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" Picasso l'œuvre ultime, hommage à Jacqueline "

La Fondation Pierre Gianadda de Martigny (Suisse) présente actuellement une grande exposition consacrée à l'œuvre ultime de Picasso, en hommage à sa dernière compagne Jacqueline. Une centaine d'œuvres témoignent du travail enthousiaste de l'artiste pendant les vingt dernières années de sa vie.
" Femme nue allongée ", HST, 1955, Musée national Picasso, Paris

CultureExposition Publié le ,

Encore une exposition consacrée à Picasso penserez-vous ? « Picasso l’œuvre ultime, hommage à Jacqueline », présentée actuellement par la Fondation Pierre Gianadda à Martigny, a l’originalité de raconter, avec émotion et clarté, les dernières années créatrices de Picasso.

Elle évoque au-travers d’une centaine d’œuvres majeures, le grand amour du maître pour sa dernière compagne Jacqueline et l’enthousiasme avec lequel il a travaillé pour laisser une œuvre ultime magnifique. Jacqueline a incarné pour lui la beauté parfaite des femmes espagnoles, aussi en multiplia-t-il les images. L’exposition présente des peintures, gravures, linographies, céramiques et sculptures, un ensemble rarement présenté au public car la majorité des œuvres proviennent de collections privées.

En analysant le travail réalisé par Picasso au cours de ses 20 dernières années, nous pouvons regrouper, peut-être un peu arbitrairement, les œuvres en deux séquences. Celles de la première décennie revisitent avec une audace inouïe les grands maîtres du passé (Delacroix, Manet, Poussin, David) et reprennent aussi le thème du peintre face à son modèle. Puis pendant les dix années suivantes, on assiste à un recentrage de l’artiste sur l’exploration du nu, du couple et de l’homme, l’hymne ultime d’un homme vieillissant.

Le parcours de l’exposition, chronologique et thématique, se déroule sur deux niveaux. Tout d’abord le visiteur découvre plusieurs des plus beaux portraits peints ou gravés de Jacqueline : Portrait de Jacqueline au rocking-chair et au foulard noir, 1954 ; Jacqueline en costume turc, 1955 ; deux des quinze versions des Femmes d’Alger, 1955, ainsi que des intérieurs dont Intérieur au transat bleu,1958, pour ne citer que ces quelques œuvres. Sur les murs du couloir d’accès au deuxième niveau de l’exposition, une belle série d’eaux-fortes et d’aquatintes sur le thème du peintre et de son modèle voisine avec des études pour le Déjeuner sur l’herbe peint d’après Manet en 1961-1962.

De nombreuses poteries et sculptures en terre cuite blanche et peinte sont regroupées dans de grandes vitrines à l’étage inférieur (Vase aux trois visages, 1955 ; Tête de femmecouronnée de fleurs, 1954 ; Colombe, 1953). Une magnifique Tête de femme (Jacqueline), 1962, et La Chaise, 1961, en tôle pliée et peinte côtoient deux Musiciens au pastel sur contreplaqué découpé à la scie, 1956. La Célestine (1968), un ensemble de 66 petites plaques de cuivre gravées : eau-forte, aquatinte, grattoir et pointe sèche, montre la grande habileté du maître graveur ! En terminant la visite, nous ne pouvons qu’admirer la puissance des portraits d’homme peints à l’huile par l’artiste juste avant sa mort (Homme à la pipe, 1971 ; Homme au chapeau assis, 1972 ; Le Fumeur, 1971). Enfin de nombreuses photographies dévoilent aux visiteurs l’intimité de la vie du couple.

Picasso a cherché pendant toute sa vie à percer le mystère de la femme qui l’attirait et l’effrayait à la fois ! Inlassablement, il en a décrit les visages et les corps, mais ce fut encore plus fort à la fin de sa vie avec sa dernière muse Jacqueline qui a littéralement envoûté l’homme et l’artiste.

Jusqu’au 20 novembre, Fondation Pierre Gianadda à Martigny (Suisse)

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