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Pollutec place le vélo au cœur de la ville durable

Pollutec place le vélo au cœur de la ville durable

EconomieIndustrie Publié le ,

L'annonce est passée presque inaperçue. La symbolique est pourtant forte. Au mois de septembre dernier, Vélo'v a battu un nouveau record de fréquentation, franchissant pour la première fois de son histoire la barre du million de locations. Avec, pour certains sites, une fréquentation des deux roues qui a littéralement explosé, progressant parfois de plus de 45 %. Ainsi des axes comme les Berges du Rhône, avec près de 8 000 vélos par jour, ou le cours Gambetta et ses plus de 6 000 vélos quotidiens sont devenus de véritables « spots » incontournables. Un peu plus de 11 ans après sa création par JCDecaux, le concept a pris, entraînant avec lui une nouvelle réflexion sur la place du vélo dans la ville.

« Mais Lyon n'est pas la seule ville d'Auvergne-Rhône-Alpes à enregistrer une telle poussée, font remarquer Franck Brédy et Christophe Defaix, dirigeants fondateurs de la société lyonnaise Vélogik. A Grenoble et à Clermont-Ferrand, la dynamique est la même. » Et si les marchés de villes comme Saint-Etienne, Valence… n'ont pas encore atteint le stade de la maturité, ils sont en phase de croissance et devraient rapidement rouler au même rythme que leurs voisins. « Le rôle du vélo dans les nouvelles formes de mobilité urbaine est désormais admis quasi unanimement, assurent-ils. Certes, quelques villes comme Pau et Aix-en-Provence ont fait marche arrière, mais il s'agit d'épiphénomènes. La dynamique est en route et on ne fera pas marche arrière. »

En revanche, le modèle économique n'est pas encore définitivement arrêté. « Disons qu'il n'y a pas un seul modèle », rectifie Renaud Colin. Dans les plus grandes villes de l'Hexagone, comme Paris et Lyon, le choix s'est porté sur la location de vélos en libre service (VLS). C'est également le cas à Clermont-Ferrand, l'une des grandes agglomérations sur lesquelles intervient Vélogik, mais Grenoble, où la société lyonnaise a remporté le marché, a pris une autre option.

Dans la capitale dauphinoise, pas de stations éparpillées dans la ville et pas de bornes pour récupérer un vélo pour un déplacement occasionnel. « Nous avons installé deux agences, l'une à la gare et l'autre sur le campus, où les candidats cyclistes urbains viennent récupérer leur vélo, qu'ils gardent ensuite tout au long de la location. Ils assurent eux mêmes le stationnement et la sécurisation de leur vélo, en ville durant la journée et chez eux le soir », détaille le créateur de Vélogik.

Plus traditionnel, le modèle a été baptisé VLH, l'abréviation de vélo en location humanisée. Séduits, les Grenoblois n'envisagent pas de l'abandonner au profit du système de VLS, initié par JCDecaux et désormais repris un peu partout par de nombreux acteurs. « Ce sont deux philosophies différentes, qui correspondent à des tailles et des physionomies de villes différentes, mais qui engendrent aussi des coûts différents », analyse Renaud Colin. Le VLS coûte en effet beaucoup plus cher à la collectivité, que le VLH.

Pour les créateurs de Vélogik, les deux modèles sont complémentaires. Si le VLS est pertinent dans les centres villes, le VLH semble plus adapté dans les villes moyennes et en zone péri-urbaine. Une analyse que les élus clermontois ont reprise à leur compte, en décidant d'adopter les deux modèles. « L'agglomération a complété le service de VLS par un service de VLH, notamment des vélos à assistance électrique, confirme Renaud Colin. C'est une bonne formule, car on répond ainsi aux deux besoins. » Concrètement, Vélogik met actuellement 500 vélos en VLS à disposition des clermontois et 150 vélos en VLH, que les utilisateurs peuvent récupérer dans une agence installée à la gare.

Toutefois, que ce soit à Lyon, Grenoble ou Clermont-Ferrand, le rôle dévolu au vélo dans la nouvelle mobilité urbaine souffre encore de l'adéquation très imparfaite des infrastructures. Si les agglomérations ont engagé un vaste programme de construction et de sécurisation de pistes cyclables, le chemin à parcourir reste long. « Nous sommes encore loin des modèles d'Europe du nord », analyse Renaud Colin. Néanmoins, la capitale des Gaules devrait totaliser 1 000 kilomètres de réseau cyclable en 2020. Un autre palier symbolique serait alors franchi.

Le Vietnam à Pollutec pour relever le défi d'une urbanisation durable

Pays où le vélo a longtemps été roi dans les déplacements urbains, le Vietnam vient à Eurexpo avec l'ambition de relever de tout autres défis. Car la forte, enregistrée ces dernières années, l'expose aux problématiques environnementales. Engagé dans une stratégie de développement fondée sur l'ouverture et la diversification, le Vietnam réoriente actuellement sa production industrielle vers l'électronique domestique, la production automobile et navale, mais aussi la production de biens respectueux de l'environnement.

