AccueilExpositionMusée Gallo-romain de Lyon : Bernard Zehrfuss, architecte de la spirale du temps

Musée Gallo-romain de Lyon : Bernard Zehrfuss, architecte de la spirale du temps

Pour fêter ses quarante ans d'existence, le Musée Gallo-Romain de Lyon a eu l'heureuse initiative d'organiser dans ses murs une exposition consacrée à son architecte, Bernard Zehrfuss.
Musée Gallo-romain de Lyon : Bernard Zehrfuss, architecte de la spirale du temps
DR - L'intérieur du musée gallo-romain de Lyon

CultureExposition Publié le ,

Bernard Zehrfuss (1911-1996), architecte majeur du XXe siècle français, a perpétué le rationalisme à la française en l’inscrivant dans le modernisme international dès les années 1943-1947. Chargé de reconstruire après la guerre les grandes villes de Tunisie : Tunis, Bizerte, Sousse et Sfax, il en dresse les plans et surveille leur réalisation. Puis ce sera Alger.

A la même époque, la France doit aussi se reconstruire en urgence après les désastres de la guerre. Zehrfuss met alors en œuvre des chantiers expérimentaux d’habitat économique à grande échelle qui utilisent des techniques tout à fait nouvelles. Il reçoit tout d’abord deux grandes commandes industrielles : la reconstruction de l’imprimerie Mame à Tours (1948-1953) marquant une véritable révolution dans l’architecture industrielle avec l’emploi de la tôle d’acier et de l’aluminium, et l’usine Renault à Flins (1951-1957). Viennent ensuite deux commandes emblématiques : le siège de l’Unesco à Paris (1952-1958) et le CNIT à La Défense (1952-1958). La réalisation de l’hôtel du Mont d’Arbois à Megève témoigne de la diversité de son travail. Il bâtit également des immeubles de bureaux pour Sandoz, Siemens ou Schneider (1960-70) et de très nombreux logements, notamment à Nanterre, Nancy, Saint-Etienne, Paris et Clichy-sous-Bois-Montfermeil. Enfin, son œuvre certainement la plus étonnante et la plus aboutie est le Musée Gallo-Romain de Lyon. Inauguré en 1975, ce musée est un bâtiment en béton armé brut de décoration, construit sur le site exceptionnel des théâtres romains de Lyon. Il est enfoui sous la colline de Fourvière, face à l’Odéon, éclairé seulement par des puits de lumière. Cette « cathédrale » souterraine de béton s’intègre parfaitement au site. Invisible de l’extérieur, sa structure magistrale dégage un espace puissant composé de deux rangées de dix triples portiques privilégiant la ligne oblique et les arcs-boutants.

L’exposition se déroule au sein du parcours scénographique imaginé par Zehrfuss pour présenter la magnifique collection d’Antiquité gallo-romaine du musée. On accède aux espaces d’exposition par une longue rampe qui se retourne sur elle-même. Bien documentée, elle réunit une profusion de croquis originaux, de maquettes et de plans, de films et de photographies d’époque, prêtés pour l’essentiel par la Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Au fil de la visite, un dialogue s’installe entre les vestiges romains et les archives d’architecture, rompant ainsi la monotonie qui aurait pu peut-être s’installer si elles avaient été présentées isolées. Le parcours se partage en séquences consacrées chacune aux grands projets bâtis ou non. En bas de la rampe, la dernière salle est dédiée au bâtiment, depuis les projets validés en 1969 jusqu’à son inauguration en 1975. Sa construction a nécessité des prouesses techniques car peu d’éléments architecturaux préfabriqués ont pu être utilisés ; aussi a-t-il fallu couler le béton sur place ! Cette rétrospective de l’œuvre de Bernard Zehrfuss, à ne pas manquer, invite les visiteurs à prendre conscience de la beauté du bâtiment et surtout de l’avant-gardisme de ce grand architecte qui disait souvent « Le béton est la pierre des cathédrales ».

Musée Gallo-Romain de Fourvière, 17, rue Cléberg, Lyon 5e
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h jusqu’au 15 février 2016

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