AccueilCultureSpectacle vivantPierre-Yves Lenoir, directeur du théâtre des Célestins à Lyon : "La fermeture est incompréhensible"

Pierre-Yves Lenoir, directeur du théâtre des Célestins à Lyon : "La fermeture est incompréhensible"

Pierre-Yves Lenoir co-dirige le théâtre des Célestins avec Claudia Stavisky. Les théâtres n'ont pas rouvert au 15 décembre et sont toujours à cette heure dans l'inconnue, avec une clause de revoyure au 7 janvier qui laisse peu d'espoir.
Pierre-Yves Lenoir, directeur du théâtre des Célestins à Lyon :
© Cédric Rouillat (Théâtre des Célestins)

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Comment vivez-vous ce passage à la nouvelle année ?

"Nous ressentons de l'incompréhension dans les mesures du gouvernement comme s'il voulait contraindre la culture au silence, particulièrement le spectacle vivant. Il est prouvé que les lieux de spectacles ventilés, avec des barrières sanitaires, ne sont pas des lieux de contamination."

Il est à craindre que la clause de revoyure du 7 janvier n'aboutisse pas à la réouverture ?

"S'il n'y pas lieu de reconfinement général, nous demandons à rouvrir nos salles. Même si ce n'est pas pour le 7 janvier, nous espérons bien dans les meilleurs délais."

Au quotidien, cela doit être compliqué de programmer des spectacles, les déprogrammer et les reporter sans cesse ?

"Nous le vivons avec douleur, mais nous essayons de travailler au mieux avec toutes les équipes. Les artistes continuent de créer, nous essayons de montrer les spectacles en plateau aux professionnels pour qu'ils puissent être programmés lors de la saison prochaine.

Les spectacles prennent un retard dramatique, certaines créations sont menacées de ne jamais voir le jour. On souhaite pouvoir reporter les spectacles sur lesquels nous sommes engagés en co-production."

"On peut craindre une baisse de 50 % des recettes de billetterie pour 2021"

Financièrement, la ville vous soutient, mais si cela continue sans spectateurs ni billetterie ?

"Même en cas de reprise rapide, il faudra diminuer la jauge et l'on peut craindre une baisse de 50 % des recettes de billetterie sur 2021, de l'ordre d'un million d'euros de manque à gagner. L'Etat pour l'instant ne nous accompagne pas. Sur 2020, on est à un million d'euros de pertes en billetterie sur 2 à 2,5 millions d'euros environ, soit environ 25% de notre budget.

Jouer, ce n'est pas forcément gagner de l'argent. Annuler des représentations, c'est perdre moins d'argent dans le théâtre subventionné, mais c'est insupportable pour les artistes."

Vous avez un plan de reprise, pensez-vous que les spectateurs vont revenir facilement ?

"Les spectateurs vont revenir. On l'a vu en rouvrant en septembre-octobre, nous étions pleins. Nous jouerons plus longtemps, probablement jusque pendant les vacances d'été. On ne souhaite pas que la saison prochaine soit un copié-collé des spectacles reportés de 2020-2021."

Le théâtre en version numérique c'est moins facile à diffuser que la musique ?

"Les captations sont plus difficiles que pour le son. Il faut des moyens lourds, et onéreux, une simple caméra en fond de salle ne suffit pas, les productions professionnelles pour l'audiovisuel peuvent atteindre 200/300 000€ de budget. Il s'agit de réaliser un vrai film. Une captation de La Vie de Galilée avec Philippe Torreton, a été réalisée, avec 7 caméras, et sera diffusé sur le réseau d'Arte TV. Mais c'est assez exceptionnel."

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