preuves dans le transport routier de marchandises : le gaz, extrait notamment de la biomasse.
A la sortie Est de Nancy, la flotte de Transalliance compte ainsi 14 véhicules (8 porteurs et 6 tracteurs) totalement affranchis du gazole et passera à 28 véhicules d’ici à la fin de l’année. Depuis le 21 juin, les porteurs et tracteurs échappés du tout diesel font le plein de gaz sur place. Le maintien de la marchandise à basse température dans les remorques frigorifiques n’implique, non plus, aucun moteur, aucun carburant, nulle émission de gaz à effet de serre, pas de bruit. Grâce à de l’azote liquide.
Transalliance (3 500 collaborateurs, 5 200 cartes grises) dispose en effet à demeure d’une station unique au monde réalisée en partenariat avec le spécialiste planétaire des gaz liquéfiés pour l’industrie, la santé, l’environnement : Air Liquide. D’un blanc immaculé, aveuglant, les cinq postes installés chez le transporteur à Fléville-devant-Nancy approvisionnent les camions futuristes en énergies propres : gaz naturel comprimé (GNC) à 300 bars, gaz naturel liquéfié (GNL) bio ou non, azote liquide à - 196° (N2).

Biomasse et azote intarissables

Débités non en litres mais en kilos, le GNC convient au transport régional, le GNL au long courrier. Un réservoir spécial, cylindrique, chromé, à double paroi, ajouté sur le côté du tracteur, recueille l’azote liquide assurant la réfrigération de la remorque. « Qui veut poser la main dessus ? », lança le démonstrateur le jour de l’inauguration de cette station multi-énergies propres. Hyper isolé, le cylindre qui renferme cet azote à - 196 degrés n’était même pas froid.
Le plein terminé, le camion alimenté au gaz naturel rivalise avec le diesel aux normes Euro V. Punch comparable (400 ch, 1 700 Nm), égale autonomie (1 600 km). Ses 44 tonnes, il les tracte à un coût environnemental laminé : - 70 % de NOx, le polluant majeur de l’atmosphère terrestre, - 85 % de particules fines, - 85 % de CO2 et - 50 % d’émission sonore. L’Iveco NP 400 consommateur de GNL, Transalliance l’a payé 30 % plus cher que l’originel à moteur diesel. Une rallonge qui se résorbera au fil des kilomètres puisque la France se signale par une biomasse disponible record. Emetteur de zéro pollution, l’azote ne risque pas non plus de manquer. Présent à 80 % dans l’air que chacun respire, il fait partie des ressources providentielles, gratuites et intarissables.


Michel Molame

Air Liquide

Créée en France en 1902, toujours basée à Paris et à Sassenage (Isère), cette société s’active aujourd’hui dans plus de 80 pays. Sa présence au Japon, au Canada, à Hong Kong remonte à plus de 100 ans. Quarante stations d’hydrogène gazeux portent sa marque à travers le monde, 40 stations de gaz en Suède, 10 dans l’Hexagone.

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