AccueilActualitéMyriam Picot : "La culture représente 2 % du budget de la Métropole de Lyon"

Myriam Picot : "La culture représente 2 % du budget de la Métropole de Lyon"

Vice-présidente déléguée à la Culture, aux grands événements et au patrimoine, Myriam Picot hérite d'un « portefeuille » créé suite à la loi du 27 janvier 2014 qui porte la Métropole sur les fonts baptismaux.
Myriam Picot :
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Myriam Picot brosse les défis à relever dans un contexte de réduction budgétaire sur un domaine où les compétences partagées avec d'autres collectivités exigent de donner du temps au temps.

Que recouvre votre champ d’intervention ?


Avant la Métropole, le Grand Lyon intervenait sur quelques grands événements, comme les biennales et le Festival Lumière. Depuis 2015, nous avons hérité de deux musées, les Confluences et le Musée Gallo-romain, des Nuits de Fourvière, des Journées du Patrimoine, des politiques de lecture publique et d’enseignement artistique dépendant, jusqu’alors du Conseil général, ainsi que des soutiens au spectacle vivant. Cette juxtaposition ne fait pas un projet, encore moins un politique culturelle de la Métropole, identifiée comme telle.


A combien se monte le budget culturel de la Métropole ?

L’ensemble mobilise une enveloppe de 40 M€, 35 % pour les musées, 18 % pour les événements, 16 % pour le patrimoine 14 % pour l’enseignement artistique, 13 % pour la création et la diffusion. 40 M€ représentent un peu moins de 2 % du budget de la Métropole. Cela peut sembler modeste, notamment par rapport aux quelque 20 % investis par la ville de Lyon. Mais, cette somme s’ajoute aux subventions accordées par les municipalités à un secteur sur lequel elles entendent conserver la main. Question d’identité, d’histoire aussi.


Comment articulez-vous l’action culturelle de la Métropole avec celle des communes ?

Je ne crois pas que nous nous dirigions vers une gestion centralisée du dossier culturel, du moins dans un futur proche. Je crois plutôt à une mise en réseau des compétences de manière à générer des économies d’échelle mais aussi et surtout, faire circuler les événements sur l’ensemble de la Métropole. On peut donner l’exemple de la formation artistique où il nous appartiendra de sécuriser les parcours entre les écoles de musique et le conservatoire. Nous devons garantir la même chance à tous quelle que soit la commune d’origine.

La réduction des dotations aura-t-elle des répercussions ?

Naturellement. La culture paiera, elle aussi, son tribut à la crise du financement des collectivités. Celle-ci incitera les communes et la Métropole à coopérer pour partager le coût de la culture. Pour l’instant, nous sommes en phase d’expérimentation. La première étape consiste à construire une politique de lecture publique et d’enseignement artistique. Ces secteurs manquent de visibilité par rapport aux grandes institutions, mais ils touchent un plus grand nombre de citoyens.
Le Musée des Confluences est-il un cadeau empoisonné ?
Non. D’abord parce que ce musée, ouvert en décembre 2014, interpelle les générations présentes. Tous les musées ne peuvent pas en dire autant. Ensuite parce que, à notre grande surprise, son succès alimente les caisses et allège d’autant moins le fardeau du coût de fonctionnement. Dans quelques jours nous allons accueillir le millionième visiteur. Or, au départ les prévisions tablaient sur 500 000 visiteurs par an.
Le format des Nuits de Fourvière changera-t-il ?

Le format a déjà changé ces dernières années avec la multiplication des spectacles « délocalisés » sur d’autres sites. D’autres s’inscriront davantage en résonnance avec les événements organisés par les communes de la Métropole. Mais sur l’essentiel le format restera le même.

Le changement de majorité à la Région impactera-t-il le financement de la culture ?

Le nouveau président a pris fait et cause pour le Musée des tissus. J’espère qu’il joindra le geste à la parole. Quand à la politique culturelle de la Région, attendons le vote du budget.

Quelles sont les échéances qui vous attendent ?

Fin 2016, nous devrions avoir mis en place le schéma relatif à la lecture publique et aux enseignements artistiques. Nous aurons ensuite deux ans, 2017 et 2018, pour élaborer le schéma culturel de la Métropole et revisiter les grands événements et la politique en direction du spectacle vivant. A ce moment-là nous y verrons plus clair. Cela peut sembler long, mais c’est le temps nécessaire pour une compétence qui réunit plusieurs acteurs : commune, Métropole, Région et Etat.

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