AccueilCultureMusiqueLyon : La tribune des musiciens du Quatuor Debussy, qui n'en peuvent plus "de vivre au ralenti"

Lyon : La tribune des musiciens du Quatuor Debussy, qui n'en peuvent plus "de vivre au ralenti"

Les musiciens lyonnais du Quatuor Debussy ont rédigé une tribune pour clamer son besoin de retrouver le public, évoquant la nécessité de faire vivre une musique capable de susciter "des liens éphémères, inconscients, inépuisable".
Lyon : La tribune des musiciens du Quatuor Debussy, qui n'en peuvent plus
Christophe Collette (capture d'écran facebook, concert digital du 23 novembre)

CultureMusique Publié le ,

Le Quatuor Debussy, le plus lyonnais des quatuors, n'en peut plus de vivre au ralenti. Il joue sa musique, pour des gens derrière des écrans depuis sa Croix-Rousse. Mais le compte n'y est pas, pour des amoureux de la scène qui parcourent le monde chaque année, chaque saison, depuis trente ans.

Alors le quatuor a posé un moment les archets pour prendre la plume et rédiger une tribune pour rompre un peu le silence assourdissant des scènes de spectacles. Christophe Colette, premier violon, a lancé une pétition sur change.org (Appel des artistes en péril), déjà signée par 20000 personnes jeudi 16 décembre. Des anonymes et des centaines d'artistes comme Yaël Naim, Bigflo et Oli, Richard Galliano, Jacky Terrasson, Thomas Enhco, Cocoon, Philippe Cassard, Keren Ann, Abou Lagraa…

La tribune (extrait)

"En trente ans d'activité, jamais nous n'avions été contraints aussi longtemps à l'immobilité. Comme tout le monde. Cette trentième saison du Quatuor Debussy, aucun d'entre nous ne l'aurait imaginée ainsi. Nous nous interrogeons. Beaucoup. Comme tout le monde. Des questions, des inquiétudes. Après tout, qu'est-ce que la musique, si ce n'est une tentative illusoire d'offusquer le silence, de lutter contre l'emprise du temps ? Dans la tourmente, une certitude : la musique est créatrice de liens. Des liens éphémères, inconscients, inépuisables.

Des liens qu'il nous incombe de renforcer pour ne pas se laisser happer par la solitude, par l'oubli. Nous sommes au ralenti, mais nous ne pouvons nous arrêter. C'est inscrit dans notre ADN. Depuis nos locaux à l'Institut National Supérieur du Professorat et de l'Education, nous partageons notre musique et souhaitons voir son onde se propager jusqu'aux confins de l'océan du monde, effaçant les frontières arbitraires et les carcans structurels.

De la musique pour tous. Un idéal ambitieux. Peut-être. Mais il nous anime depuis toujours. Une musique qui se répand en cercles concentriques, dont la Croix-Rousse est le coeur, qui petit à petit s'étendent et se diffractent. Le quartier, la ville, la métropole, puis plus loin encore, à l'autre bout du monde […]"

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