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Philippe Guerand : « Une nouvelle offre de services à valeur ajoutée pour les CCI »

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Philippe Guerand : « Une nouvelle offre de services à valeur ajoutée pour les CCI »
© Céline Vautey - Philippe Guerand, président de la CCIR Auvergne-Rhône-Alpes

La signature récente de la convention d'objectifs et de moyens 2019-2021 signée entre la CCIR Auvergne-Rhône-Alpes et l'Etat témoigne d'une transformation du réseau consulaire dans un contexte de baisse des ressources fiscales. Son président Philippe Guerand évoque « une réinvention » d'un réseau séculaire.

Quels sont les éléments à retenir de cette convention ?

La Convention d'objectifs et de moyens que nous venons de signer avec l'Etat et CCI France fixe le cap de notre transformation. Elle va permettre au réseau des CCI d'Auvergne-Rhône-Alpes d'être encore plus performant au service des entreprises, des territoires, et des individus, tout en se dotant d'un nouveau modèle économique. Le calibrage du réseau consulaire reste un calibrage de proximité. Nous continuons à être le premier réseau d'Etat de proximité dans le domaine économique. Cette convention prévoit un recentrage de nos actions à travers 5 domaines d'intervention: l'entrepreneuriat (aide aux porteurs de projets et transmission d'entreprise), l'accompagnement aux mutations des entreprises (digital, transition écologique, gestion des compétences RH), l'international (avec la création de la Team France Export), l'appui aux territoires et la représentation des entreprises. C'est désormais sur ces cinq domaines que seront fléchés le financement en tout ou partie par la ressource fiscale. Pour autant, nos autres activités (Formation et équipements gérés) restent importantes, surtout la Formation qui est le levier de croissance majeur pour l'équilibre de notre nouveau modèle économique.

Ce recentrage induit forcément une certaine perte en ligne de vos actions ?

Ce n'est pas ce recentrage qui provoque de la perte en ligne de nos actions mais bien la baisse de nos budgets. Au sein même des 5 domaines privilégiés cités, nous allons proposer une nouvelle offre de services à valeur ajoutée. Nous travaillons au plan régional à passer de 2000 à 100 produits d'accompagnement d'ici la fin de l'année. Notre offre de services sera plus lisible, plus simple et plus accessible, afin de mieux servir les TPE-PME et les collectivités.

Quel est l'impact financier lié à cette baisse des ressources fiscales ?

A l'échelon national nous sommes passés de 1,3 Md€ à 800 M€, entre 2015 et 2018, avec une projection à 400 M€ de budget en 2022. Nous allons donc perdre 100 M€ par an de recette fiscale. Au bout du compte, entre 2015 et 2022 nous aurons perdu 75% de nos ressources fiscales.

Quelles seront les conséquences sur les emplois au sein de votre réseau consulaire ?

Il y aura forcément des conséquences. Mais nous travaillons pour supprimer le moins de postes possibles. Nous avons dû déjà acter à la dernière assemblée générale la suppression de 15 postes au sein de la CCIR Auvergne Rhône-Alpes.

Vous évoquez à la fois une réinvention des CCI et le maintien de votre mission d'intérêt général. L'exercice n'est-il pas difficile ?

C'est un sujet complexe effectivement parce que nous restons appareil d'Etat au regard de la loi pour mettre en œuvre les politiques publiques et en même temps, l'Etat baisse nos budgets. Il faut donc se transformer et enclencher le levier de la facturation. Le défi est immense. Il est donc nécessaire de nous réformer dans le nombre d'actions, faire plus simple et plus lisible en trouvant de nouvelles des ressources financières. Certaines prestations de base resteront gratuites au regard de cette mission d'intérêt général. Ensuite, les offres à plus forte valeur ajoutée seront payantes. Nous devrons faire preuve de discernement pour ne pas entrer en concurrence avec nos mandants que sont la Cpme et le Medef et les entreprises qui sont nos ressortissantes.

Les centres de formation et les équipements gérés (Aéroports, port, écoles, parc d'exposition …) sont aussi concernés par cette recherche d'optimisation ?

Les 5 missions prioritaires vont pouvoir continuer à percevoir de la taxe. En revanche, les centres de formation et les équipements gérés seront exclus de la taxe à partir du début 2021, et devront trouver leur équilibre, économique et financier, grâce à une nouvelle dynamique commerciale. Nous allons entamer une réflexion avec les 13 CCI pour organiser une nouvelle structuration autour des centres de formation pour qu'ils puissent être conservés. Nous réfléchissons à la mise en commun d'un certain nombre de moyens au sein d'un centre de ressources régional partagé (C2RP) afin de faire des économies et d'être plus efficaces. Ce mouvement doit nous permettre de baisser les coûts de fonctionnement et d'augmenter notre chiffre d'affaires, car les grands donneurs d'ordre nous demandent d'avoir une offre régionale de formation. Les équipements gérés par le réseau des CCI devront également générer du profit.

Quel le message principal que vous souhaitez faire passer ?

Nous entrons dans un monde où nous devons nous transformer. C'est un défi pour notre institution mais qui peut s'appuyer sur des chefs d'entreprises qui ont l'habitude de se réinventer. Cette transformation doit se faire au bénéfice des entreprises et des territoires. Nous travaillons en collaboration avec les collectivités, dont la Région, partenaire privilégié de la CCI de région, et notre action s'inscrit dans le cadre du Schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII). Dans les territoires, les CCI travaillent aussi en lien étroit avec les métropoles et les EPCI. Toutes nos actions dorénavant seront évaluées, c'est une nouveauté. Autrement dit, nous allons devoir rendre des comptes à nos mandants, à l'Etat, au regard des objectifs fixés.

Vous êtes plutôt donc dans une démarche offensive malgré un contexte financier en berne ?

Totalement. Nous sommes dans la construction d'un nouveau modèle et pas dans le rabotage de l'ancien. Ce nouveau modèle, nous le construisons tous ensemble, avec les 13 CCI du territoire, grâce à une vraie qualité de dialogue qui fait notre force en Auvergne-Rhône-Alpes.




Julien THIBERT
Journaliste

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