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Philippe Sans, président de Lyonbiopôle : "Renforcer l'ancrage régional"

Publié le - - Grand témoin

Philippe Sans, président de Lyonbiopôle : "Renforcer l'ancrage régional"
© Stéphane De Bourgies - Philippe Sans, nouveau président de Lyonbiopôle.

Le nouveau président de Lyonbiopôle, également directeur général délégué de l'Institut Mérieux, évoque les enjeux du pôle de compétitivité. En cette période de pandémie, Philippe Sans souhaite encore mieux démontrer que le pôle lyonnais de la santé est une référence mondiale en matière d'innovation et de recherche.

Pourquoi avoir voulu briguer le poste de président de Lyonbiopôle ?


"Je travaille depuis 1984 chez bioMérieux, qui compte parmi les fondateurs de Lyonbiopôle (Ndlr avec Sanofi Pasteur, Boehringer Ingelheim Animal Health, Becton Dickinson, le CEA et la Fondation Mérieux). J'avais l'envie de mieux m'investir dans cet écosystème de la santé et de l'innovation et faire partager mon expérience, notamment celle de l'international (Ndlr Philippe Sans a présidé l'activité diagnostic de bioMérieux aux États-Unis).

J'ai pris mes fonctions, en succédant à Christophe Cizeron, que je remercie pour son engagement, dans un contexte paradoxal, celui d'une crise, mais qui résonne avec les missions que s'est fixé notre pôle de compétitivité. Celui-ci est devenu une référence mondiale et en pleine crise sanitaire, son rôle apparait fondamental face aux défis de santé publique et au développement des entreprises innovantes en Auvergne-Rhône-Alpes."

"Nous allons renforcer l'axe de collaboration public-privé"

Quel est le bilan de Lyonbiopôle en 2020 ?


"Nous comptons 239 adhérents, dont 200 PME. 31 nouvelles structures sont devenues membres du pôle en 2020. Nous avons pu organiser 70 événements scientifiques, technologiques et économiques qui ont réuni 6 000 participants ainsi que 300 rendez-vous individuels avec nos entreprises adhérentes.

Au total, 66 entreprises ont pu être accompagnées via des événements internationaux et 28 projets de R&D collaboratifs ont été financés (Ndlr soit 328 projets labellisés et financés pour un montant de 1,16 Md€ dont 527 M€ d'aides publiques depuis la création du pôle)."

Quelle est la feuille de route que vous souhaitez poursuivre ?

"Depuis 2005 et la création de Lyonbiopôle, nous soutenons des projets et des entreprises. Nous devons renforcer le développement d'innovations technologiques, de produits et de services pour une médecine personnalisée au bénéfice des patients. Le secteur de la santé a évolué ces der- nières années et concentre aujourd'hui les enjeux des medtech, health tech ou encore biotech.

C'est sur ces trois segments que nous comptons fédérer les acteurs industriels, académiques, hospitaliers et les investisseurs de notre territoire. Nous allons aussi renforcer l'axe de collaboration public-privé. En 2021, nous allons entamer plusieurs actions de promotion dont celle autour de la bioproduction, (autrement dit, la production de médicaments thérapeutiques à base biologique, Ndlr).

© Capture écran Mérieux nutrisciences tv / Nouveau président de Lyonbiopole et directeur général délégué de l'Institut Mérieux, Philippe Sans a été, de 2007 à octobre 2020, CEO de Mérieux NustriSciences.

Le pôle participe au French Bio-production Tour, co-organisé par 10 pôles de compétitivité et clusters afin de présenter les forces et spécificités de chaque territoire. Nous allons aussi renforcer l'ancrage régional du pôle en intensifiant les partenariats stratégiques avec par exemple, le Pôle des Technologies Médicales de Saint-Etienne et le i-Care LAB à Lyon. Il faut chasser en bande, c'est essentiel pour se développer.

Et puis nous allons mener diverses actions avec les CHU de la région Auvergne-Rhone-Alpes et travailler sur les financements des entreprises de la région autour, justement, du capital-risque. Nous allons ainsi mettre en œuvre un programme pour nos jeunes pousses via notre propre accélérateur.

