AccueilActualitéPlace Vendôme…

Place Vendôme…

.

Actualité Publié le ,

Elle a écrit les dernières lignes du scénario quelque peu rocambolesque de cette semaine d'actualité, épaisse à en juger par ses nombreux rebondissements. Ultime « opposante de l’intérieur », Christiane Taubira n’a pu résister aux objurgations de Manuel Valls, droit dans ses bottes à l’heure de défendre son projet de déchéance de nationalité. « Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir ». La ministre de la Justice a préféré démissionner. Des propos, reportés verbatim, qui témoignent d’un désaccord profond avec un gouvernement marquant au fer rouge le durcissement de sa politique sécuritaire. Le nouveau locataire de la place Vendôme est acquis à cette ligne. Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois à l’Assemblée nationale, rapporteur de la loi sur le renseignement votée au lendemain des attentats de janvier 2015, affiche le profil idoine du promoteur du projet de constitutionalisation de la déchéance de nationalité. Une récompense aussi pour ce fidèle, élu du Finistère.
La Bretagne sous les feux de l’actualité avec le retour en force des agriculteurs, acrimonieux à l’endroit de Stéphane Le Foll et qui déversent leur colère autant que pneus et lisier pour constituer des barrages routiers, allégorie de la frontière érigée dans le dialogue avec le ministre. Ils revendiquent un prix juste pour le fruit de leur travail, en phase avec les coûts de production, exigeant des mesures coercitives pour les distributeurs et les industriels. Mobilisés comme jamais, ils ne comptent pas jouer les seconds rôles dans un court-métrage. Encore moins dans un… navet !
Autres acteurs de la vie économique, les chauffeurs de taxis qui ont monté le ton contre les VTC. Ils attendent beaucoup de la concertation et de la « recherche d’équilibre » promises par le tout récent médiateur, Laurent Grandguillaume. Les réconcilier : une mission impossible pour le député PS, loué pour ses qualités d’écoute et de pondération ? Il devra en tous cas passer la vitesse supérieure avec des propositions d’urgence pour endiguer tout dérapage et ne laisser personne sur le bitume. Un bitume où se retrouvent de plus en plus de pauvres hères, à en croire le dernier rapport sur le logement de la Fondation Abbé Pierre, qui avance le chiffre alarmant de 3,8 millions de personnes mal-logées en France. Rues, trottoirs ou ponts pour refuges, lieux où la société ne protège plus, ils vivent « au bord du monde » pour plagier le réalisateur Claude Drexel.
On l’aura compris, le film de la semaine donne des sueurs froides. Mais sur cet écran noir, la lumière vient directement du septième art. La filière cinématographique se porte bien dans la nouvelle grande région. Dans le cadre des César 2016, on recense treize nominations pour trois long-métrages tournés en Rhône-Alpes Auvergne. Une nomination pour le César du meilleur film pour Fatima, l’opus de Philippe Faucon, tourné en grande partie à Lyon et grâce auquel Soria Zeroual, comédienne non-professionnelle installée à Givors, sera opposée à Catherine Deneuve et Isabelle Huppert pour le César de la meilleure actrice. La Tête haute d’Emmanuelle Bercot, qui a pour écrin le Vercors, et La Vie très privée de monsieur Sim de Michel Leclerc, tourné à Bourg-en-Bresse, à Roanne et dans la Drôme, briguent également quelques statuettes. De quoi braquer les projecteurs sur une actualité plus réjouissante…

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?