AccueilActualitéPolitiquePierre Oliver (LR) : "Mon rôle, c’est de pointer du doigt les défaillances de la mairie de Lyon"

Pierre Oliver (LR) : "Mon rôle, c’est de pointer du doigt les défaillances de la mairie de Lyon"

Maire LR du 2e arrondissement et désormais chef de file du premier groupe d’opposition à la Ville de Lyon, Pierre Oliver est également propulsé, à 29 ans, "orateur" de la campagne de Valérie Pécresse. Rencontre avec un élu pressé.
Pierre Oliver (LR) : "Mon rôle, c’est de pointer du doigt les défaillances de la mairie de Lyon"
© Julien Verchère - Pierre Oliver, maire du 2e arrondissement de Lyon et élu LR en vue à l'approche de la présidentielle.

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Quel bilan tirez-vous de ces deux premières années en tant que maire d’arrondissement ?

Elles ont été l’occasion de créer une vraie proximité avec les habitants du 2e arrondissement, de gérer les négociations avec la Ville, la Métropole ou la Région pour les investissements à venir, et enfin de trouver des solutions face à des problèmes existants, notamment en matière de sécurité.

A l’image des rodéos, j’assume le choix de les avoir médiatisés. Cela a permis de résoudre le souci, même si nous restons vigilants.

Au-delà de l’action quotidienne, quels projets de long terme portez-vous pour le 2e arrondissement ?

Il en existe un très emblématique sur lequel je travaille avec ma double casquette de conseiller régional, c’est celui de la requalification du musée des Tissus. Un projet à plus de 60 millions d’euros.

La Région a sauvé ce lieu et nous allons en faire, avec Laurent Wauquiez, un musée nouvelle génération qui va mettre en valeur notre histoire, notre passé, tout en se tournant vers les nouveaux usages des musées.

"Garder des familles en centre-ville, c’est l’un des objectifs de mon mandat."

Nous avons également un gros travail mené en commun avec la Ville de Lyon pour rénover les groupes scolaires. On a des points de clivages sur certains sujets, mais des points de convergence sur ces questions.

Cinq établissements ont, ou vont, bénéficier de travaux durant le mandat, à l’image de l’école Michelet, rue Sala. Ce sont des investissements indispensables si l’on veut que les familles – de tous milieux sociaux – puissent continuer à vivre en centre-ville. Garder des familles en centre-ville, c’est l’un des objectifs de mon mandat.

© Julien Verchère / L’école Michelet, au croisement de la rue de la Charité et de la rue Sala, l'un des groupes scolaires concernés par des travaux de rénovation.

Téléphérique urbain : pour Pierre Oliver, "le projet est enterré"

Pour Pierre Oliver, le projet de télécabine devant relier Francheville à Lyon "est enterré". Pour étayer cette affirmation, le maire du 2e arrondissement évoque une réunion publique en date du 2 février en présence de Jean-Charles Kohlhaas, vice-président de la Métropole de Lyon en charge des déplacements.

A en croire Pierre Oliver, "il a été question de tout sauf du téléphérique lors de cette réunion". Et l’élu LR de se glisser dans la brèche : "Quitte à ce que ce projet soit enterré, profitons-en pour lancer celui de métro E."

"Accompagner artisans et commerçants sur le chemin du numérique"

Vous mettez aussi l’accent sur le soutien à l’activité au cœur des quartiers…

En comparaison avec d’autres grandes villes françaises, le centre n’est pas intégralement dédié aux grandes enseignes internationales. On a plusieurs centaines d’artisans, avec des métiers rares, notamment dans le secteur d’Ainay. Le 2e arrondissement a mis en place un grand programme d’accompagnement.

On lance prochainement des formations en lien avec l’iaelyon afin d’aider les artisans à se faire connaitre. On va les former aux métiers du numérique, à la création de sites internet, d’une stratégie sur les réseaux sociaux. C’est là aussi notre rôle de proximité.

© Julien Verchère / Commerce indépendant et artisanat en Presqu'Ile, une priorité pour Pierre Oliver.

Retenir habitants et activités au centre, c’est l’assurance de conserver l’âme de la ville ?

Oui, totalement ! C’est là où nous avons un vrai point de clivage avec les écologistes. Ils ont la volonté de piétonniser à moyen terme une large partie du centre-ville. Or qui dit piétonnisation dit sanctuarisation, et création d’une zone touristique où l’on va exclure à moyen terme les habitants pour les remplacer par des touristes.

C’est un débat qu’on doit avoir : créer cette zone et la définir. Aujourd’hui, on sait qu’elle correspond plus ou moins au Vieux-Lyon. Est-ce-que cette zone a vocation à être étendue sur une partie de la Presqu’Ile, peut-être autour du musée des Beaux-Arts et de la mairie ? Toutes les villes de cette échelle en Europe le font autour des places et des musées les plus centraux.

Préservons l’équilibre qui existe aujourd’hui sur la Presqu'Ile !

Par contre, je ne suis absolument pas convaincu que le reste du périmètre, qu’il s’agisse des rues Edouard-Herriot ou des axes qui mènent jusqu’à Perrache, vaille le coup d’être placé dans un sanctuaire touristique. La Presqu’Ile est vaste, diverse, et c’est une chance. Préservons l’équilibre qui existe aujourd’hui !

"Plus facile de travailler avec la Métropole de Lyon qu’avec la Ville de Lyon"

Vous êtes depuis deux mois le nouveau chef de file de l’opposition à Lyon en présidant le groupe Droite, Centre et indépendants, vos joutes verbales avec les élus écologistes sont régulières sur les réseaux sociaux, quelle posture adoptez-vous pour 2022 et la suite du mandat ?

