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Au cinéma / "Marche ou crève" de Margaux Bonhomme : " Passer par la fiction pour rejoindre le réel"

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Au cinéma / "Marche ou crève" de Margaux Bonhomme  : " Passer par la fiction pour rejoindre le réel"
Jehanne Cohendy (Manon) et Diane Rouxel (Elisa)

Rarement un film aura attiré autant l'empathie sur le handicap et ce qui joue dans la famille. Le film de Margaux Bonhomme réussit les prouesses de nous émouvoir, de nous intéresser, de nous ouvrir les yeux.

Inspiré de son histoire personnelle avec sa sœur handicapée, Margaux Bonhomme, dont c'est le premier long métrage, décrit un cas de figure original, du point de vue des professionnels du handicap. Un constat empirique mais bien réel : dans cette famille, c'est la mère qui quitte le foyer, alors que dans la plupart des cas, le couple parental avec enfant handicapé, voit le père s'éloigner.

Dans Marche ou crève , on apprend que la mère s'est occupée de Manon, sa fille lourdement handicapée, pendant 20 ans. Au moment de prendre la décision de placer la jeune femme dans un centre d'accueil spécialisée, la famille a éclaté, le père et la sœur refusant de se séparer de Manon. Le décor est planté.

Le père, joué par Cédric Kahn et la sœur, jouée par Diane Rouxel, s'occupent, chacun à leur tour de la jeune handicapée. Une abnégation de chaque instant, à plein temps, hormis quelques heures de la journée ou Manon est dans une école spécialisée.

Le film a été tourné en super 16, ce qui lui donne ce grain particulier. C'est le choix d'artiste de la cinéaste qui vient de la photo et explique : « Avec le super 16, c'est comme l'argentique en photo, la lumière doit traverser la pellicule, alors qu'avec le numérique, les capteurs restituent froidement ce qu'il enregistrent. »

Mieux qu'un énième documentaire, ou un téléfilm, Marche ou crève passe par la fiction et la construction de cinéma au-delà de ce que le spectateur vierge d'information peut imaginer. Surtout lorsque l'on sait que la comédienne Jehanne Cohendy, n'est pas handicapée.

Co-primée au festival de Saint-Jean-de-Luz, avec Diane Rouxel, qui joue sa sœur Elisa, pour les Meilleures interprétations féminines, Jehanne Cohendy a travaillé avec la réalisatrice dans les moindres détails.

Ce qui fait dire à la cinéaste : « J'ai longtemps imaginé tourner avec une personne réellement handicapée. Je pensais pouvoir adapter le scénario en fonction de son handicap. J'ai commencé mes recherches tout en auditionnant parallèlement des comédiennes et compris que, sauf à me lancer dans cinq ou six ans de réécriture et de travail avec la personne, non seulement je n'y parviendrais pas, mais, qu'en plus, j'allais sans doute imposer à cette femme des situations désagréables. Jeanne est arrivée à ce moment là et elle dépassait ce que j'avais imaginé possible. La réalité était mieux que le fantasme : elle était Manon, et même beaucoup plus Manon que celle du scénario. C'était magique. »

Le spectateur non informé serait bien incapable d'affirmer s'il a décelé que la comédienne n'est pas handicapée. Margaux Bonhomme de continuer : « Pendant un an et demi, quotidiennement, Jeanne a travaillé sa démarche, sa posture, ses mains, son regard, sa voix. Cela a été une longue préparation rigoureuse, sous les conseils avisés de psychomotriciens, la professeur de chant de Jeanne, Françoise Rondeleux, et une coach, Danny Héricourt. Dès que je voyais que quelque chose me semblait faux, nous retravaillions.

Elle devait non seulement devenir le personnage mais aussi acquérir une vraie confiance en elle dans ce travail : c'était capital sur la durée. J'ai compris progressivement que Manon, c'était vraiment ma soeur, et que Jeanne, avec sa sensibilité, sa générosité, et son talent, voulait bien lui prêter sa voix et son corps. Cependant, Jeanne ne devait pas imiter les gestes d'une personne handicapée, mais l'incarner. Sinon, ça aurait sonné fabriqué et faux. Pour cela, il fallait qu'elle trouve en elle-même les handicaps qu'elle pourrait faire ressortir.. »

En salle à Lyon au cinéma Comoedia-http://www.cinema-comoedia.com/film/232024/

« Marche ou crève », un film Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma

Le film co-produit par Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, a été tourné en septembre 2017, en lsère, notamment à Presles, ainsi qu'à Pont-en-Royans, Auberives-en-Royans et dans la Drôme à Saint-Bonnet-de-Valclérieux, Peyrins, Romans-sur-Isère, Saint-Laurent-en-Royans, Chamaloc, et La Chapelle-en-Vercors.

Cédric Kahn, qui joue le père, François, est revenu sur les terres du tournage de son film, La Prière (sorti en mars 2018), dont le comédien de 20 ans, Anthony Bajon, a décroché l'Ours d'argent du Meilleur acteur lors du dernier festival international du film de Berlin.




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