AccueilServicesNoureddine Lamriri : "Une sorte de fantasme autour du cloud selon lequel rien ne peut arriver"

Noureddine Lamriri : "Une sorte de fantasme autour du cloud selon lequel rien ne peut arriver"

Noureddine Lamriri :
DR - Noureddine Lamriri, vice-président product marketing chez d'Everteam.

EconomieServices Publié le ,

Où en sont aujourd'hui les entreprises françaises par rapport au cloud ?

"Avant la crise du Covid, en France, les entreprises se montraient réticentes à l'idée de stocker leurs données dans le cloud. Elles privilégiaient les solutions on-premise (sur site), afin de maîtriser leur information. A l'inverse, aux Etats-Unis, on préfère, depuis longtemps, alléger la charge des services informatiques en déportant son système d'information auprès d'un prestataire.

Avec l'explosion du big data, basée sur le partage d'information, et de l'intelligence artificielle, les entreprises ont dû commencer à se positionner sur le cloud. Par ailleurs, la maintenance des applications en interne et la pression réglementaire (RGPD) ont alourdi le coût des solutions de gestion de l'information en interne.

Les digues ont fini par céder avec le Covid. Les entreprises n'ont eu d'autre choix que de passer par le cloud pour continuer à travailler à distance. Nous avons assisté à une déferlante vers le cloud."

"L'incendie d'OVH n'est pas un événement surprenant en soi"

Que nous apprend l'incident OVH ?

"L'incendie d'OVH n'est pas un événement surprenant en soi. Ce qui me surprend, c'est que les gens soient surpris ! Il existe une sorte de fantasme autour du cloud selon lequel rien ne peut arriver. Or, les données ne sont pas stockées nulle part, mais bien sur des serveurs. On déplace juste le service, mais avec un plus grand savoir-faire. Le cas OVH nous apprend une chose : il faut faire attention au niveau de sécurité et aux options auxquelles on souscrit lorsque l'on signe un contrat avec un hébergeur. Cet événement va faire jurisprudence."

Quels conseils pouvez-vous donner aux entreprises qui confient leurs données à un hébergeur ?

Il est important qu'elles aient, en interne, des personnes qui possèdent à la fois des compétences techniques, commerciales et juridiques. Les entreprises doivent connaître précisément les termes du contrat auquel elles souscrivent auprès de leur hébergeur, ainsi que le niveau de service.

Elles doivent également bien maîtriser les données qu'elles envoient dans le cloud. D'ailleurs, la plupart conservent leurs données les plus sensibles en interne. Aucune entreprise n'externalise entièrement. Mais dans un premier temps, il faut que les entreprises comprennent leurs données et les trient de façon automatisée. Sinon, en cas, par exemple, de vol de données, elles ne seront même pas en mesure de savoir quels documents ont été dérobés, ce qui peut avoir de graves conséquences.

Quels sont les principaux risques pour une entreprise qui perd ses données ?

Le principal risque est de renvoyer une image d'amateurisme. Le second est l'indisponibilité de l'information, c'est-à-dire de ne pas retrouver ses documents à temps. Ce qui peut être très handicapant en cas, par exemple, de procès ou de litige. Le non-respect du droit à l'oubli et du droit à l'information peut aussi s'avérer problématique.

Gouvernance de l'information L'entreprise Maif (7000 collaborateurs, 3,69 milliards de chiffre d'affaires en 2020) a mis en place une stratégie de gouvernance de l'information. L'objectif : “Maîtriser notre information de bout en bout”, explique Adrian Ciocan, spécialiste des questions de GED (gestion électronique des documents) et d'archivage à la Maif. Pour ces deux domaines, l'assureur s'est doté d'outils Everteam “on-premise” (sur site), car “nos documents renferment beaucoup de données personnelles. Il s'agit de contrats, de déclarations de sinistres… Il y avait trop de risques à aller vers le cloud, juge-t-il. Le cloud n'est pas encore assez mature, notamment sur les questions de sécurité. Il y a, en outre, une décorrélation entre le service affiché et celui proposé.”

La migration vers le cloud commence toutefois doucement, notamment pour les services métiers et la messagerie. “Aujourd'hui, nous avons 5 à 10 % de nos données dans le cloud”, estime Adrian Ciocan. Cette proportion devrait augmenter. Il faut dire que le cloud présente deux avantages majeurs : son coût, moins élevé que les systèmes gérés en interne, et sa capacité à s'adapter aux changements technologiques, toujours plus rapides.

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