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Mascate, vue par la troupe de Lyon

Divine surprise pour les chanteurs, musiciens et techniciens de l'opéra de Lyon, en tournée dans le Sultanat d'Oman où ils reviendront en 2018 avec Une nuit à Venise de Strauss.
Mascate, vue par la troupe de Lyon

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Lorsqu’ils ont appris qu’ils allaient en tournée à Oman, les quelque 130 musiciens, choristes et techniciens de l’opéra de Lyon ont été gagnés par l’appréhension. La plupart se sont précipités sur internet. Mi-novembre, lorsque l’avion s’est posé sur l’aéroport de Mascate, ils ont été de surprise en surprise, découvrant un pays paisible, riche d’une culture multiséculaire, gouverné par une monarchie parlementaire. Les clichés tombent les uns après les autres dans ce pays de confession ibadite, troisième voie de l’islam qui n’est pratiquée qu’à Oman, et dans quelques régions d’Afrique du nord, comme Djerba (Tunisie) et le M’zab en Algérie, de Libye et de Zanzibar. Un pays où le voile n’est pas obligatoire et où les femmes occupent une place importante dans les rouages de l’économie. Un pays qui anticipe la fin de la manne pétrolière en pariant sur le tourisme et le développement des services.

« Ouverts, tolérants, souriants, les gens ont envie de faire découvrir leur pays, soulignent à l’unisson les artistes de la tournée. A Mascate, la capitale administrative du sultanat, quelques uns ont visité le musée national où défile l’histoire du pays. Mais tous ont fait un crochet par le souk, où les échoppes étalent foulards en cachemire, bijoux en or et bris d’encens, une spécialité omanaise. Détour également par la grande mosquée du sultan Qaboos. Erigée entre 1995 et 2001 elle est réputée pour son tapis persan fait main d'une seule pièce (70 x 60 mètres) et le plus grand chandelier du monde, serti d'or 24 carats, auquel font écho 35 lustres en cristal Swarovski. Impossible d’échapper à ce monument aux lignes pures et à échelle d’homme.


Grandiose caractérise également l’architecture de l’opéra royal de Mascate. Cette salle à l’italienne, pouvant accueillir 1 100 personnes, a été inaugurée en 2011 avec une production de Turandot de Puccini dans une mise en scène de Franco Zefirelli. L’érection de la première scène lyrique de la péninsule arabique, la seconde du Moyen Orient après celle du Caire, aurait coûté plus d’un milliard d’euros. Le bâtiment allie la culture islamique, telle qu’on peut la voir à Grenade, avec le dernier cri de la technologie au service du spectacle vivant, avec une très bonne acoustique. Le luxe sans ostentation.


« Nous avons bénéficié de conditions de travail exceptionnelles », poursuivent les artistes lyonnais. A condition bien entendu de se plier à un protocole strict. Deux soliste, venus en bermuda, ont été priés de retourner à l’hôtel pour s’habiller. Costume et cravate de rigueur pour les machinistes qui devaient passer par la salle où le public s’interdit jeans et basquets. En coulisses, les hommes habillent les hommes, les femmes les femmes, seul le maquillage est mixte. Des détails pour la troupe qui est ravie de revenir en 2018 pour une série de représentations de Une nuit à Venise opérette de Strauss, à l’affiche de l’opéra de Lyon dans quelques jours.

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