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Poétique et politique version de la Vie de Galilée, par Claudia Stavisky

Après La Place Royale, de Corneille, fantaisie amoureuse un peu datée, Claudia Stavisky s'empare du monument de Bertold Brecht, La vie de Galilée, avec Philippe Torreton dans le rôle-titre et c'est une belle réussite.
Poétique et politique version de la Vie de Galilée, par Claudia Stavisky

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Créée à la Scala le 10 septembre, la pièce s'est rodée à Toulon, Marseille et Châteauroux avant de s'installer dans le théâtre rouge et or pour deux grosses semaines.

Pour le plus grand plaisir du public qui pourra, à loisir, écouter ce que la directrice du théâtre des Célestins considère comme « le plus grand poème dramatique du XXème siècle », dans une mise en scène épurée qui fait la part belle aux acteurs et aux actrices, Torreton en tête, magistral dans le rôle du vieux savant.

C'est qu'il faut de l'énergie pour incarner, à 9, la quarantaine de personnages qui composent La vie de Galilée. Pièce écrite trois fois par le dramaturge allemand, la première fois en exil au Danemark, elle est remaniée et traduite en anglais pendant son séjour américain avant d'être encore modifiée et augmentée à son retour en Allemagne, elle est comme un reflet des aspirations et des renoncements de l'artiste.

Si Claudia Stavisky a coupé dans le texte (qui dure 4h dans son intégralité), elle a gardé l'essentiel (le spectacle dure tout de même 2h45), celui-ci résonne impeccablement dans le décor de Lili Kendaka, minimaliste et intemporel, qui pourrait être une geôle ou un laboratoire décrépit et peut se transformer avec un brin d'imagination en un arsenal ou un palais des Doges.

Il prend même une dimension prophétique tant le parallèle entre l'aveuglement de l'Église au XVIIème siècle et celui de nos dirigeants d'aujourd'hui est frappant, et la finesse de la metteuse en scène réside aussi dans ce rapprochement qui fait dire à Galilée-Torreton, à la toute fin du spectacle : « Je tiens que le but unique de la science consiste à rendre plus léger le poids de la fatigue de la vie humaine ». on ne saurait mieux dire !

Théâtre des Célestins, jusqu'au 1er décembre, www.theatredescelestins.com

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