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Molière sur tous les fronts

La saison théâtrale lyonnaise ne flatte guère les amateurs de théâtre classique.

ActualitéSociété Publié le ,

Pas le moindre texte de Shakespeare à se mettre sous la dent. Racine et Corneille ? Oui, mais à dose homéopathique. Seul Molière tire son épingle du jeu dans un tir groupé automnal. Deux reprises et deux créations se disputent les faveurs des spectateurs.
Au Point du Jour, une dizaine de jeunes comédiens, la quasi totalité de la 5e promotion du département Théâtre du Conservatoire de Lyon, prend à bras-le-corps L’Ecole des femmes, Dom Juan, Tartuffe et Le Misanthrope. Sous la houlette de Gwénaël Morin, ils rééditent l’aventure d’Antoine Vitez qui, jadis, avait réuni une douzaine de comédiens pendant plus de sept mois pour répéter ces quatre pièces avant de les jouer successivement, avec l’idée que chacune d’entre-elles est l’histoire d’une journée. Ni décor, ni costumes, un texte mis en bouche sans fioritures, de manière parfois brutale, dans un théâtre qui invente le monde avec des bouts de ficelle. Les personnages n’ont pas de sexe (les rôles ont été tirés au hasard, sans distinction de genre). Exit toute tentation psychologique. Drôles, parfois virulents, ces spectacles s’avalent avec une gourmandise toujours renouvelée.
Au TNP, Christian Schiaretti remet L’Ecole des femmes sur le métier. Créée la saison dernière au Théâtre de Villefranche, cette production prend l’exact contrepied du travail de Gwénaël Morin. Décor de fortune encadré par des lampions et éclairé comme à la bougie, costumes d’époque sans ostentation, jeu exacerbé, accentuation des caractères, ce spectacle fleure bon le théâtre populaire. Schiaretti use, sans abuser, des ficelles éprouvées lors des précédents Molière qu’il a montés.
Le directeur du TNP s’appuie sur un plateau rodé à cet exercice où se détache un trio dominé par Robin Renucci. Touchant sans être ridicule, d’une humanité désarmante jusque dans ses travers, le patron des Tréteaux de France joue sur une large palette de sentiments. Jeanne Cohendy (Jeanne) incarne une ingénue rustre, plus madrée qu’innocente, et Maxime Mansion, fraîchement sorti de l’Ensatt, un Horace percutant. .../...


Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5120 du samedi 27 septembre 2014

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