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Moi, Malvolio, délicieuse et cruelle mise en abîme

Le TNG, poursuivant sa fructueuse collaboration avec la compagnie des 7 sœurs, reprend Moi, Malvolio de Tim Crouch, créé la saison dernière. Histoire de nous remettre en bouche le verbe irrévérencieux et néanmoins respectueux du dramaturge anglais s'emparant des classiques de Shakespeare.
Moi, Malvolio, délicieuse et cruelle mise en abîme
Antonin Boyrhev - Moi, Malvolio, mise en scène de Catherine Hargreaves

CultureSpectacle vivant Publié le ,

La technique de Crouch est simple, il prend un personnage secondaire, ici, l'intendant de la comtesse Olivia, Malvolio, dans La nuit des rois, et lui donne la parole.

On se souvient de sa dernière réplique dans la pièce initiale où il promettait de se venger de « toute (votre) clique ».

Moi, Malvolio commence juste après. Le personnage va faire payer toutes les misères qu'il a subies dans la pièce aux spectateurs et spectatrices ayant eu l'insolence de se rendre au théâtre.

Il commence très fort, alors que les lumières ne sont pas encore tout à fait éteintes par nous apostropher avec cette réplique sanglante qui met tout de suite dans le bain « Vous êtes des choses paresseuses et superficielles ».

Voilà qui est dit ! La suite sera du même ordre, toujours à bousculer le public dans ses retranchements, usant et abusant des artifices et rouages du théâtre qu'il maîtrise parfaitement, s'en moquant sans cesse et outrageusement.

Tout comme Tim Crouch, qui s'amuse avec le texte de Shakespeare autant qu'avec son personnage. Celui-ci pousse le vice jusqu'à nous faire croire qu'il va se pendre en direct.

Il faut que celui qui endosse le rôle ingrat de Malvolio, l'un des personnages les plus comiques du panthéon shakespearien, n'est autre que l'invraisemblable François Herpeux, formidable en Perceval dans le Merlin Tankred Dorst mis en scène par Guillaume Bailliart et tout aussi désopilant dans le rôle du puritain vilipendé et moqué par ses contemporain qu'incarne Malvolio.

Toute la finesse de mise en scène de Catherine Hargreaves est de laisser le comédien exprimer son talent, sans jamais craindre le ridicule et néanmoins rester toujours juste.

TNG-Les ateliers, 28 janvier au 1er février, www.tng-lyon.fr

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