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Paul Klee l'indépendant !

Paul Klee l'indépendant !
© : DR - Insula dulcamara,1938 Huile et couleur à la colle sur papier journal sur toile de jute. 88x176cm Zentrum Paul Klee, Bern

CultureExposition Publié le ,

Au cours d’un séjour en Italie en 1901, Paul Klee découvre la grandeur de la culture antique. Il s’interroge sur la position délicate de l’artiste qui doit l’imiter pour transmettre cet idéal classique qu’il juge dépassé ! Après ce constat, le peintre choisit la satire pour commenter le monde qui l’entoure, en privilégiant le mode graphique. L’exposition, actuellement à l’affiche du Centre Pompidou, réunit plus de 250 œuvres. Son parcours clair s’organise autour de sept sections thématiques qui illustrent chronologiquement les étapes créatrices de l’artiste.


D’emblée, on note le nombre important de petits dessins qu’il faut regarder avec attention afin de déceler leur ironie mordante et apprécier leur graphisme précis et élégant (Couple mauvais genre, 1905). Un peu plus loin quelques petites peintures sous verre et quatre sculptures en plâtre témoignent des recherches expérimentales de l’artiste. Dans la salle suivante une série d’aquarelles peintes à Tunis en 1911 (Saint Germain près de Tunis - Graphique joyeux) s’inspirent du vocabulaire cubiste, mais Klee ironise sur le principe de la décomposition des figures qu’il juge sans intérêt (Le triangle mauve, 1914 – Le Niesen, 1915). Après la guerre, le style de ses dessins évolue avec l’utilisation du décalque qui diffuse les contours de ses motifs (Angelus novus, 1920). Ni hommes ni machines, les figures présentées un peu plus loin, évoquent des automates ou des marionnettes (1925).


Quelques années plus tard, Klee se rapproche des dadaïstes qu’il côtoie en Allemagne pendant ses études au Bauhaus. Ses œuvres, dites « constructivistes », lui permettent de trouver un équilibre entre son approche intuitive des choses et les dogmes contemporains (Chemin principal et chemins secondaires, 1927). Lors d’un passage à Paris, Klee est interpelé par le « surréalisme » de Picasso qu’il admire sans toutefois apprécier ses portraits déconstruits (Jeune fille affamée). Le parcours de l’exposition s’achève avec les dernières œuvres de l’artiste qui traduisent son angoisse face à la montée du nazisme (Enfants charges, 1930). Dès 1935 la maladie oblige Paul Klee à simplifier son écriture graphique. Il peint alors de grandes toiles dont les fonds colorés sont couverts d’étranges signes noirs : « Insula dulcamara », 1938 et « Détresse causée par l’aridité », 1940, son ultime peinture.

Centre Pompidou, jusqu’au 1er Août

« Angelus novus » 1920

La plus énigmatique des œuvres de Paul Klee est réalisée au décalque à l’huile et aquarelle sur papier sur carton. Cette petite peinture étrange et mystérieuse est présentée dans la séquence « Théâtre mécanique ».


Un ange stylisé dessiné à l’encre, a des pieds en forme de pattes. Il paraît effrayé par ce qu’il regarde avec de grands yeux écarquillés. Sa bouche est ouverte comme pour parler et ses ailes déployées ont des extrémités évoquant des mains. Son visage enfantin à l’expression mi tragique mi comique, semble se tourner vers le passé comme s’il voulait réveiller les morts et rétablir ce qui a disparu.


L’ange lutte de ses ailes contre une tempête invisible qui le pousse malgré lui vers un avenir qu’il rejette. « Cette tempête est ce que nous appelons le progrès ». Les couleurs utilisées le plus souvent par Klee sont vives mais ici sa palette est neutre, rehaussée seulement par quelques petites touches, de jaune et de rose, qui soulignent les détails

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