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Michel Drucker, « seul » avec les Lyonnais

Michel Drucker, « seul » avec les Lyonnais

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Pour célébrer vos 50 ans de carrière, vous auriez pu bénéficier d’une émission de télé dédiée, entouré de vos amis et d’artistes. Le choix d’un one-man-show, intitulé « Seul… avec vous », peut surprendre…

Je voulais faire quelque chose d’inédit, marquer le coup autrement. Mais surtout, je voulais savoir ce que cela faisait d’être seul sur scène. Je reçois dans mes émissions des artistes, des chanteurs, des humoristes qui se mettent en danger sur scène. Je voulais connaître ce sentiment. Et puis il y a la rencontre avec mon public, être chaque soir face à de vrais gens. Ma longévité, je la leur dois !

La scène : une vocation née sur le tard ?

Mon ami Claude Lellouch, que je connais depuis 1963-64, avant Un homme et une femme, a dit de moi : « Michel, c’est un tardif qui a commencé tôt ».

C’est un défi lancé à vous-même ?

Bien sûr. C’est aussi une envie. C’est un voyage de près de deux heures au cours duquel je raconte 50 ans de la télévision. Je parle de l’envers du décor, de la coulisse, de mes rencontres avec les personnalités de la musique, du cinéma, de la télé… Notamment le « Lyonnais » Jacques Martin à qui j’ai succédé sur la case du dimanche après-midi, tout le monde considérait cela à l’époque comme une folie. Sans oublier les politiques. Je raconte par exemple comment Berlusconi a essayé de me faire venir en Italie et mon refus. Mes souvenirs sont ceux des spectateurs, ils ne sont pas dépaysés car ils connaissent ceux dont je leur parle.

L’écriture est soignée. On vous sait bourreau de travail. Quelle est votre part dans cette rédaction ?

Beaucoup m’ont proposé leurs services, mais je ne voulais pas que l’on m’écrive un spectacle comique, comme ont pu le faire Courbet, Cauet, Hanouna ou Arthur. Eux ont co-écrit avec des spécialistes. Mon spectacle donne l’impression d’une improvisation totale. Mais tout est dosé. Les repères photographiques qui défilent derrière moi nécessitent de la précision. Je voulais faire quelque chose de jamais vu.

« Dans ce métier, je suis un ovni »

Et le trac ?

Il est bien là. Je suis seul sur scène, en pleine lumière. Rappelons que je ne suis ni comédien, ni acteur, et que je n’ai pas fait le Conservatoire. Dans ce métier, je suis un ovni. La principale interrogation concerne ma condition physique. Depuis des années, les gens me voient sur mon canapé rouge. Je ne sais pas de quelle autonomie je dispose en position verticale (rires).

En tous cas, on rit beaucoup. Êtes-vous surpris de l’accueil du public ?

Je suis surpris de l’accueil positif. Ça fait plaisir bien entendu. Il y en a pour tout le monde. Je dirais que le spectacle, c’est 50 % nostalgie (avec des hommages à Ferrat, Le Luron ou Delpech), 50 % drôle. Mon moteur, c’est le rire. C’est ma drogue dure. Et mon dealer, c’est Laurent Gerra.

Gerra, un maître en imitations. Vous a-t-il inspiré ?

Pour être franc, j’imite plutôt les mauvais imitateurs. C’est vous dire la déperdition… Mais j’aime ça, imiter Luchini, Chirac, Giscard, Johnny…

Vous vous produirez à Lyon, salle Rameau, le 27 février. Une date incontournable dans votre tournée ?

J’adore venir ici. Lyon, je connais, j’y ai passé une partie de ma jeunesse. J’y ai énormément d’amis, de copains. Gerra certes, mais aussi Biolay, Mimi Mathy, Liane Foly, Maurice Jarre, Thierry Frémaux, Michel Noir… Mon frère, Jacques, a travaillé chez Mérieux. Je n’oublie pas mes années de commentateurs sportifs et les matchs de l’OL avec Di Nallo, Combin ou Domenech.

Que de bons souvenirs…

Avant tout, des souvenirs savoureux aux côtés de Paul Bocuse, de la Mère Brazier… Et tous ces moments passé dans les petits bouchons. Délicieux. Mais il y a des souvenirs plus douloureux. Lyon est le lieu de mon premier grave accident physique. Lors des répétitions de l’émission Tenue de soirée, je me suis fracturé le talon. Le lendemain, j’ai assuré l’émission en direct de la place Bellecour, le pied dans le plâtre.

Votre tournée vous emmènera aussi à Saint-Etienne. Un retour aux sources ?

Ce n’est pas faux. Il y a 51 ans, je réalisais mon premier reportage « Un homme sur un fil ». J’ai commenté la traversée du lac de Grangent (1,6 km sur un câble à 250 m au-dessus du barrage devant 40 000 personnes) par le célèbre funambule Henry’s. Un souvenir ému. Mais Saint-Etienne, c’est aussi Roger Rivière, les Verts de la grande époque avec les frères Revelli, les parents de Bruno Gaccio ou encore Muriel Robin quand elle vendait des chaussures dans le magasin familial.

On vous sent à l’aise partout. La scène peut-elle devenir votre nouvelle maison ?

Je m’apprête à resigner pour la télévision, avec en perspective, une nouvelle émission. J’ai encore beaucoup de projets à la télé. Mais je prends du plaisir sur scène. Et je le partage.

Seul… avec vous

Albertville, Le Dôme Théâtre, le 26 février à 20 h 30
Lyon, salle Rameau, le 27 février à 20 h 30
Val Cenis, auditorium Laurent Gerra, le 20 mars à 18 h
Bourg-lès-Valence, théâtre Le Rhône, le 22 avril à 20 h 30
Saint-Etienne, salle Jeanne d’Arc, le 29 avril à 20 h 30

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