Les thèmes de la ville durable, de l'accès à l'eau potable, du dessalement, de l'assainissement des eaux usées, de la gestion des déchets urbains, ou encore des énergies renouvelables constituent autant de sujets de préoccupation pour les autorités du pays. « L'énergie et la croissance verte figurent d'ailleurs parmi les thématiques clés en matière de développement et d'investissement du Vietnam », indique Stéphane Gay-Torrente, directrice du salon.

L'opération Vietnam à l'honneur se traduira par l'organisation d'un vaste pavillon officiel, mais aussi d'un second pavillon entièrement dédié à Ho Chi Minh Ville. Des réunions de travail permettront aux professionnels vietnamiens d'échanger avec des experts présents sur le salon dans les domaines de la gestion de projet, du transfert de compétences et de la formation.

Addbike : beaucoup plus qu'un vélo

Fruit de l'imagination d'un cycliste urbain, le produit développé par cette start-up lyonnaise sera distribué dans la France entière dès l'année prochaine.

Addbike, c'est en quelque sorte l'histoire d'un homme qui souhaite, occasionnellement, se déplacer à vélo avec ses deux jeunes enfants, mais qui ne trouve pas l'outil qui lui permettra de le faire en toute sécurité. Confronté à ce défi, Renaud Colin, jusque-là chef de projet R&D sur les énergies renouvelables, a décidé de quitter le monde du salariat pour créer sa propre entreprise. Baptisée Addbike, elle est née en mars 2015 et affiche, dix-huit mois plus tard, de réelles ambitions de développement dans tout l'Hexagone.
Soutenu par l'Ademe, dans le cadre du programme Addicyclette, et avec le concours de son associé Christophe Defaix, l'initiateur du projet a mis en test cette année les 50 premiers Addbike, en condition réelle, auprès d'une dizaine de partenaires (associations, entreprises…), à Lyon, Grenoble et Chambéry. « Addbike est une solution modulable. C'est un châssis avec deux roues, qui vient remplacer la roue avant de n'importe quel vélo et sur lequel on peut adapter différents types de modules, en fonction de l'usage : transporter des enfants, des objets, utilisation personnelle, utilisation professionnelle », explique-t-il.
Conçu avec le concours de l'Insa Lyon, le premier modèle Addbike a été industrialisé par Iméca, une filiale de Michelin installée à Montagny, au sud ouest de Lyon. Il devrait évoluer dans les prochains mois. Cette première étape de test, qui durera jusqu'au mois d'avril 2017, a une triple vocation : permettre l'amélioration technique du produit, voir s'il est adapté à son environnement, déterminer si son utilisation permet de réduire la circulation automobile des utilisateurs.
Une fois les résultats connus, Addbike affinera ses premiers modèles avant de les commercialiser à partir de juillet 2017, sur son site internet et à travers un réseau de revendeurs. D'ores et déjà, une cinquantaine de distributeurs installés dans toute la France se sont manifestés, indiquant qu'ils souhaitaient proposer le modèle développé par Addbike. « Dès 2018 nous comptons attaquer les pays d'Europe du Nord », ajoute enfin Renaud Colin, rappelant au passage que les vélos absorbent 40 % des transports urbains dans une ville comme Copenhague, contre 5 % en moyenne dans les villes françaises.


Vélogik, l'autre gestionnaire des parcs de vélos urbains

Bien qu'elle soit née à Lyon, cette société spécialisée dans la gestion et l'exploitation de services de vélos urbains a dû s'aventurer loin de ses terres pour s'imposer.

Créée en 2008, Vélogik est aujourd'hui le numéro 2 français sur le marché de la gestion et de l'exploitation de services de vélos urbains. Portée par Franck Brédy et Gwendal Carabœuf, ses fondateurs, cette PME lyonnaise emploie une cinquantaine de personnes et réalisera un peu plus de 3 M€ de chiffre d'affaires cette année, contre 1,3 M€ en 2015. « La dynamique est bonne, confirme Franck Brédy. Nous sommes aujourd'hui le gestionnaire et l'exploitants des parcs de vélos urbains de villes comme Grenoble, Clermont-Ferrand, Vienne, Tours ou encore Saint-Quentin en Yvelines. »


Premier axe de développement de l'entreprise, le marché des collectivités n'est pas le seul sur lequel Vélogik s'est positionné. Peu après sa création, la société a proposé ses services au monde de l'entreprise. Et bien que la montée en puissance soit beaucoup plus lente, l'enseigne lyonnaise affiche déjà quelques belles références. « Nous gérons et entretenons les vélos de La Poste dans tout le département du Rhône, ainsi que dans une partie de l'Ain. Nos vélos sont également présents à la CNR et à l'Institut Français du Pétrole », souligne Franck Brédy.


Si les entreprises ne représentent aujourd'hui que 5 % de l'activité de Vélogik, ses fondateurs sont convaincus que les marges de progression sont énormes sur ce marché. « Nous sommes convaincus qu'il est mûr. Nous comptons d'ailleurs profiter des dispositifs qui vont être mis en place pour faciliter la mise en place de parcs vélos dans les entreprises. Elles pourraient en effet bénéficier de réductions d'IS, en dotant leurs salariés de vélos pour assurer leurs déplacements », conclut-il.

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