AccueilCultureSpectacle vivantPierre Michon par la voix de Thierry Jolivet à voir au Ateliers

Pierre Michon par la voix de Thierry Jolivet à voir au Ateliers

Artiste associé cette saison au théâtre des Célestins, Thierry Jolivet se fend d'un (presque) seul en scène pour cette Vie de Joseph Roulin qu'il met en scène en compagnie de deux musiciens au théâtre des Ateliers, « prêté » par Joris Mathieu au théâtre des Célestins, en attendant la réouverture de la Célestine en janvier prochain.
Pierre Michon par la voix de Thierry Jolivet à voir au Ateliers
Geoffray Chantelot - La vie de Joseph Roulin, mise en scène et jeu de Thierry Jolivet

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Après l'expérience fracassante de La famille royale, adaptation franchement réussie du roman fleuve et culte d'André Volmann, voici que Thierry Jolivet s'intéresse de nouveau à la littérature avec La vie de Joseph Roulin de Pierre Michon, « peut-être le plus grand écrivain français vivant ».

Ce poème-roman raconte l'histoire de Joseph Roulin, postier de son état et ami de celui qui deviendrait le plus grand peintre de son temps, Vincent Van Gogh. À partir des tableaux que le peintre a réalisé du facteur et de sa famille, l'écrivain imagine l'amitié entre les deux hommes, aux antipodes l'un de l'autre, de leur rencontre à la gloire posthume de l'artiste.

Pour donner à entendre ce texte magnifique, Thierry Jolivet invente un dispositif qui rappelle furieusement les concerts de rock. Trois silhouettes se détachent à contre-jour dans une sorte de boîte recouverte de miroirs, éclairées par des images des toiles du peintre, détails qui se rapprochent et s'éloignent, surimpressions d'images ou toiles entières, dont évidemment celles du facteur Roulin, de son fils et de sa femme, Augustine, mais pas seulement.

1h40 durant, derrière son pied de micro, le comédien metteur en scène récite son texte en tricotant de petits gestes avec sa main disponible.

Il suspend parfois sa parole, comme pour faire résonner cette langue de Pierre Michon qu'il décrit si bien.

« Plus qu'un maître de l'agencement, plus que l'orfèvre ultime de la littérature de langue française, il en est le corps vivant, ardent, bouleversé, le héros littéralement ».

C'est bien ce que cherche à faire éprouver Thierry Jolivet, comme un poème qui termine sa course par la mort de son héros, et nous interroge sur l'artiste et le sens de l'acte artistique.

Théâtre des Ateliers, jusqu'au 20 décembre, www.theatredescelestins.com

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