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Ouvrir ses bureaux le soir et le week-end : des entreprises lyonnaises s'engagent pour les personnes en précarité

Plutôt que de laisser sommeiller des milliers de mètres carrés de bureaux en dehors des heures de travail, les Bureaux du Cœur mettent en relation à Lyon des entreprises hôtes avec des personnes en grande précarité pour un accueil de quelques mois.
Ouvrir ses bureaux à des personnes en précarité à Lyon. Hugues Humblot, référent Bureaux du Cœur, Grâce-Martine, invitée de KPMG, et Laurie Armand, assistante sociale de l’association Médialys.
© DR - Ouvrir ses bureaux à des personnes en précarité à Lyon. Hugues Humblot, référent Bureaux du Cœur, Grâce-Martine, invitée de KPMG, et Laurie Armand, assistante sociale de l’association Médialys.

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L’idée est simple et arrive à Lyon : utiliser des bureaux vides le soir et le week-end pour héberger des personnes précaires.

Née en 2020 à l’initiative de chefs d’entreprise du Centre des Jeunes Dirigeants de Nantes, l’association les Bureaux du Cœur a essaimé partout en France grâce à 80 bénévoles et agit aujourd’hui dans une vingtaine de villes, dont Lyon depuis avril 2021.

"La métropole lyonnaise compte plus de 3 millions de m2 de bureaux qui restent souvent chauffés ou climatisés la nuit et le week-end et en même temps 20 000 personnes dorment dans la rue", explique Solène Marsollier, déléguée de la métropole de Lyon.

Les Bureaux du Coeur font le lien avec les entreprises

Les Bureaux du Cœur font donc le lien entre des entreprises prêtes à ouvrir leurs bureaux et des personnes en difficulté leur offrir un abri.

"Nous travaillons avec une dizaine d’associations partenaires comme Notre-Dame des Sans-Abris, l’Armée du Salut, Au Tambour… pour identifier des étudiants en situation de pauvreté, des femmes ayant subi des violences conjugales, des personnes étrangères en attente d’une carte de séjour. Notre objectif est d’assurer leur rebond plutôt que leur plongeon en enlevant la problématique du logement pour leur permettre de se concentrer sur leur projet de réinsertion", fait savoir Solène Marsollier.

Sept entreprises prêtes à ouvrir leurs bureaux à Lyon

Pour cadrer la relation entre l’entreprise hôte et l’invité, un contrat de 3 mois renouvelable une fois est signé et établit quelques règles.

"L’entreprise doit pouvoir mettre à disposition un lit pliant dans un bureau ou une salle de réunion, des toilettes et une douche, et un espace avec frigo et micro-ondes. L’invité est une personne seule, majeure, sans problème d’addiction ni d’hygiène, et sans suivi médical lourd. Pour instaurer la confiance, une rencontre a lieu en amont entre l’hôte et l’invité", détaille la déléguée locale qui souligne aussi la nécessité d’avoir l’accord du propriétaire des bâtiments si l’entreprise est locataire et la validation de l’assureur.

En région lyonnaise, huit invités ont déjà été accueillis ou sont en cours d’accueil dans les sept entreprises hôtes qui ont rejoint le mouvement : MFresh, Sipi&Co, AIA Architectes, Omnium, KPMG, Demathieu Bard Bâtiment Sud-Est, Politeia. "Au niveau national, 60 entreprises hôtes ont déjà hébergé 110 invités", indique Solène Marsollier.

A Lyon Vaise, KPMG ouvre ses bureaux

"Le principe est formidable et de bon sens. En tant qu’entreprise à mission, ce projet entre parfaitement dans notre champ d’actions et a reçu l’adhésion globale des équipes. Nous avons juste eu à lever quelques freins liés à la confidentialité et à la protection des données", témoigne Laurent Coynel, associé KPMG.

Le cabinet d’audit et d’expertise-comptable KMPG accueille donc une jeune femme dans ses locaux à Vaise depuis mi-juillet. "Grâce-Martine a accès à l’entrée, aux toilettes-douche, à la cafétéria, à la terrasse et à la pièce où nous stockons les colis a été équipée d’un lit. Les autres espaces restent sécurisés avec notre système d’alarme", partage Laurent Coynel.

J’ai entendu parler du dispositif alors que j’achetais des nouveaux bureaux"

Depuis mi-avril, Mohamed est lui hébergé chez la société d’import de fleurs coupées et de plantes MFresh. "J’ai entendu parler du dispositif alors que j’étais en train d’acheter des nouveaux bureaux. Nous avons donc fait en sorte que l’aménagement soit adapté. Le seul frein a concerné notre assurance car nous avons dû changer de compagnie", relate le dirigeant Stéphane Maurice.

Grâce-Martine comme Mohamed se montrent très discrets en arrivant tard et en repartant tôt. Un choix que respectent Laurent Coynel et Stéphane Maurice qui se disent toutefois prêts à aider davantage les invités. "Parfois, les hôtes parviennent à tisser des liens plus étroits en partageant un café le matin avec leur invité ou en faisant jouer leur réseau pour leur permettre de décrocher un emploi", constate Solène Marsollier.

Ouvrir ses bureaux le soir et le week-end, peu de mauvaises expériences

Les mauvaises expériences restent rares même si tout a été prévu. "Un état des lieux est réalisé à la signature du bail gratuit et nous disposons d’un fonds de garantie. Une fois, l’association a pris en charge le remplacement de serrures car l’invité n’avait pas rendu les clés", rapporte la déléguée de la métropole de Lyon.

Elle souligne qu’à l’issue de cet accueil, les invités obtiennent généralement un hébergement pérenne et que ceux sans activité trouvent un emploi. "Ça ne coute pas grand-chose à l’entreprise et ça aide beaucoup", conclut Laurent Coynel.

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