Philippe égalité ?

L'égalité professionnelle femmes/hommes. Sujet prégnant, diablement actuel. Dévoilé cette semaine, le gouvernement ne comprend pas de ministère des Droits des femmes de plein exercice comme le président Macron s'y était engagé.

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Une déception pour beaucoup, qu’il convient cependant de modérer puisque parmi les 22 personnalités qui composent le gouvernement Philippe, à parité parfaite, Marlène Schiappa, trentenaire, occupera le siège de secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes. Mieux que rien, diront les plus sceptiques. Le Haut Conseil à l’Egalité, instance nationale indépendante chargée de la promotion de l’égalité des sexes, espère qu’une « véritable politique, transversale et interministérielle, pourra être menée », avec un budget alloué en phase avec les enjeux.
Outre cette prime analyse, une lecture plus politique de cette liste d’heureux élus permet un décryptage des forces en présence. Promesse du candidat d’En Marche, cette fois réalisée, l’équilibre droite/gauche/centre et société civile a été respecté. Face à cette distribution hétéroclite, les réactions acrimonieuses sont venues de toutes parts. Mélenchon dénonçant un « gouvernement de droite », alors que Les Républicains, secoués par l’arrivée d’Edouard Philippe à Matignon, étaient finalement soulagés de n’avoir pas assisté à un exode plus massif. A l’aune des attributions de postes, force est d’admettre que des disparités de traitement existent. La droite (Le Maire et Darmanin) s’arroge le pan de l’économie ; la gauche, plutôt les territoires ; alors que le Modem décroche de beaux portefeuilles, dont les très régaliens ministères de la Justice (Bayrou) et de l’Armée, aux mains de l’eurodéputée Sylvie Goulard, juriste de formation, autre caution du nouveau président dans son désir de défendre l’Europe.
La plus belle prise ? Assurément, Nicolas Hulot, longtemps réfractaire à la fonction comme en attestent ces refus successifs sous l’ère Sarkozy puis celle de Hollande. L’ancien animateur s’installe au ministère de la Transition écologique et solidaire, dont il a lui-même choisi l’intitulé. Au regard des dossiers brûlants présents sur son bureau, certains spéculent sur sa pérennité boulevard Saint-Germain. A l’instar du développement éponyme, sa présence au gouvernement sera-t-elle durable ?
Enfin, fait majeur, Gérard Collomb, soutien de la première heure du leader d’En Marche, obtient l’Intérieur et devient le numéro 2 du gouvernement. Vieux routier de la gauche, l’édile lyonnais ne pouvait décliner cette proposition capiteuse, couronnement d’une carrière politique débutée véritablement avec son entrée au conseil municipal de Lyon en 1977, année de naissance d’Emmanuel Macron. Place Beauvau, du lourd l’attend avec la lutte contre le terrorisme et le défi de la sécurité. En tout cas, cette « promotion » redistribue les cartes dans la capitale des Gaules où les appétits s’aiguisent pour prendre la tête de la Ville et la Métropole. En plein festival de Cannes, il est trop tôt pour connaître ceux qui, localement, crèveront l’écran et décrocheront la palme…

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