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Musée Tony Garnier : le président de l'association du musée sort de son silence

L’emblématique musée du quartier des Etats-Unis à Lyon a fermé pour l’été depuis le 26 juillet. Sa réouverture à la rentrée n’est pourtant pas acquise suite au départ de l’ensemble de l’équipe de musée, révélant une crise profonde de gouvernance. Le président de l'association du musée, Jacques Bonniel, sort de son silence.
Musée Tony Garnier : le président de l'association du musée sort de son silence
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Le musée urbain Tony Garnier rouvrira-t-il à la rentrée 2022 ? Le 26 juillet 2022, l’établissement associatif du 8e arrondissement indiquait fermer ses portes le temps de la saison estivale, sans pour autant donner une date de réouverture. Le départ de 100 % des effectifs de l’équipe du musée rendant incertain son avenir.

"Un vrai gâchis"

Il faut dire que des tensions, il y en a eu depuis plusieurs années. La dernière en date provient de la décision du conseil régional de supprimer sa subvention de 35 000 euros, qu’il consacrait jusqu’alors. Bien que la Région soit revenue en mai, sur sa volonté d’ôter cette enveloppe, la directrice du musée, Catherine Chambon, a décidé de quitter ses fonctions. Dans la foulée, ses deux collaborateurs ont suivi son chemin. Coupe budgétaire, manque de personnel, incompréhension de la politique managériale de la part des administrateurs, ont fortement pesé dans la balance de ces départs massifs.

“Je quitte un établissement en bonne santé financière, qui n’a jamais eu une aussi bonne fréquentation en termes de visites. Nous étions parvenus à redresser la barre. C’est un vrai gâchis humain. Au-delà de l’aspect financier, je dénonce une politique managériale qui n’est plus en adéquation avec le potentiel du musée, ainsi que des pratiques en termes de gestion du personnel qui ne sont pas acceptables, en particulier sur le non-respect du code du travail" explique Catherine Chambon qui a négocié une rupture conventionnelle tandis que ses deux collaborateurs ont démissionné.

Terminant son contrat au 31 août, elle indique qu'elle aura ensuite toute la latitude pour s'exprimer de manière plus précise sur les conditions de son départ et sur la richesse patrimoniale que représente le musée, pour le 8e arrondissement mais également pour l'ensemble de la ville de Lyon.

Pour Jacques Bonniel, président de l’association du Musée, les faits décrits ne correspondent pas à la réalité.

"Depuis l’automne dernier madame Chambon cherche une situation de crise en nous disant que l’on ne fait rien pour le musée. Moi ça fait 20 ans que je préside l’association et que je me bats pour ce lieu. Elle se dit dépassée par le travail, on lui a proposé d’embaucher une personne supplémentaire, elle a refusé. Lorsque la Région a menacé de nous retirer les subventions, c'est moi qui ai appelé la Région pour récupérer cet argent" explique Jacques Bonniel.

Jacques Bonniel de précise : "Au niveau de son travail, elle a voulu trop se mettre en avant, elle a rédigé le dernier catalogue toute seule sans prendre consultation de nous ou conseil scientifique. Elle donnait trop de travail à tout le monde, elle était perfectionniste. Elle a de grandes qualités d’ailleurs à ce niveau-là. Elle parle de problèmes de politique managériale, mais en tant que directrice, la gestion du musée lui revient. Nous sommes un musée associatif qui se professionnalise mais cela prend du temps. Madame Chambon avait de grandes ambitions pour ce musée mais il fallait trouver des moyens et elle n’a pas voulu attendre".

Aujourd’hui, la question urgente est la programmation de la réouverture du musée, d’autant plus avec la perspective des Journées du patrimoine.

"Sans salariés, la réouverture de septembre est compromise, néanmoins nous avons vu le Maire Grégory Doucet nous avons son soutien et nous sommes tous d’accord pour dire que le musée rouvrira quoiqu’il arrive, il nous faut juste du temps pour nous organiser" conclut le président de l’association.

Burn-out, lettres d’accusations qu’en est-il ?

A propos des burn out des salariés, évoqués par Catherine Chambon, Jacques Bonniel précise : "effectivement, une de nos médiatrices a eu beaucoup de pression au moment où notre nouvelle exposition s’est mise en place. Elle a eu une semaine d’arrêt pour se reposer. Je n’appelle pas cela un burn-out. Pour les lettres accusatrices de notre part, c’est suite à beaucoup de mails envoyés de sa part à l’ensemble des salariés et nous-mêmes. Elle nous accusait de ne rien faire pour le musée plusieurs fois, c'est un manque de loyauté et un motif de licenciement mais je ne l’ai pas fait. Je lui ai répondu à elle ainsi qu’à tous les salariés en disant que je déplorais son comportement depuis quelques mois qui n’était pas productif pour le musée. Elle l’a mal pris. Je tenais à ce que ma voix et celle de l’association soit entendue car jusque-là nous n’avions pas répondu à ses accusations publiées dans la presse".

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