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Passage en force

Les torpeurs de l'été n'annihileront jamais la douleur inhérente aux drames collectifs qui frappent, à intervalles tristement réguliers, notre pays.

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L’attentat de Nice, en pleine liesse de la Fête nationale, démontre la cruauté des terroristes, dont les éléments isolés sont par définition incontrôlables et difficilement identifiables. Au volant de son 19 tonnes, le chauffeur du camion a forcé le passage, s’engouffrant sur la Promenade des Anglais, bondée. Le bilan humain est terrible. S’ajoutant à la longue liste des tragédies, la catastrophe niçoise a, ex abrupto, fait rejaillir les dissensions au sein d’une classe politique pas unanime lorsqu’il s’agit de répondre à de tels actes. Président de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015, Georges Fenech a fustigé le laxisme gouvernemental et appelé à « sortir du défaitisme ». Le député Les Républicains du Rhône, auteur d’un rapport pour l’heure peu audible, espère des mesures drastiques et célères : la réorganisation totale des services de sécurité, la création d’une Agence nationale de lutte contre le terrorisme, le réveil du renseignement pénitentiaire… Et l’élu de la 11e circonscription de prôner un « Guantanamo à la française ».
Mais de ces moments de larmes, émerge, davantage ancré, un irénisme aux forts accents d’humanisme. Un irénisme culturel, économique… Mais pas social à en juger par le nouveau passage en force du Premier ministre, prompt à dégainer, pour la troisième fois, le 49.3 pour la loi Travail.
Dans une société innervée de particularismes et d’intérêts individuels, il apparaît plus que jamais salutaire de ne pas se focaliser sur ce qui éloigne. Préférable en effet de valoriser ce qui unit. Mettre en lumière les initiatives collégiales, les actions communes, le faire ensemble. A l’aune de la mise en place de la chambre régionale de métiers et de l’artisanat Auvergne-Rhône-Alpes, on constate que tous les protagonistes y trouvent leur compte. Le président de la nouvelle structure, Alain Berlioz-Curlet, qui n’a pas nié les inquiétudes originelles, essentiellement côté auvergnat, d’une mise sous tutelle par la dynamique entité rhônalpine (environ 130 000 entreprises artisanales sur le ressort contre 25 000 en Auvergne), a salué le travail collectif et les échanges féconds qui ont abouti à un respect des équilibres territoriaux et à une véritable représentativité des divers métiers. Du sur-mesure, du cousu main, en bonne intelligence. Bien loin donc d’un passage en force !

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