AccueilServicesNizier Anthelme Philippe : un guérisseur au pays des tsars

Nizier Anthelme Philippe : un guérisseur au pays des tsars

Nizier Anthelme Philippe nait le 25 avril 1849 à Loisieux, petit village savoyard et limitrophe du département de l’Ain.

EconomieServices Publié le ,

A l’âge de quatorze ans, il quitte son village pour aller vivre chez son oncle, établi à Lyon comme boucher. S’il y débute un apprentissage professionnel, l’adolescent nourrit pourtant deux autres passions : celle des études, qu’il mène en parallèle à l’Institut Sainte-Barbe, et celle des livres, qu’il dévore à toute heure du jour et de la nuit. Depuis toujours, sa préférence se porte sur les ouvrages de vulgarisation scientifique (traités de médecine populaire, de santé par les plantes, de chimie élémentaire…), mais aussi et surtout sur les livres traitant de religion et d’occultisme. Ce n’est pas un hasard.

Médecine parallèle

« J’ignore tout de moi, je n’ai jamais compris ni cherché à m’expliquer mon mystère. J’avais six ans à peine et déjà le curé de mon village s’inquiétait de certaines manifestations, dont je n’avais pas conscience », racontera-t-il des années plus tard au journaliste Schewoebel (Mercure de France) lors d’un entretien très privé. Ce don étrange que le petit gars de la Savoie cultive depuis sa tendre enfance, c’est celui de guérir. Un jour que son oncle s’était grièvement blessé d’un coup de hachette, il ébahit son auditoire en « cautérisant » par la prière le doigt partiellement sectionné par la lame. Pour un exploit, c’en est un ! Le bouche à oreille ne tarde pas à agir, poussant Nizier Anthelme à ouvrir, à Lyon, son premier cabinet de « guérisseur spirituel » en 1872. Celui que l’on appelle désormais Maître Philippe ne tarde pas à se forger belle réputation parmi les élites, qui se pressent à son chevet. Parmi elles, deux dames issues de la Cour de Russie qui, enchantées de l’expérience, le présentent au Grand-duc Wladimir, de passage à Lyon.
Une fois de retour en Russie, ce dernier ne tarde pas à y convier le Français, qui s’empresse d’accepter l’invitation. Philippe débarque le 29 Décembre 1900. Il restera environ deux mois au pays des Tsars, gagnant l’estime de tous ceux qui l’approchent et ont le privilège de l’écouter. A la suite de ce premier séjour, les éloges pleuvent sur le guérisseur, soudainement érigé en curiosité nationale. C’est ainsi qu’un an plus tard, une rencontre de prestige est organisée au palais de Compiègne, lorsque le Savoyard est présenté à l’empereur Nicolas II et son épouse, l’impératrice Alexandra. Le coup de foudre est immédiat. Les souverains demandent alors à Philippe de bien vouloir revenir en Russie, où une maison lui sera préparée à Tsarskoï-Sélo, la résidence impériale. Très vite, il gagne un ascendant sans précédent sur le couple royal. L’attraction est telle qu’aucune décision importante n’est alors prise sans qu’il ne soit consulté au préalable. Si d’aucuns prétendent que le guérisseur utilisait alors la nécromancie ou l’hypnose pour parvenir à ses fins, ses fidèles s’insurgent en rétorquant que le Maître était hostile à ces pratiques, n’usant que de la prière et de son don de magnétisme. .../...

Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5099 du samedi 03 mai 2014

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?