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Opel : 70 millions de voitures depuis 1899

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Opel : 70 millions de voitures depuis 1899
La 4 P/S de 1909 dite « la voiture du docteur » : première automobile totalement conçue par Opel

Il s'agit d'un patronyme, comme Peugeot, Renault, Ford, Citroën, Bentley, Ferrari, Porsche. A l'œuvre avant 1900, Opel fait partie des pionniers de l'automobile. En 1914, il devint le premier constructeur allemand. Et le resta 15 ans durant.

Longue, la route tracée par Opel, mais singulière avant tout. Le récit imprimé dans le marbre glorifie Adam Opel (1837-1895). Escamotée, ou peu s'en faut, Sophie Opel née Scheller (1840-1913). Habile fils d'un ferronnier de Rüsselsheim (Hesse), Adam créa certes l'entreprise en 1862 à 25 ans. Il venait de réaliser de ses mains une machine à coudre inspirée du modèle qu'il avait vu à Paris.

Dès 1870, les machines à coudre Opel sortent à cadence industrielle. En 1886, Adam introduit une fabrication supplémentaire : les bicyclettes. Il n'ira pas plus loin dans la diversification. La fièvre typhoïde l'emporte en 1895, à 58 ans. La firme compte 1 500 salariés.

Sophie prend les commandes, secondée par ses trois plus grands garçons : Carl, Friedrich et Wilhelm. Agés de 26, 24 et 20 ans, ils pressent « mutter » de voir plus loin que la bicyclette. Sophie cède, passe à la « voiture sans chevaux » (1899). Dans la foulée, elle ajoutera la motocyclette (1901).

Le premier modèle à quatre roues avec moteur relève plus du clonage que de la création. L'usine a mis sur le marché une « Opel Système Lutzmann ». Aveu de fabrication sous licence, avec récidive. Succède à la Lutzmann, en 1902, L'Opel « Système Darracq ».

C'est en 1909 que s'affirmera le constructeur de Rüsselsheim. « Totalement conçue par Opel », la 4 P/S plaît. Compacte, légère et maniable pour l'époque, moderne avec son moteur 4 cylindres, elle met de bonne humeur côté prix : entre 4 000 et 5 000 marks dans une offre automobile à quelque 20 000 marks pièce. Les Allemands qui la regardent passer l'appellent « La voiture du docteur ». Affectueux.

1914 : les 3 335 véhicules réalisés dans l'année propulsent Opel au premier rang des constructeurs d'outre-Rhin. 1928 : toujours numéro 1 allemand avec 42 771 véhicules fabriqués à la chaîne, Opel emploie 8 000 salariés. Une sorte d'apogée. Et aussitôt la grande dépression.

En 1929, General Motors détient 80 % du capital. En raflant l'année suivante les 20 % restant, le géant de Detroit intègre Opel à la galaxie de ses marques (Chevrolet, Pontiac, Oldsmobile, Buick, Cadillac, Vauxhall) et ajoute à ses actifs la plus grande usine d'automobiles d'Allemagne.

Rüsselsheim ne cessera pas pour autant de concevoir des voitures typiquement européennes. La Kadett de 1937, première Opel à carrosserie autoporteuse, roues avant indépendantes et freins hydrauliques, donnera même des idées à Louis Renault. A la sortie de la Juvaquatre, en 1938, Billancourt essuie une condamnation pour plagiat.

Dans la seconde moitié du XXe siècle et après 2000, prennent la route des Opel marquantes. Les unes, par leur style, obligent à se retourner sur elles : break Ascona Voyage (1970), coupé Monza (1978), Tigra TwinTop (2004). Les autres allument l'asphalte : Ascona 400, la voiture de Walter Röhrl champion du monde des rallyes 1982, Calibra (1990), Astra OPC X-Treme (2001), Speedster Turbo 2003.

En 1999, le Zafira ameute au pluriel. A bord de ce monospace, les fauteuils des 2e et 3e rangs s'escamotent dans le plancher. Système breveté. Dans les premières années 2000, circulèrent en silence - et en démonstration - des Zafira de livraison badgés « Hydrogen3 GM Fuel Cell Technology ».

L'aventure transatlantique aura duré 89 ans. Le 6 mars 2017, bye bye General Motors. Opel (70 millions d'automobiles au compteur) rejoint Peugeot, Citroën et DS dans le groupe PSA. Une autre histoire a commencé.

Des Opel « goût américain »

Bien avant l'exhibition du Zafira à hydrogène, à l'aube de ce siècle, des Opel « goût américain » ont sillonné villes et campagnes. Elles attestaient de l'implication de General Motors dans l'ex-première marque automobile germanique.

Particulièrement éloquents, le roadster Super 6 de 1937 ; la Kapitän de 1938 ; le coupé Rekord P2 de 1960 ; la Diplomat deuxième génération de 1969 ; le cabriolet Cascada 4 places de 2013.

De la Diplomat, le président de GM France à l'époque disait : « C'est mieux qu'une Cadillac ». Pas mécontent de couper le souffle chez l'interlocuteur, il expliquait : « Elle associe moteur V8 et pont de Dion, la Cadillac a gardé son essieu rigide à l'arrière ».

En 1997, Opel osa une limousine goût américain sans filtre. La Catera. Badgée Cadillac, proclamée « Cadillac pour les jeunes », la Cadillac Catera by Opel ne resta pas deux ans au catalogue.




Michel MALHOMME
Journaliste

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