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Michel Raskine, en « Quartett » majeur

Marief Guittier et Thomas Rortais forment un couple idéal pour livrer les secrets de Merteuil et Valmont, héros des « Liaisons dangereuses » revues par Heiner Müller.
Michel Raskine, en « Quartett » majeur
© Michel Cavalca - Un "Quartett" lisible empreint de désillusion

CultureSpectacle vivant Publié le ,

Auteur emblématique de l’Allemagne d’après-guerre, Heiner Müller n’a cessé de revisiter les mythes de la culture occidentale au prisme d’une pensée complexe qui a sans doute trouvé sa meilleure expression dans “Quartett”. Inspirée des personnages de Laclos, et malgré son titre, cette pièce écrite en 1981 met en scène Valmont et Merteuil, une nouvelle fois en proie à un amour-haine qui trouvera sa résolution dans la mort. Dans ce duel où les mots blessent volontairement, dans cette variation qui s’enrichit de l’inversion d’identit, Heiner Müller affirme la primauté du conflit intérieur.
Avec le langage précieux, raffiné, voire cru, du Siècle des Lumières, la marquise et le vicomte se jaugent à travers des jeux de rôles qui donnent le vertige pour oublier que la mort approche inéluctablement. Michel Raskine aborde ces jeux dangereux par une pirouette théâtrale. Emprisonnée jusqu’à la taille, comme Winnie l’héroïne de « Oh, les beaux jours » de Beckett, Merteuil (Marief Guittier) n’a que la parole pour tromper l’attente. Elle convoque ses souvenirs, la figure de Valmont (Thomas Rortais) idéalisé dans sa jeunesse inaltérée, mais aussi Mme de Tourvel et de Cécile de Volanges, jouets de son imagination perverse. Un duel avec la mort superbement interprété et arbitré par un Raskine, comme d’habitude, très inspiré.

Théâtre des Célestins, jusqu’au 24 janvier.

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