Nuits coquines

L'esprit de Fellini et de la Commedia dell'arte fait chalouper les valses viennoises de Une nuit à Venise de Strauss.
Nuits coquines
© Stofleth

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Chanteurs aguerris au répertoire léger mais exigeant de l'opérette, Lothar Odinius, Evelin Novak, Matthias Klink, Jasmina Sakr Jeffrey Treganza dominent le plateau de Une Nuit à Venise, ouvrage de Johann Strauss mis en scène par Peter Langdal. Avouons-le, l’œuvre n’a pas le mordant de La Chauve-souris. Enfilade d’airs et de mélodies sur des rythmes obstinés de valses, la partition sert un marivaudage sans grand intérêt.

Une fois acceptée l’idée d’oublier les surtitres en allemand du livret, on peut se laisser porter par le charme de cette musique. Pour autant, pas question de s’ennuyer sur le plateau où les costumes années 1950, aux couleurs franches, de Karin Betz évoquent à la fois la commedia dell’arte et les films baroques de Fellini. Lancés dans une course folle aux plaisirs de la chair, les personnages, mais aussi les choristes qui font preuve d’une cohésion remarquable, donnent à Strauss des airs de Broadway.


Si Peter Langdal anime le plateau, Daniel Rustioni met en scène cette musique dont il souligne les contrastes sans jamais forcer le trait ou accélérer inutilement le tempo. Il tient ses troupes avec une énergie communicative qui donne les lettres de noblesse qui manquent à la partition. Le futur chef permanent de l’Opéra contribue à l’atmosphère de fête qui règnait à nouveau sur la scène après l’annulation, suite au mouvement de grève, de la première représentation et d'une deuxième donnée en version de concert.


Opéra de Lyon, jusqu’au 1er janvier
www.opera-lyon.com

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