Aujourd'hui en France, il reste difficile de trouver des financements au-delà de 10 M€, c'est insuffisant pour développer par exemple des essais cliniques. Ce dispositif doit permettre d'aller plus vite dans le développement des technologies de la santé. Nous allons aussi poursuivre nos actions autour de la santé publique vétérinaire autour de la notion de "one health" dans le cadre de la lutte contre les maladies infectieuses."

Développer les activités digitales autour du "health care"

Le profil de vos entreprises adhérentes a-t-il évolué ?

"Nous avons maintenu la trajectoire des profils d'entreprise. Nous avons su garder cet ADN tourné vers l'innovation, la R&D et la production. Les PME sont majoritaires, ce sont essentiellement des biotech. Nous enregistrons aussi une augmentation de sociétés adhérentes spécialisées dans les dispositifs médicaux.

Et puis, nous souhaiterions développer les activités digitales autour du "health care" via des entreprises spécialisées dans les mathématiques appliquées à la santé, qu'il s'agisse de modélisation ou de prospection."


Ses dates clés

1981 Diplômé de l'emlyon

1984 Entrée chez bioMérieux

2007 CEO de Mérieux NutriSciences

2020 Président de Lyonbiopole


Du territoire vers l'international

Pourquoi l'ancrage territorial est-il important ?


"L'ADN de la santé est séculaire à Lyon, et l'écosystème créé au fil du temps, est fort. Nous possédons un formidable outil de création de richesse et d'emplois. Et en plus, au niveau politique, tout le monde est prêt à s'engager."

Quelle est la bonne échelle selon vous pour rayonner à l'international ?


"Il faut une région forte, dans une France au sein d'une Europe forte. La réponse doit être européenne."

Quid du financement de la santé et de l'innovation en France ?

"Le constat est partagé par l'ensemble des six pôles français de la santé (Atlanpole Biotherapies, BioValley France, Eurobiomed, Lyon- biopole, Medicen et Clubster NSL) : un effort sur la durée est à faire. En nous regroupant, nous avons pu démontrer la force de notre écosystème (1 300 adhérents, dont 1 000 PME) en recensant plusieurs actions à la fois académiques et industrielles pendant la pandémie : organisation des soins, production de matériel, de dispositifs médicaux, télémédecine, imagerie médicale et partage et protection des données.

Sans oublier les actions de recherche académique et clinique, le développement de tests diagnostic, d'antiviraux, de vaccins et traitements pour lutter contre la Covid-19. Le constat est clair : ce sont les sociétés étrangères qui vaccinent en France. Il y a un vrai problème de financement du capital risque. Il faut se dire que l'on peut perdre de l'argent en investissant.

Aux États-Unis, c'est d'ailleurs plutot bien vu, car l'échec fait partie de la mécanique de financement et plus globalement de la démarche d'entrepreneuriat."

© Dubray photographie / "Il faut une région forte, dans une France au sein d'une Europe forte. La réponse doit être européenne."

Vous citez le modèle américain en matière d'innovation dans la santé. En quoi est-il pertinent ?

"La puissance financière dégagée pour le secteur de la recherche et l'innovation couvre le risque financier et permet aux industries d'offrir une réponse rapide. Des pôles situés en Californie, en Caroline du Nord ou à Boston précisément sont ainsi reconnus pour leurs talents d'innovation.

Moderna, dans ce dernier État, qui a mis au point un vaccin contre la Covid, montre la puissance des biotech américaines. On peut bien sûr avoir une opinion sur la gestion de la crise sanitaire aux États-Unis, mais au final on ne peut que constater les résultats."

Quelle est votre analyse de la gestion de la crise sanitaire ?

"Le concept de santé publique pouvait prêter à sourire dans un premier temps, dicté par des lois régies par le principe de précaution. Cette crise nous rappelle la première des nécessités : la prévention auprès des patients, ce qui implique des outils de diagnostics pertinents."

Entre nous...

Son style de management... Très pragmatique et orienté par l'efficacité des actions

Ses lectures... Les livres sur l'histoire de la politique contemporaine

Son lieu ressource... La montagne

Ses inspirations... Alain Mérieux qui reste une référence après 35 ans de travail passés à ses côtés




Julien THIBERT
Journaliste

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