AccueilEconomieNavette et conduite autonome : "Navya entre dans une phase d'industrialisation"

Navette et conduite autonome : "Navya entre dans une phase d'industrialisation"

Sophie Desormière a pris les rênes de Navya (10,2 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021, 280 collaborateurs) à un moment clé de son histoire. Le constructeur de navettes et de solutions de conduite autonomes est prêt pour entamer sa phase d’industrialisation.
Navette et conduite autonome : "Navya entre dans une phase d'industrialisation"
© Julien Thibert - Sophie Desormière possède la culture des grands groupes, après des années passées chez Valeo et Solvay.

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Sophie Desormière, en quoi la communication est-elle si importante pour Navya ?

La communication est clé, d’abord parce que Navya est une start-up industrielle, une vraie pépite française. Un statut souvent mal connu et dont on ne perçoit pas forcément la proposition de valeur et la capacité à tisser des partenariats stratégiques, pour faire émerger de nouveaux écosystèmes. Et une pépite ne devient licorne que si elle s’intègre dans un écosystème et s’il y a une structuration de sa chaîne de valeur.

En communiquant, on explique avec qui on s’associe, comment on travaille et quelle est notre feuille de route technologique. C’est aussi un moyen de partager nos informations auprès de la base actionnariale qui nous fait confiance et plus largement auprès de la communauté financière, d’autant plus que nous sommes une entreprise cotée.

"Nous fabriquons la mobilité autonome de demain"

Nous fabriquons la mobilité autonome de demain pour transporter des gens et des biens. Ce n’est pas juste une rupture technologique comme l’a été par exemple le passage aux véhicules électriques, c’est une rupture qui se compare à celle de la conduite dans les voitures avec l’arrivée de la direction assistée. On doit donc communiquer pour que cette évolution soit comprise et acceptée.

Où en est-on du marché de la mobilité autonome et à quel point de maturité en est Navya ?

Navya est en plein passage à l’industrialisation. L’entreprise a connu plusieurs vies après la phase d’innovation avec l’émergence de l’idée, puis de divergence au niveau des champs d’application avec des envies de faire à la fois des robots taxis, et des shuttles. Il s’agit d’étapes normales et saines pour une start-up pour créer les fondations d’une disruption.

Concrètement, aujourd’hui, Navya a toutes les compétences pour fabriquer des navettes et a développé un pack de conduite (Navya Drive, Ndlr) et qui s’intègre dans les véhicules, avec l’architecture associée.

Demain, Navya sera le partenaire de grands constructeurs qui possèdent déjà des bases roulantes électriques et qui veulent intégrer des packs autonomes. Notre business modèle va donc évoluer. Navya ne construira plus de navettes mais, et parce qu’on a su les développer, va développer l’expérience d’ "advanced engineering" pour accompagner les constructeurs, en tant qu’intégrateur.

L’idée est de continuer à servir nos clients dans le monde entier et de passer à des besoins capacitaires de 25 à 30 personnes (contre 15 en moyenne actuellement, Ndlr). Et c’est pourquoi nous travaillons en collaboration avec Bluebus. Il s’agit du développement d’un bus de six mètres de long qui sera entièrement automatisé et sur lequel nous intégrons notre solution de conduite autonome.

Quid de la réglementation en matière de circulation autonome ?

Nous ne nous inscrivons pas sur le marché des robots-taxi à la demande. Nous positionnons nos technologies sur des routes fixes. Nos navettes déroulent un parcours récurrent à chaque trajet, qui peut être néanmoins à la demande dans le sens où elles peuvent s’arrêter selon la demande, mais ne dévient jamais du tracé fixe. Sur ce marché, la réglementation est très claire : nous sommes sur un niveau d’expérimentation de niveau 3 qui intègre des opérateurs de sécurité présents physiquement dans la navette.

Des discussions sont en cours pour ne plus avoir d’opérateurs à bord et des expérimentations sont déjà menées sur routes ouvertes de manière totalement autonome. La réglementation s’accélère mais ça va bouger. (...) La suite de cet article est réservée à nos abonnés.

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