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Patrimoine - Le CHRD à mi-parcours

Le CHRD a fermé ses portes à l’issue des journées européennes du patrimoine et le concert mémorable de Samara-balouf dans la cour de l’espace Berthelot.

ActualitéSociété Publié le ,

Après quelques jours de transition et le départ d’une partie de l’équipe redéployée temporairement vers d’autres établissements de la Ville de Lyon, les travaux ont débuté.
La première phase de démontage des pièces et décors de l’ancienne exposition a été prise en charge par l’équipe technique du CHRD. Les travaux de démolition lui ont succédé à partir du mois de décembre : les murs et plafonds de plâtre, édifiés en 1992, ont été entièrement démolis pour redonner toute sa dimension au bâti d’origine. La phase de démolition s’est achevée début janvier.
Depuis juin 2011, la scénographe Clarisse Garcia, retenue à l’issue d’un appel d’offres, travaille en concertation avec l’équipe du musée et les services de la Ville de Lyon à l’écriture du nouveau scénario de l’exposition permanente. Cette écriture spécifique prend en compte tout à la fois le programme scientifique défini par la directrice-commissaire d’exposition, mais aussi les contraintes et le potentiel de l’espace dévolu à celle-ci. La scénographie initiale, inscrite dans une aile du bâtiment, masquait entièrement la configuration de la salle. Issus du monde du théâtre, les concepteurs avaient créé, à grand renfort de décors en plâtre et faux plafonds, un univers volontairement sombre et oppressant, faisant de leur scénographie un élément à part entière du discours délivré au public. Objets et collections étaient absents de cet espace riche en émotion, dont l’effi cacité n’a cependant jamais été démentie.

Un parcours en cinq parties

Valoriser les collections du musée, rendre compte des avancées de la recherche historique, révéler les spécificités de Lyon pendant la guerre et évoquer l’histoire du bâtiment sont les principales orientations de la nouvelle exposition. Ainsi, objets, photographies et documents d’archives seront placés au coeur du nouveau dispositif.
On distingue cinq parties dans le parcours en construction : une présentation de l’histoire du bâtiment depuis son édifi cation à la fin du XIXe siècle jusqu’à sa réhabilitation en musée en 1992 ; un espace dédié à l’historien Marc Bloch, résistant à Lyon, autour d’une évocation de sa table de travail, invitant le visiteur à mieux appréhender le métier d’historien ; le coeur de l’exposition constitué d’une approche chronothématique organisée autour des parties suivantes : « Une ville en guerre », « Vers l’unification », « La lutte armée », « Le danger », « La déportation des résistants », « La persécution et la déportation des juifs » ; un espace de reconstitution avec la maison du résistant et son imprimerie clandestine évoquées à l’échelle 1 ; un espace de médiation incomparable pour initier une discussion sur la vie quotidienne pendant la guerre. C’est la seule partie de l’ancienne exposition qui demeure inchangée. Enfin, un diaporama, en toute fin de partie, sera consacré à la libération de Lyon.

Une exposition passée au crible

Pour la première fois de son histoire, les collections du musée seront valorisées à travers un parcours de 300 m2 principalement centré sur la découverte des particularités de la Résistance dans le contexte urbain de la ville de Lyon. Les collections à ce jour sélectionnées ont, pour la plupart d’entre elles, été analysées dans le cadre de différentes campagnes de récolement menées depuis 2009. L’état général de ces objets et documents, qui tous datent du second quart du XXe siècle ou de la période de la guerre, peut être jugé satisfaisant. A quelques exceptions près, seuls des altérations d’usage, un encrassement et des écueils dans le marquage sont notables.
L’équipe en charge de la conservation des collections a cependant fait le choix de soumettre à l’appréciation de restaurateurs l’ensemble des pièces qui seront sélectionnées dans l’exposition. L’objectif est de disposer d’un cahier des charges permettant au musée de définir le programme de restauration des objets de la future exposition et de donner des préconisations et des suggestions de présentation au scénographe en charge du projet.
Deux restauratrices ont été retenues pour cette mission : Isabelle Boiché, consultante en conservation préventive, spécialisée dans le domaine de l’ethnographie, et Isabelle Lambert, spécialisée dans le domaine des arts graphiques, qui a récemment restauré pour le CHRD les planches de dessins d’enfants d’Alger présentées dans l’exposition « Traits résistants, la Résistance en bande dessinée ». Parallèlement, l’équipe en charge des collections s’occupera du nettoyage et du dépoussiérage des objets.
Les restauratrices peuvent aussi alerter le CHRD sur les dangers de présentation, dans le cadre d’une exposition longue durée, d’un certain nombre de documents. La scénographe de l’exposition prendra en compte la spécificité de chacune des oeuvres et chacun des objets ou documents exposés pour proposer des solutions adaptées. Quant au public, il pourra donc redécouvrir le CHRD dans sa nouvelle configuration dès l’automne prochain, période prévue pour sa réouverture.

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