AccueilCultureSpectacle vivant"Nobody" du Collectif MxM aux Célestins, glaçant !

"Nobody" du Collectif MxM aux Célestins, glaçant !

Le collectif MxM clôt la saison du théâtre des Célestins avec "Nobody", un montage de textes du dramaturge allemand Falk Richter. Ça déménage !
Simon Gosselin - Nobody du collectif MxM

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Créé en 2013 dans les bureaux du Printemps des Comédiens, puis deux ans plus tard au plateau pour le même Printemps des Comédiens, "Nobody" met en scène Jean Personne, consultant en restructuration d'entreprises chargé d'évaluer, dégraisser, et virer le superflu. Dénonciation féroce du monde de l'entreprise et son aliénation, "Nobody" prend appui sur "Sous la glace" de Falk Richter ainsi que des extraits d'autres textes du metteur en scène et dramaturge allemand pour scruter la société d'aujourd'hui, où tout le monde surveille tout le monde et dont personne ne sortira indemne. Jean Personne va contribuer à sa propre déchéance et à sa propre éviction, perdant totalement pied et mêlant dans son délire vie professionnelle et personnelle, sciant lui-même la branche sur laquelle il est assis.

Le parti-pris du collectif MxM qui a « inventé » un nouveau genre de théâtre, la « performance filmique », colle parfaitement au propos, le rendant encore plus tranchant et glaçant. Le principe est régi par une charte en 7 points (qui défilent au début du spectacle), à l'instar du "Dogme" du réalisateur de cinéma Lars Von Trier, qui oblige à « filmer, monter, étalonner, diffuser l’image en direct », donnant lieu à un éblouissant ballet de cameramen (ils sont deux, mais le public a l'impression d'en voir partout, tellement ils courent sur scène) et un vrai morceau de bravoure des comédiens.

Ça fuse de partout, sur la scène elle-même, au-dessus, là où les images réalisées en direct sont projetées et le spectateur assiste à un horrible thriller sans effusion de sang, mais profusion d'humains dévitalisés, littéralement vidés de leur substance. Un jeu de massacre qui laisse un impression pesante, qui perdure longtemps après la fin de la représentation. Éprouvant, mais ô combien nécessaire ! À ne pas manquer.

Théâtre des Célestins, 13 au 17 juin, www.celestins-lyon.org

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