AccueilCollectivitésMétropole de Lyon : un contrat à 100 millions d'euros avec l'Agence de l'eau

Métropole de Lyon : un contrat à 100 millions d'euros avec l'Agence de l'eau

Rendre la ville plus perméable et travailler en amont sur la quantité et la qualité de la ressource en eau, ce sont les deux grands objectifs du contrat à 100 millions d'euros signé lundi 5 septembre entre la Métropole de Lyon, l'Agence de l'eau et 21 partenaires.
La Métropole de Lyon veut agir le plus en amont possible pour améliorer la gestion de la ressource en eau.
© Pxhere / photo d'illustration - La Métropole de Lyon veut agir le plus en amont possible pour améliorer la gestion de la ressource en eau.

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"Un changement de paradigme". Voici comment les co-signataires lundi 5 septembre du contrat liant la Métropole de Lyon, l'Agence de l'eau et 21 autres partenaires résument ce programme chiffré à 100 millions d'euros sur trois ans (2022-2024).

Les deux contributeurs majeurs, la Métropole de Lyon et l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, financeront à hauteurs respectives de 65 et 29 millions d'euros.

Il faut dire que le sujet de l'eau est plus que d'actualité au regard d'un été 2022 présenté comme un avant-goût d'une nouvelle et effrayante normalité. "Sécheresse, canicules, cet été 2022 sera une balise dans la prise de conscience de l'absolue nécessité de protéger nos ressources en eau et de les gérer en bien commun", a prévenu en préambule Anne Grosperrin, vice-présidente de la Métropole de Lyon déléguée au cycle de l'eau.

© Julien Verchère / Archives / L'usine de Croix-Luizet près des champs captants lyonnais.

Gestion de l'eau à Lyon : "Il faut diriger nos efforts à la source"

"Nous devons repenser toutes nos politiques de l'eau, passer d'un référentiel extractif à un référentiel transformatif", a-t-elle conceptualisé. "Il faut diriger nos efforts à la source, sur la maitrise des prélèvements, la transformation de la ville et non plus les actions curatives", a encore appelé de ses voeux l'élue écologiste.

Une analyse partagée par Laurent Roy, directeur général de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. "A travers le ruissellement notamment, on a réussi l'exploit de transformer au fil du temps l'eau de pluie en déchet", a-t-il ironisé.

© Financeur à hauteur de 29 millions d'euros, l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse
se trouve au coeur des enjeux de ce contrat avec la Métropole de Lyon.

"On doit passer d'un mode de développement des villes, hérité de l'hygiénisme, du XIXe siècle, et qui consistait à se débarrasser des eaux le plus en aval possible, à un nouveau modèle où on comprend qu'il faut garder l'eau en ville, en l'infiltrant, avec des sols et une végétation qui le permettent", a-t-il expliqué.

Bruno Bernard : "Un sujet oublié depuis 50 ans"

Pour Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon, la gestion de la ressource en eau "est un sujet qui a été oublié pendant 50 ans, et face auquel nous sommes en train d'essayer, avec un volonté très forte, de corriger petit à petit les erreurs du passé".

© Julien Verchère / Bruno Bernard lors de la signature du contrat lundi dans les locaux de l'Agence de l'eau à Lyon.

Pour le préfet Pascal Mailhos, le verre à moitié-vide

Quant à Pascal Mailhos, préfet de région Auvergne-Rhône-Alpes et à ce titre président de l'Agence de l'eau Rhône Méditerrannée Corse, il a dressé un constat sévère : "Nous avons souvent dans cette salle, en conseil d'administration, le sentiment d'un "moitié réussite moitié échec" dans le domaine de l'eau."

"Et ce pour une raison simple, on n'a pas suffisamment perçu le fait que l'eau était un enjeu commun. Chacun doit faire des efforts. Tant que ce ne sera pas le cas, nous n'aurons pas de résultats."

Plus de 120 actions pour la gestion de la ressource en eau dans la métropole de Lyon

Le contrat signé lundi à Lyon recense 123 actions, regroupées en quatre axes. Si la protection et la restauration des milieux aquatiques et des zones humides (5,8 millions d'euros) et la sensibilisation et l'éducation aux enjeux de l'eau (1,4 million d'euros) apparaissent incontournables, ce contrat repose avant tout sur deux autres piliers : la préservation de la quantité et de la qualité de la ressource en eau d'une part (40,5 millions d'euros), la capacité collective à rendre la ville plus perméable d'autre part (54 millions d'euros). D'où le fameux "changement de paradigme".

Sans entrer dans le détail, Bruno Bernard a cité quelques actions emblématiques à venir, à commencer par les travaux de modernisation des stations de traitement des eaux de Pierre-Bénite et Meyzieu pour un montant total de 18 millions d'euros.

L'accompagnement à la conversion à l'agriculture biologique pour les exploitations proches des captages fait aussi figure de priorité dans la couronne est, même si le président écologiste de la collectivité concède "que ce n'est pas le sujet le plus facile sur lequel avancer".

Ville perméable : la Métropole de Lyon pionnière ?

Mais c'est au volet "ville perméable" que la Métropole de Lyon entend jouer les pionnières, avec plus de la moitié du budget dédié. 130 hectares pourront être désimpermabilisés à travers ce contrat, des cours d'écoles aux parkings des logements sociaux en passant par les abords des lignes de tramway ou les travaux des Voies lyonnaises.

"On souhaite d'ailleurs aller plus loin, on vise 400 hectares dans ce mandat", a glissé Bruno Bernard. Soit l'équivalent d'environ 600 terrains de football.

© Compte Twitter Valentin Lungenstrass / Rue Pierre-Audry à Lyon 9e.
Favoriser la perméabilité des sols dans chaque projet, un objectif majeur.

Une obligation collective de résultats

Au nom de l'Etat, Pascal Mailhos a prévenu qu'il conserverait un oeil aiguisé sur un calendrier serré et sur la mise en oeuvre concrète de l'épais catalogue d'actions.

"Il va falloir suivre ces 123 actions, avec des indicateurs. C'est bien beau de signer mais il faut que les résultats soient à la hauteur des ambitions. Nous avons une obligation collective de résultats, nous sommes attendus par nos concitoyens", a souligné en conclusion le représentant de l'Etat.

Dépassant le caractère sociétal, la gestion de la ressource en eau apparait désormais comme un enjeu civilisationnel.

© Julien Verchère / Bruno Bernard en discussion avec Pascal Mailhos à l'issue de la signature.

Ressource en eau dans la métropole de Lyon : qui sont les 23 signataires du contrat ?

Outre les principaux financeurs que sont la Métropole de Lyon et l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, 21 autres partenaires se sont engagés pour le développement actions sur le terrain.

  • Sytral Mobilités (autorité organisatrice des transports)
  • SERL (Société d'équipement du Rhône et de Lyon)
  • Université de Lyon
  • communes de Lyon, Villeurbanne, Saint-Germain-au-Mont-d'Or, Vénissieux, Saint-Fons, Collonges-au-Mont-d'Or, Champagne-au-Mont-d'Or, La Mulatière, Oullins, Limonest, Craponne, Curis-au-Mont-d'Or
  • ICF Habitat
  • Office public de l'habitat (OPH) Est métropole habitat
  • OPH Grand Lyon habitat
  • OPH Lyon Métropole habitat

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