Nous sommes des pragmatiques. Il existe des sujets sur lesquels nous sommes en mesure de travailler avec la majorité écologiste, qu’il s’agisse du volet scolaire, de végétaliser la Presqu’Ile, ou encore de créer des tiers-lieux. Nous sommes conscients de la réalité environnementale. Réduire la place de la voiture en ville est essentiel, mais ne soyons pas brutaux. N’excluons pas les gens !

Dans le 2e arrondissement, les crédits voirie alloués par la Métropole de Lyon permettent de financer des aménagements appelés « zone de rencontre ». On vient d’en réaliser une rue Simon-Maupin, près de Bellecour. C’est aussi le cas rue Bellecordière, derrière l’Hôtel-Dieu. Ce sont des espaces où les piétons sont prioritaires, peuvent marcher au cœur de la rue, mais où les voitures peuvent quand même circuler au pas.

© Julien Verchère / L'aménagement inauguré récemment rue Simon-Maupin, à deux pas de Bellecour.

"On a réussi à mettre la ZFE au centre du débat public"

Je crois beaucoup à ce modèle, qui permet de trouver un juste équilibre. Ne soyons pas radicaux ni dogmatiques. Je dois dire qu’il est plus facile pour nous de travailler de manière pragmatique avec la Métropole de Lyon qu’avec la Ville de Lyon.

Sur le plan politique, avec Pascal Blache, maire du 6e arrondissement, nous menons un important travail de coordination des décisions, afin de donner une cohérence à notre groupe d’opposition. Mon rôle, avec les élus d’arrondissement, c’est de faire en sorte que nous arrivions en nombre pour pointer du doigt les défaillances et les problèmes de la mairie de Lyon.

C’est ce qu’on a réussi à montrer avec la ZFE, en mettant en avant dans le débat public un sujet essentiel pour la population. Et nous continuerons à mener ce collectivement ce type de combats.

Propos recueillis par Julien Verchère



Orateur de Valérie Pécresse :

"Une chance de pouvoir être au cœur du réacteur d’une campagne présidentielle"

Soutien de la candidate LR dès la primaire à Droite, le maire du 2e arrondissement occupe une place non négligeable au sein de l’organisation de la campagne Pécresse. Pierre Oliver fait partie de la trentaine d’orateurs régionaux choisis pour porter le message de la Droite partout sur le territoire. Une mission qui mêle le discours et l’action.

"L’idée de l’orateur, c’est d’être à la fois un porte-parole mais aussi le référent dans la région pour l’organisation de la campagne au sens large, à l’image des déplacements des personnalités nationales, le pilotage du comité de soutien…", détaille l’élu LR, qui y voit "une chance énorme de pouvoir être au cœur du réacteur d’une campagne présidentielle".

© Compte Twitter Pierre Oliver / Le maire du 2e arrondissement aux côtés de Valérie Pécresse en novembre dernier à Lyon.

Derrière la figure tutélaire d’un Laurent Wauquiez pas candidat à la primaire mais pas étranger à la campagne, l’heure est désormais à labourer le terrain avec plusieurs centaines d’élus locaux en ordre de marche, quand bien même la candidature de Valérie Pécresse patine dans les sondages.

"Pour l’instant en réalité, personne ne monte, personne ne baisse. Tout va se jouer dans les dernières semaines. La campagne ne commencera réellement que lorsque Emmanuel Macron se déclarera candidat", estime l’élu LR, martelant que "Valérie Pécresse est la seule en mesure de pouvoir le battre".

L'engagement d'Alain Mérieux

A Lyon, l’engagement de l’industriel et ex-politique Alain Mérieux comme président du comité de soutien pèse d’un poids certain dans la balance.

Vingt ans après son retrait de la vie politique, Pierre Oliver raconte comment cet ex-proche de Chirac a dit banco pour un ultime tour de piste électoral : "Quand Valérie Pécresse est venue pour la première fois à Lyon pour la primaire, je lui ai proposé de rencontrer Alain Mérieux. Ils se connaissaient déjà depuis l’époque où elle était ministre de l’Enseignement supérieur. La relation s’est nouée ainsi. Plus tard, au moment de trouver un président de comité de soutien on lui a naturellement proposé, et il accepté tout de suite. Une vraie chance car il possède une connaissance fine du territoire, mais aussi du monde de l’entreprise."

De quoi donner une couleur "économique" à la candidature de Valérie Pécresse, sur un champ largement occupé par Emmanuel Macron en tant que Président, et sans doute demain en qualité de candidat ? "La Droite républicaine est un parti de gouvernement. Nous devons être en mesure de parler de tous les thèmes, de sécurité, d’immigration mais aussi de pouvoir d’achat, d’éducation, de questions environnementales."

Un meeting de Valérie Pécresse à Lyon ?

Quant à imaginer que la fin de campagne soit perturbée à Lyon et dans la région par des départs d’élus LR vers le camp Zemmour, Pierre Oliver bat en brèche cette hypothèse. "Il y en aura probalement, mais peu. Ceux qui partent des Républicains, ce sont les mêmes que ceux qui sont partis pour Macron. C’est-à-dire des gens qui ont une forme d’instabilité, opportunistes", coupe l'élu lyonnais.

Pierre Oliver sera aux premières loges du meeting de Valérie Pécresse dimanche au Zénith de Paris. Avant de préparer une possible venue de la candidate LR à Lyon ? "Je pense en effet qu’il y aura un meeting de Valérie Pécresse en fin de campagne à Lyon, même si la date n’est pas encore fixée", lâche le maire du 2e arrondissement.

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