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Orphée à l'aune de Charpentier et de Purcell

Orphée à l'aune de Charpentier et de Purcell
© : DR - Sébestien Daucé

CultureMusique Publié le ,

Opéra en deux actes, vraisemblablement incomplet, La Descente d’Orphée aux enfers de Marc Antoine Charpentier constitue la première incursion de Sébastien Daucé dans le domaine lyrique. Du moins avec son ensemble Correspondance qui cartonne dans le répertoire sacré du XVIIème siècle. Car, ce claveciniste et organiste, intègre régulièrement l’ensemble Pygmalion de Raphaël Pichon. Du moins jusqu’à ces derniers jours puisque l’artiste, associé au Festival d’Ambronay, vient de rendre son tablier pour se consacrer uniquement à la formation qu’il a fondée en 2008 à sa sortie du CNSMD de Lyon. Et quelle meilleure scène, que celle du festival de Beaune, pour faire ses premiers pas. Une vraie reconnaissance pour ce rendez-vous des stars du baroque.

Dans la basilique Sainte-Anne, Sébastien Daucé a proposé un programme très élaboré, tricoté sur mesure pour le festival bourguignon, où il mêle les deux actes de l’opéra de Charpentier avec des extraits d’œuvres de son contemporain Purcell. L’acoustique réverbérante des lieux dessert la finesse des articulations, la palette harmonique, l’équilibre des lignes de chant et les subtilités instrumentales que génère sa direction. Correspondances fait dans la dentelle pour tisser un écrin sonore à un plateau où se détachent l’Orphée de Reinoud Van Mechelen et le Pluton de la jeune basse Nicolas Brooymans.
Mais tout leur talent ne parvient pas à masquer la prestation de Lucile Richardot. Si elle intervient à la marge dans Charpentier, la contralto interprète la plupart des airs empruntés à Purcell. « Je fais un programme sur mesure pour les chanteurs », justifie Sébastien Daucé qui sollicite régulièrement cette voix puissante, chaude, profonde, sensuelle, charnelle qui vous émeut dès la première note. Ce programme tournera dans les prochaines saisons. En attendant vous pourrez retrouvez Correspondances à la Chaise-Dieu (22 août), à Ambronay (18 septembre) et, plus tard dans la saison à la chapelle de la Trinité, pour une série de trois histoires sacrées de Charpentier.

Antonio Mafra

Haendel pastoral

Le caractère élégiaque d’Acis et Galatée compense la médiocrité d’un livret qui explique souvent l’absence à la scène de cet ouvrage de Haendel. Damien Guillon et son Banquet Céleste l’interprètent dans une mise en scène d’Anne-Laure Liégeois, présentée le 20 août, au Théâtre du Puy-en-Velay dans le cadre du festival de La Chaise-Dieu. Mais à Beaune, où le jeune chef clôturait le festival, le Banquet Céleste se présente « à nu », en version de concert, entourant une distribution, réunie spécialement pour ce concert.


Les quatre chanteurs –Katherine Watson, Samuel Boden, Rupert Charlesworth et le très mozartien Andreas Wolf- font partie des pointures du circuit baroque. Voix solides, intonation british irréprochable, ils irriguent cette œuvre où il est question de la jalousie du cyclope Polyphème, amoureux de Galatée et jaloux d’Acis qui finira métamorphosé en fontaine.


Chanteur lui-même –le haute contre breton est régulièrement sollicité par Philippe Herreweghe et autres baroqueux, particulièrement dans le répertoire de Bach- Damien Guillon enveloppe ses interprètes dans écrin sonore aouté, des lignes de chant qui tournent le dos aux « brutalités » rythmiques et surtout une continuité d’une pensée musicale qui restitue le caractère presque agreste d’une œuvre saturée de mélodies séduisantes.

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