AccueilVie juridiqueMères lyonnaises : un mental de fer sous une toque de velours

Mères lyonnaises : un mental de fer sous une toque de velours

Mères lyonnaises : un mental de fer sous une toque de velours
© DR - Jacotte Brazier (à droite) veille avec bienveillance sur la nouvelle vague de cuisinières

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« Des cuisinières 3 étoiles ? Laissez-moi compter : Eugénie Brazier en 1933, Marguerite Bise en 1951, Anne-Sophie Pic en 2008… Et c’est tout ! » Jacotte Brazier lance une pique bien sentie aux professions gastronomiques, encore et toujours désespérément masculines. Empressée, joviale, débordante d’énergie, la petite-fille d’Eugénie était l’invitée d’honneur des dernières Rencontres Droit & Gastronomie, qui ont encore réuni beaucoup de monde, jeudi 17 novembre à MaPièce Bellecour.
Un peu impressionnée, surtout très honorée de sa présence, l’organisatrice de l’événement, Me Géraldine Morris-Becquet, était ravie d’accueillir « cette femme de passion et d’action » pour débattre de la condition féminine dans la restauration et du savoir-faire légué par les mères lyonnaises aux jeunes générations. Pour cela, l’avocate s’était entourée de deux cuisinières autodidactes. À commencer par Elisabeth Denis, chef de la Romanée et première femme Toque Blanche. Ou encore Audrey de Pouilly, chef du restaurant L’Ermitage, à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. « Aujourd’hui, j’ai beaucoup de stagiaires, raconte la jeune femme partie faire ses armes aux Etats-Unis, puis chez Sébastien Chambru et Michael French. Il a fallu du temps pour les faire venir : auparavant, ils étaient vraiment frileux à l’idée de bosser avec une fille. Tout au long de mon parcours, j’ai eu deux fois plus à prouver. » Dans la salle, c’est l’assentiment général. À commencer par les avocats qui, réunis autour de leur bâtonnière Me Laurence Junod-Fanget, ne peuvent que constater que de telles disparités existent encore dans la profession.

Eugénie Brazier, forte tête et grand cœur

« Ma grand-mère n’était pas tendre, mais elle m’a légué l’un des plus beaux noms de la région ! » C’est avec humour et émotion que Jacotte Brazier revient sur le parcours atypique de son aïeule. De sa naissance à Dompierre-sur-Veyle à son arrivée à Lyon, enceinte et illettrée. De son emploi chez la mère Fillioux à l’ouverture de son propre établissement, rue Royale, à l’âge de 26 ans. La suite, les Lyonnais la connaissent bien : le rachat de l'établissement du col de la Luère, un triplé gagnant au livre rouge et du flair pour choisir ses apprentis : elle engage un certain Paul Bocuse pour être venu jusqu’en haut de sa colline à vélo. Décédée en 1977, elle continue de vivre à travers l’association Eugénie Brazier, créée par sa petite-fille, qui délivre des bourses pour les cuisinières défavorisées ainsi qu’un prix de livres de cuisine. À ce jour, 24 jeunes filles en ont bénéficié.

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