AccueilCultureSpectacle vivantOpéra de Genève : Du sang et des notes

Opéra de Genève : Du sang et des notes

La scène lyrique genevoise reprend la production berlinoise de Der Vampyr, opéra méconnu de Marschner, un contemporain de Weber, monté façon gothic.
Opéra de Genève : Du sang et des notes
© Magali Dougados

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Compositeur allemand de la première moitié du19è siècle, Heinrich Marschner a été éclipsé par son Weber, son rival et maitre, et en fin de carrière par Wagner. Il laisse une œuvre lyrique importante –une vingtaine de titres-, méconnue, voire snobée, où se détachent Hans Heiling, son ouvrage le plus connu, et Der Vampyr que l’Opéra de Genève présente dans un spectacle coproduit avec l’Opéra-Comique de Berlin.

Le livret, vaguement inspiré Lord Byron et les mythes exploités par la littérature romantique noire, met en scène un vampire obligé de sacrifier trois vierges pour prolonger sa vie d’une nouvelle année. Il faudra attendre trois bonnes heures pour en connaître le dénouement, du moins dans la version originale. Car, le jeune metteur en scène Antu Romero Nunes ne s’embarrasse pas de détails. Il écourte les dialogues, taille dans le vif, vidant ce singspiel de son essence, pour en faire un spectacle réduit à 1h20, intense, haletant, à couper le souffle.

Du moins si l’on tient le choc devant les images inspirées par l’expressionnisme allemand, le caractère grotesque de certaines scènes et l’écoulement de l’hémoglobine. Pas question de s’ennuyer devant cette (re)découverte portée par un plateau séduisant où se détache Tomas Tomasson dans le rôle Lord Ruthven. Dans la fosse Ira Levin dirige l’orchestre de la Suisse Romande qui découvre cette partition qui n’est pas sans accointances avec le Freischütz de Weber.

A.M .

Opéra de Genève jusqu’au 29 novembre
www.geneve-opera.ch

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?