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Magritte, une histoire belge au Centre Pompidou

« Magritte, la trahison des images » : c'est l'intitulé d'une grande exposition présentée actuellement au Centre Pompidou à Paris, consacrée à l'œuvre de ce grand artiste belge qui a fondé le surréalisme, sans toutefois se laisser enfermer dans les manifestes de ce mouvement.
Magritte, une histoire belge au Centre Pompidou
Photothèque R. Magritte / BI, Adagp, Paris, 2016 - " La Lampe philosophique ", 1936

CultureExposition Publié le ,

Le surréalisme est actuellement à l’honneur à Paris avec une exposition majeure consacrée au peintre belge René Magritte (1898-1967). Elle démontre que ce grand artiste ne s’est pas contenté d’être un membre influant du surréalisme belge puis français, mais aussi un théoricien qui, en partant de la philosophie, a créé une plasticité remettant en cause la hiérarchie entre les mots et les images, et entre la poésie et la peinture. Magritte a voulu choquer, piéger et tromper avec des images juxtaposées sorties de leurs statuts habituels pour que les spectateurs se perdent à la recherche de la réalité.

On peut sélectionner cinq grandes « figures » dans l’œuvre de Magritte : le feu, l’ombre, les rideaux, les mots et le corps fractionné, qui font le plus souvent référence à des images anciennes issues de récits mythologiques traitant de « l’invention et de la définition de la peinture » par Pline l’Ancien et par Platon. Ces cinq thèmes sont illustrés dans cinq sections partageant le parcours thématique de l’exposition qui réunit une centaine de tableaux, de dessins et de documents d’archives répartis dans cinq salles.

Dès l’entrée dans l’exposition, le visiteur est interpelé par un petit portait de Magritte en philosophe : La lampe philosophique de 1936. L’artiste s’est représenté avec un nez énorme logé dans le foyer de sa pipe. L’ironie mordante de l’artiste estfacilement décelable ! Puis quelques tableaux peints dès 1927 témoignent de sa volonté de confronter l’image d’un objet avec une définition écrite qui n’a aucune relation logique avec le sujet représenté : La clé des songes (1935), Les vacances de Hengel (1958).

Les tableaux de la salle suivante montrent une évolution dans les réflexions de Magritte qui revendique avec force la « dignité intellectuelle de son art » : La Trahison des images (1929), dont la phrase « Ceci n’est pas une pipe » écrite sous la représentation d’une pipe, s’oppose à la poésie établie par les surréalistes André Breton et Paul Eluard. C’est le divorce de Magritte avec le surréalisme français.

Un peu plus loin, de nombreuxtableaux se réfèrent aux récits de Pline l’Ancien et de son invention de la peinture dans son Histoire Naturelle : L’Heureux Donateur (1966), ainsi qu’au mythe platonicien de la caverne : La Condition humaine (1935).

Dans la dernière salle, des mises en scènes et des trompe-l’œil rappellent une anecdote de Pline l’Ancien sur l’illusionnisme pictural. Pour Magritte, les choses visibles peuvent devenir invisibles dans leurs représentations : Le Beau Monde (1962), Le Blanc-Seing (1965), et les tentatives de l’homme d’ordonner le chaos et de maitriser le monde sont vaines : La Folie des Grandeurs (1962), Les Marches del’été (1938).

Une grande exposition montrant au public une nouvelle approche du travail de ce peintre important qui a trahi volontairement le statut des images tout en étant le plus rigoureux et sans doute le plus réaliste des peintres modernes ! Cette ambiguïté fait toute l’originalité de l’œuvre de René Magritte.

Centre Pompidou, jusqu’au 23 janvier 2017

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