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Danse / Nuit noire chez Maguy Marin

le - - Spectacle vivant

Danse / Nuit noire chez Maguy Marin
Nocturnes © Christian Ganet

La compagnie Maguy Marin reprend Nocturnes, une pièce créée en 2012 pour la Biennale de la danse et assez peu jouée depuis, à Ramdam, un centre d'art, son lieu d'attache depuis son retour de la ville rose.

C'est la pièce qui clôturait un cycle entamé avec Salves où la chorégraphe réduisait la danse à sa plus simple expression, ne livrant plus au spectateur que des flashs d'images arrachées du néant.

Elle marquait également le retour dans la ville natale, Toulouse, qui n'a duré que trois courtes années. Mais là où dans Salves, Maguy Marin laissait encore passer un peu de lumière, dans Nocturnes, la lumière n'arrive plus que par bribes et par flashs.

Dans Salves, Ulises Alvarez semblait encore tenir et tirer le fil de la vie, dans Nocturnes ne reste plus que les fantômes d'une civilisation. Où peut-être les images qu'on invente lors de rêveries solitaires.

Le dispositif scénique est très simple, un grand tableau noir en fond de scène et deux platines, l'une à cour et l'autre à jardin, celles-là même qui distillent tout au long de la pièce le son de disques rayés (vinyles) que d'aucuns pourront trouver exaspérant...

Dans cet espace nu, les saynètes défilent comme autant de vignettes de la vie quotidienne : une femme descend une poupée folklorique du sommet d'une armoire, deux hommes se saluent dos au mur, deux jeunes filles éclatent de rire, des cailloux sont jetés par terre...

Six interprètes arpentent le plateau inlassablement, même si le public n'en saisit que des éclats, des instants, pendant une heure cinq, donnant à voir subrepticement des instantanés.

Images figées puis recommencées au martèlement de pas qui sourd de la bande-son, qui saisissent l'humanité dans son immédiateté pour disparaître, fugaces, telles des mirages.

Le propos est ici radical, la danse minimale se réduit à une série d'actions, mais toujours Maguy Marin l'engagée reste sur sa ligne de crête, une poésie de la dénonciation d'un monde qui a perdu le sens et se dérègle sous nos yeux... A voir pour ne pas fermer les yeux !

Ramdam, 27 au 29 juin, ramdamcda.org




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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